Il était peut‑être minuit, une heure du matin. J'étais encore dans mon premier sommeil quand je
crus percevoir, comme dans un rêve, des cris d'enfant. Machinalement je me levai et appelai : "Bérangère... Bérangère... tu as encore envie de faire ta petite crotte ! tu n'as pas pris tes
précautions hier soir... Hein ! Bérangère."
Mais Bérangère dormait tranquillement sur son coussin habituel et me regarda avec de grands yeux étonnés quand j’allumai le lampadaire du salon. « Eh bien, ma bébé, ma bébé, ma Bérangère chérie... Qu'est‑ce qui t'arrive ? . . . » Je la pris dans mes bras... Elle se mit à ronronner, en chatte ultra gâtée qu'elle était.
Mais non, ce n'était pas elle qui criait comme cela. Peut-être était‑ce Phox, le vieux chien impotent que ma soeur m'avait donné à garder il y a quatre ans et qu'elle n'avait jamais réclamé. Non ! Phox somnolait tranquillement sur sa double épaisseur de tapis.
Les cris reprenaient. C'était juste devant ma fenêtre.
Tout à fait réveillée maintenant, je descendis les escaliers quatre à quatre, un peu inquiète, irritée aussi. Oui, c'était bien des pleurs et des gémissements d'enfant ! Ils provenaient de mon jardin. Je sentais la colère monter en moi. Qui avait pu ouvrir MON portillon de MON jardin à une heure vingt du matin pour y mener son gosse hurlant sous mes fenêtres ? C'était tout à fait... inconvenant !
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