Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 06:32

On trouve du canard laqué dans beaucoup de restaurants à Pékin, mais le meilleur, dit-on, est situé dans la rue Zhubaoshi, à proximité de la porte Qianmen, au sud de la cité interdite.  Un écriteau annonce que Hu Jintao,  ci-devant président de la Chine et 1er secrétaire du parti, lui-même et en personne, est venu dîner dans ce restaurant ! Mazette !...

On nous emmène à l’étage, dans une salle réservée. Nous sommes les seuls clients pour 3 ou 4 serveurs prêts à satisfaire nos moindres désirs !

Avant d’arriver dans l’assiette, le canard laqué subit un long traitement. Il est d’abord nourri au maïs, à l’orge et au soja. Quand il est suffisamment gros, on le tue et on souffle de l’air, à hauteur du cou, pour détacher la peau des chairs. On l’ébouillante puis on l’asperge avec de l’eau parfumée au gingembre. On le sèche et on le badigeonne avec  une sauce à base de miel et on le fait rôtir.

La peau devient croustillante, « laquée ». On découpe le canard en lamelles que l’on sert accompagnée d’une sauce de soja épaisse et noire comme de l’encre !

On déguste en enroulant chaque morceau dans une fine crêpe. C’est délicieux et l’on est vite rassasié car la peau est tout de même grasse !...

En sortant, je jette un coup d’œil aux cuisines. Elles sont du genre « cuisine spectacle », ce qui est plutôt rare en Chine, et les cuisiniers officient en grande tenue !...

Ok ! c'est sûrement top, mais à vrai dire, chez mon pote, le photographe  Jia Yong, le canard était aussi bon et l’ambiance était bien plus chouette !...


A lire, un roman (presque une fable) qui prend prétexte de la gastronomie chinoise pour évoquer la vie pendant la révolution culturelle. Vie et passion d'un gastronome chinois de Lu Wenfu : Pendant la révolution culturelle, un jeune révolutionnaire idéaliste est chargé de la direction d’un restaurant renommé. Il veut le réorienter en fonction des « intérêts du peuple », mais c’est si peu appétissant que tout le monde le fuit et qu’il perd sa clientèle. Il fait alors appel à un ennemi de classe, un ancien rentier, gastronome réputé !...La révolution culturelle revue et corrigée par la tradition culinaire ! Une façon de rappeler qu’entre le rêve et la réalité, c’est toujours une sacrée cuisine !...(Lu Wenfu est décédé en 2005, à signaler de lui également un autre bon roman : « Nid d’homme »)

Par alainbarresfr@sfr.fr - Publié dans : CHINE
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