Partager l'article ! Le CARAVAGE : La diseuse de bonne aventure: Les roms, manouches, romanos, romanichels, gitans, tsiganes, tziganes, bohémiens,... ont comme ...
Les roms, manouches, romanos, romanichels, gitans, tsiganes, tziganes, bohémiens,... ont commencé à venir en Europe il y a environ un millénaire. Un tableau de Le CARAVAGE, daté de 1597, atteste de leur présence ancienne : La diseuse de bonne aventure.
Ce tableau a une histoire. Il illustre la révolution apportée à la peinture de la renaissance par un peintre génial : Le Caravage. A son époque (1571-1610), le style maniériste et l'idéalisme dominaient la peinture italienne. CARAVAGE refusa d'embellir artificiellement ses sujets. Il voulait peindre les gens de son époque, sans fard et sans artifice. pour lui, ce qui compte, c'est plus la manière de peindre que le sujet lui-même. Ainsi, au grand scandale de ses commanditaires, qui étaient en général de hauts dignitaires de l'Eglise, prend-t-il comme modèle pour "La mort de la vierge", une prostituée, noyée et repêchée dans le Tibre !
Un écrivain, contemporain du peintre (Bellori), rapporte cette anecdote : " Un jour que l'on montrait à Caravage les statues les plus fameuses de Phidias et de Clycon, afin qu'il tournât vers elles son étude, pour toute réponse il étendit la main vers la foule des hommes : il signifiait par ce geste que la nature l'avait suffisamment pourvu de maîtres. Et pour donner plus d'autorité à son geste, il appela une gitane qui passait par hasard dans la rue, la fit monter dans son auberge et la peignit prédisant l'avenir."
"La diseuse de bonne aventure" et une autre oeuvre du même genre, "Les tricheurs" sont deux peintures qui seront souvent reprises par les artitste qui succèderont à Caravage.
A signaler : Que fait "la diseuse de bonne aventure" ? Un biographe, contemporain de Caravage, précise : " La bohémienne démontre son outrecuidance en esquissant un sourire alors même qu'elle enlève la bague de la main du jeune homme pendant que ce dernier, tout à sa libidineuse attention, ne quitte pas des yeux la belle." Déjà à cette époque les roms avaient la réputation, plus ou moins exagérée, de vivre de larcins. Caravage ne s'en plaint pas. Il admire la beauté "naturelle" et l'habileté de la fille et la naïveté du gentilhomme !
Pour en savoir plus sur les Roms, voir ma chronique d'hier.