On Dit que l’Inde est la plus grande démocratie du monde. C’est également un pays en plein développement. Cela est-il le résultat de la démocratie ? A priori, non puisque son grand voisin, la Chine se développe encore plus rapidement et l’on ne peut pas dire qu’elle soit un modèle de démocratie. A vrai dire, l’Inde non plus ! Alors d’où vient cette extraordinaire poussée d’énergie ? Pour l’Inde cela correspond à la rupture avec l’URSS et le socialisme et pour la Chine à la création du « capitalisme communiste ». Dans les deux cas c’est l’introduction du libéralisme économique et le mouvement accéléré de la mondialisation qui ont permis le développement. Sait-on, par exemple, que les ailes de l’Airbus A380 ont été dessinées par les informaticiens d’Infosys, à Bangalore, « petite ville » de 6 millions d’habitants dans le Sud de l’Inde ! Peut-on s’opposer à cette mondialisation ? C’est ce que font les altermondialistes avec beaucoup de fausses bonnes raisons qui cachent surtout l’envie de préserver des privilèges de nations riches. Ils prennent nos emplois disent d’autres ! Mais ne vaut-il pas mieux qu’ils les prennent chez eux que chez nous ? N’ont-ils pas droit au développement eux aussi ? J’entends encore d'autres critiques : mais les inégalités, mais la pollution provoquées par leur industrialisation forcenée ?...Avons-nous vraiment beaucoup de leçons à leur donner ?
Pour en savoir plus : vous pouvez lire le « spécial INDE » du nouvel observateur, numéro du 16 au 22 février et un ouvrage, écrit « de l’intérieur » par Pavan K. VARMA : le défi indien, aux éditions actes sud. Parmi les multiples liens possibles sur internet, celui vers WIKIPEDIA a le mérite d’être simple et assez complet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Inde
Il me faudra donc du temps, au fil des chroniques de ce blog, pour exprimer les impressions
qui se dégagent en force et ajouter les sensations plus subtiles qui ne sont apparues qu'au fil des jours et des rencontres.
L'Inde
c'est aussi un déficit de 40 millions de femmes (avortement provoqués quand l'enfant n'est pas un mâle et, dans certains cas, infanticides...).
Nous avons connu cette transition dans notre pays. En Inde, l'exode rural risque d'être
dramatique. Les villes sont déjà surpeuplées et insalubres. Elles vont devoir faire face à l'arrivée de ces foules démunies, déculturées qui auront bien du mal à s'intégrer dans les mégalopoles
en développement. Les chiffres actuels, pour certaines villes, donnent déjà le vertige, qu'en sera-t-il dans vingt ans ?...Population de MUMBAI (Bombay) : ville 10 M, agglomération
19M ; DELHI : ville 7,5M, agglomération 12,3M ; CALCUTTA : ville 4,5M, agglomération 13M ; AHMADABAD : ville 3M, agglomération 4,2M...
et le Gujarat, plus agricole, peu fréquenté par les touristes et particulièrement accueillant pour ceux-ci.
Ces deux provinces représentent à peu près la superficie de la France.
Les ruelles du quartier alentour semblent avoir peu évolué depuis cette époque si ce n'est les enseignes modernes...
ainsi que les fils électriques qui tissent une toile invraisemblable au-dessus de la tête des passants !...
Elle est construite en grès rose, comme beaucoup de monuments dans cette partie de l'Inde. Cela contribue à lui donner un air chaleureux et paisible malgré ses dimensions
imposantes.
...et ils semblent rêvasser en laissant le temps
passer....
Petite blouse comme en Turquie ou uniforme avec cravate svp, à la mode des écoles
anglaises, les écoliers défilent dans les allées du Rajghat !...
L'école est obligatoire, en théorie, jusqu'à 14 ans, mais cela ne signifie pas qu'elle soit accessible à tous ! 2 jeunes sur 3 la fréquente
régulièrement. En nombre d'enfants scolarisés, le score est éloquent, mais on est tenté de dire « peut mieux faire » !...
Quand, dans l'état du Gujarat, nous visiterons la
maison natale du grand homme, les écoliers formeront également le gros de la troupe et les adultes seront bien peu nombreux !... Peu se réclament de sa pensée aujourd'hui, sauf peut-être
l'agronome SWAMINATHAN qui fut, dans les années 70, à l'origine (avec l'américain Norman BORLAUG) de la révolution verte qui sauva l'Inde de la famine !
L'économiste Amartya SEN, prix Nobel d'économie en 1998, qui prône de mesurer le
progrès non seulement en termes de PIB (Produit Intérieur Brut) mais aussi en tenant compte de la liberté des individus et des institutions qui la protègent, se rapproche également un peu de la
pensée du Mahatma.
Il ne faut pas croire que les musulmans indiens sont essentiellement tournés vers la Mecque. Seule une minorité, endoctrinée par l'argent de l'Arabie, ânonne le coran. La
majorité des musulmans indiens se réfère au soufisme, c'est-à-dire à des maîtres spirituels -les soufis- qui prêchent un amour universel. Les soufis ne sont pas des
extrémistes, ils sont bien intégrés dans ce sous-continent dominé à 80 % par l'hindouisme.
Ils s'accommodent très bien de la laïcité et, dans les rues des villes du Gujarat
que j'ai traversées, commerçants soufis et hindous faisaient bon ménage. Quand les affaires vont bien, tout le reste va bien ! Comme d'habitude, les tensions naissent entre les communautés
quand l'économie ne tourne pas rond, il est alors facile d'attiser les discordes !...