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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)

Ce nouvel épisode de la lutte sans fin entre israéliens et palestiniens présente une particularité nouvelle et essentielle. Derrière la flottille de bateaux qui devaient apporter de l'aide aux palestiniens se trouve un nouvel acteur : la TURQUIE. Ce pays, traditionnellement allié à l'occident et à Israël a favorisé cette opération spectaculaire dans le but de reconquérir l'opinion arabe que l'Iran tente de se rallier déjà depuis quelques années grâce aux déclarations fracassantes d'Ahmaninedjab.

Pendant des siècles, l'empire ottoman a dominé une grande partie du bassin méditerrannéen et ce n'est que depuis la prise du pouvoir par ATATURK en 1923 que la Turquie s'est pourvue d'une constitution laïque et s'est tournée vers l'occident. Les refus réitérés et méprisants de l'Europe de la laisser entrer dans la communauté ont fini par la blesser et la lasser. Comprenant que leurs efforts d'intégration sont condamnés à l'échec, les turcs essaient une nouvelle stratégie : rallier sous leur bannière les masses arabes de l'ex-empire ottoman. Un violent accrochage verbal avait déjà eu lieu avec les israéliens il y a quelques mois. Aujourd'hui on est passé au stade supérieur, mais ni Ahmeninedjab ni la Turquie n'ont véritablement en vue l'intérêt des palestiniens, ils servent d'abord leurs propres intérêts nationaux.

Le Hamas, certes, est une organisation terroriste, mais elle peut évoluer positivement comme l'a fait le Fatah et la disproportion des ripostes israëliennes est de plus en plus  inacceptable (opération "plomb durci", blocus, et cette désastreuse interception de la flottille). La pression internationale et surtout américaine, peut encore faire évoluer positivement la situation, mais rien n'est moins certain aujourd'hui...

Une chose, par contre, est certaine : les cartes sont en cours de redistribution en Méditerranée et, là aussi, l'Europe vient de perdre un sérieux atout !... 


On sait l'importance que l'émergence rapide  des économies asiatiques a eu dans le déclin des industries traditionnelles en France. En deux décennie la Chine est devenue "l'usine du monde". Ce transfert d'industries productives a été partiellement compensé par la création d'emplois de service, mais ceux-ci, même s'ils permettent de diminuer le chômage, ne participent pas de la même façon à la richesse du pays et nous nous enfonçons dans une spirale de déficit du commerce extérieur et de dette depuis une trentaine d'années.

Or si la croissance d'un pays émergent peut être foudroyante (car il part de très bas), elle se stabilise au bout d'un certain nombre d'années, tout simplement parce que les salariés demandent à profiter des bénéfices de la croissance. Au bout de vingt ans de croissance, la nouvelle génération arrive en âge de travailler et elle n'est pas prête à accepter les conditions extrêmement dures des aînés. Ce besoin de consommation se marque par des grèves, des manifestations auxquelles le pouvoir ne sait pas trop comment répondre pour l'instant. Si la Chine satisfait un peu plus sa consommation intérieure cela rendra la vie plus facile pour des centaines de millions de chinois qui profitent peu de la croissance et soulagera d'autant nos économies ! 

Un autre facteur est susceptible de ralentir la croissance  en Chine : l'éclatement de la bulle immobilière. SORMAN a interviewé un économiste chinois ( link ) qui observe que le développement extraordinairement rapide de l'immobilier en Chine - ce que n'importe quel voyageur peut constater - est artificiel. Les classes moyennes ne savent plus ou placer leurs économies et elles les investissent dans l'immobilier qui leur paraît le moins risqué. En réalité, on construit à Shanghai, à Pékin et dans beaucoup d'autres villes des immeubles et des bureaux en surnombre qui ne trouveront pas acquéreur ! Quand la bulle éclatera elle secouera toute l'économie de la Chine !...

Nos vieilles économies pantoufflardes et essoufflées, auront ainsi un répit.Ce qui n'empêche évidemment pas la nécessités des réformes. Mais on peut penser que l'épicentre du capitalisme s'étant déplacé vers le Pacifique et vers l'Asie, les crises aussi !

 

Vue sur le le quartier de PUDONG (à gauche) et sur le BUND (à droite), à partir de la rivière HUANGPOU

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alain BARRE 04/06/2010 12:56



....Et pourtant, la politique, en ce moment, ce n'est pas de la tarte !


ab



Claudio 04/06/2010 06:59



Voilà un billet que je comprends beaucoup plus facilement que les recettes de tarte à la fraise, soi-disant, simples.


Merci encore pour ces limpides analyses.



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