Samedi 29 septembre 2007
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08:41
On peut aller à VENISE à vélo, on peut y aller en auto, en train, en bus, à pied…J’ai choisi l’avion ! Nantes-Lyon puis Lyon-Venise. Si vous prenez l’avion dans la matinée à l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon vous bénéficierez d’un magnifique survol des Alpes. Sommets éclairés par une lumière bleue et rasante…
Profonde vallée sillonnée par les torrents et les voies de communication…
Petit glacier perché sur un sommet…
Puis, arrivée au-dessus de la plaine du Pô, parcourue par de nombreux canaux sinueux : on dirait la peau d’un animal vivant avec ses vaisseaux sanguins !...
Enfin Venise apparaît comme une sorte d’embryon relié au continent par un cordon ombilical rectiligne de 3,8 Km par où passent le train, les voitures, et bien d’autres services nécessaires à la vie d’une ville de 60 000 habitants (270 000 en incluant les îles et la terre ferme).
Atterrissage à l’aéroport Marco-Polo, puis bus jusqu’au terminal de Piazzale Roma et Vaporetto, ligne 1, jusqu’au pont du Rialto. L’hôtel est situé un peu en retrait du Grand Canal et donne sur une petite place avec son restaurant qui annonce fièrement qu’il ne sert pas de pizza !
On n’y mange pas le soir. Il se consacre à cette activité que les vénitiens adorent : le bar à vin !...
Je pose les valises, bonjour Venise !...
Par alain barré
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Dimanche 30 septembre 2007
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06:17
Certains pensent qu’à Venise tout n’est que calme, luxe et beauté, volupté, harmonie, fêtes élégantes, musique classique, Vivaldi et tutti quanti !... Mais non ! Quand on y arrive à onze heures, les livreurs n’ont pas encore fini de livrer,
les touristes en rangs serrés, comme des colonnes de fourmis, envahissent les beaux quartiers, les vaporettos sont bondés comme de vulgaires rames de métro et les étroites ruelles retentissent de vigoureux « attenzionne » de vénitiens pressés !
Sous le pont du RIALTO (le plus beau du grand canal) le trafic est intense. Les vaporettos se croisent dans un vacarme assourdissant, les taxis virevoltent et font les malins, les gondoliers, avec leur chargement de précieux touristes (80 € les 40 minutes !!), se jettent avec dextérité dans la mêlée sous le regard émerveillé des visiteurs d'un jour, toujours nombreux, accoudés à la rambarde du pont du Rialto !
Le spectacle est partout !...
Dès que l’on s’éloigne un peu du Rialto, qui offre deux arrêts de métro, pardon de vaporettos, on retrouve un peu de calme… Ca ne dure pas longtemps et l’on se demande comment font les traghettos (traghetto : gondole qui sert à traverser le canal), dans lesquels les passagers se tiennent debout, pour ne pas chavirer !...
Les vaporettos (en italien, au pluriel on dit « vaporetti ») continuent imperturbablement à sillonner le grand canal. Ils sont antiques, poussifs, un peu crades, mais increvables.
Ils ont le charme des vieux tramways de Lisbonne ou de Prague. Ils brinqueballent, ils grincent, ils pétaradent mais on s’y sent bien… de vieilles embarcations pour visiter les vieux murs, d’antiques palais noircis par le temps et par la pollution… Ils ne déparent pas dans la vénérable cité !...
Pendant ce temps les livreurs continuent de livrer. Il est presque midi et ils sont fatigués. Les paquets, les bidons, les boîtes pèsent lourds sur les bras tétanisés.
Il faut les voir le matin, tout fringants, faire voltiger les colis !…. C’est ce que nous verrons demain. Debout dès 7 heures du matin. Nous commencerons par un petit tour au marché du Rialto, un vrai marché avec de vrais fruits, des légumes...à vous faire changer de régime et devenir végétarien !... et des crustacés,du poisson… le plus beau marché de Venise !...
Par alain barré
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Lundi 1 octobre 2007
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06:28
7 heures du matin, le pont du RIALTO est presque désert. Un balayeur avec son balai de bruyère rassemble les déchets qu’il jette ensuite dans de grands sacs en plastique.
Pas de moyens mécanisés, toute la ville de Venise s’entretient ainsi à l’ancienne, au ramasse-bourrier et au balai. Venise est un conservatoire des petits métiers !...
De l’autre côté du Rialto, dans le quartier de l’église San Giacometto, commence le grand marché aux primeurs et aux poissons. Les arcades, dont les ouvertures sont à demi fermées par du tissu rouge abritent les commerçants depuis plusieurs siècles déjà !
Pas de camionnettes ni de fourgonnettes, les commerçants apportent leurs marchandises par bateau !
On transporte, avec précaution, les fruits dans des cageots…
Mais les packs et autres objets qui ne craignent rien (même très lourds) voltigent avec grâce de mains en mains…
Les légumes sont beaux et bons…
Les fruits sont savoureux, y compris les pêches tardives dont je me régale au petit déjeuner tous les matins…
Les petits piments rouges sont éclatants de couleur, présentés par paquets…
…ou transformés en fleurs artistiques grâce à la présence d’une bosse d’ail, d’un citron, d’un fruit de la passion…
Le spectacle est ravissant. Comme pour rappeler qu’il n’est pas obtenu sans peine, la statue d’un bossu accablé par l’effort et grimaçant (« il gobbo di rialto) est à l’honneur sur la place, en face de l’église…
Par alain barré
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Mardi 2 octobre 2007
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06:52
Des clientes tâtent les fruits sous l’œil suspicieux du commerçant. Un panonceau, gribouillé à la main, indique pourtant qu’il ne faut pas se servir soi-même !
Chacun repart avec son sac, son paquet, son cabas,…
Une spécialité que l’on ne trouve pas sur les marchés français : les fonds d’artichaut préparés et flottant sur l’eau pour en préserver la fraîcheur.
Mais il n’y a pas que des légumes sur le marché du Rialto. Le traiteur vend un plat qui semble très apprécié : le polpettonne.
C’est une sorte de rôti de viande hachée à laquelle on a ajouté du pain dur, un œuf pour lier, du sel et des épices. On trouve du polepettonne au parmesan, aux épinards, aux carottes,… à déguster devant la télé en regardant un match de foot (à condition que ce soit l’Italie qui gagne !)
Le marché aux poissons se trouve à proximité du marché aux légumes, sous les arcades de la Pescheria. On y vend toutes sortes de poissons de diverses provenances…
...Des crustacés, en particulier ce curieux canocchia que l’on trouve surtout en méditerranée….
Des seiches, dégoulinantes d’encre…
Il est presque 8 heures, des enfants courent à travers les rues du marché pour ne pas arriver en retard à l’école…
Le temps passe...Il est l’heure d’aller prendre un petit déjeuner. Au pied de l’hôtel, des livreurs, qu’aucun canal ne sépare pourtant, préfèrent faire voltiger les paquets à la vénitienne plutôt que de se les passer de la main à la main. On ne se refait pas !...
Par alain barré
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Mercredi 3 octobre 2007
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06:05
Je vous entends dire : « Venise ce n’est tout de même pas que le marché et des balayeurs ! ». C’est vrai, il y a aussi la place Saint-Marc, le fameux « salon de Venise », la basilique,
le palais des doges,
le campanile…
A vrai dire, la foule m’ennuie plus qu’elle ne m’amuse et question foule, on est gâté Piazza San Marco !!!...
des fournées, des tombereaux, de pleins vaporettos, et même des cargos de touristes débarquent quotidiennement sur cette place mythique dès 9 heures du matin !... Sagement je me réfugie, en face, sur l’île San Giorgo, au sommet du campanile. De là, le spectacle est tout simplement magnifique...
et les gens ne paraissent pas plus gros que des fourmis ou… des pigeons… les fameux pigeons de Venise qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit ! Nous en reparlerons !
Mais, il faut le reconnaître, cette place avec ses monuments est une merveille, un subtile équilibre entre les styles byzantin, gothique, renaissance... Je vous encourage à faire comme moi pour la découvrir : venez entre 7 et 8 heures du matin, au lever du soleil. Vous serez seul ou quasi seul. Bien sûr il y a toujours un ou plusieurs balayeurs poussant nonchalamment leurs balais de voirie !...
il y a aussi quelques amoureux de la vieille cité qui marchent doucement, comme s’ils flottaient sur la place… et des photographes. Ceux-là, leur passion les obligent à se lever matin…Ils sont discrets, ils se font des petits signes furtifs de la main pour dire qu’ils vont céder la place, une petite moue pour signifier que c’était un bon ou un médiocre point de vue… J’aime Venise ainsi avec sa lumière brune du matin…
…qui vire doucement au rose…
Puis au jaune-orangé et bleu…
Demain nous verrons que les brumes et même la pluie vont également très bien à Venise !...
Par alain barré
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Jeudi 4 octobre 2007
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05:45
Hier matin : brouillard léger ou brume insistante… Les colonnes qui se détachent sur un contre-jour tamisé par la brume inspirent un peintre amateur.
Il a choisi le seul moment où l’on peut installer, sans risque, un chevalet au milieu de la Piazza San Marco. Déjà les touristes les plus matinaux ou les mieux organisés (les japonais) commencent à arriver… Un quart d’heure plus tard, la place est littéralement envahie, prise d’assaut !...
Le ciel n’est pas toujours bleu à Venise. En septembre, des orages peuvent survenir brusquement et disparaître aussi vite qu'ils sont arrivés… L’air devient de plus en plus lourd et humide puis, enfin, un coup de tonnerre salvateur retentit suivi d'une pluie bienfaisante qui rafraichit et nettoie…
Ce matin, la Piazzetta luit comme un vieux miroir patiné…
La perspective sur la basilique est déserte…
…déserte ?...Presque ! Une bonne-sœur comme on n’en voit plus beaucoup en France, robe blanche et voile noir, vaque vers de divines ou profanes occupations…
Quelques touristes qui débarquent ou qui s’en retournent, traînent leurs valises à roulettes dans les petites rues désertes (Rue : « calle », les quais portent le nom de « Fondamente » ) …
Incontournable, enfin, un balayeur, super équipé avec une carriole à bras s’il vous plaît, traverse peinardement la place. Il est serein, l’orage à fait le boulot à sa place !...
Par alain barré
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Vendredi 5 octobre 2007
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05:38
Il est 7h37, sur le vaporetto qui vient du Lido (le cordon littoral qui ferme la lagune) un écolier attend, sac sur le dos et trottinette à la main. Le seul deux roues toléré à Venise !
La lagune est sillonnée sans arrêt, même à une heure aussi matinale, par toutes sortes d’embarcations…
Tout ce qui flotte et peut servir d'embarcation, se retrouve sur la lagune !...
Il est 8h01, la brume se dissipe. Le campanile de San Giorgo et celui de San-Marco se profilent à l'horizon…
…L’écolier est déjà parti avec sa trottinette. Un plâtrier débarque, avec précaution, son chargement de sacs ficelés sur un diable…
…Les livreurs se coltinent déjà la descente ou la montée de l’un des 350 ponts de Venise !...
Dans les magasins chics, les mannequins font du Venitian-cancan pour indiquer que l'automne arrive et qu’il est temps de commencer à prendre des bas !...
Par alain barré
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Samedi 6 octobre 2007
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06
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06:54
VENISE ce n’est pas que la place Saint-Marc et le grand canal. La ville compte plus d’une centaine d'îles ou îlots séparés par 200 canaux.
On peut accéder facilement, avec le vaporetto, à plusieurs de ces îles. Murano est réputée pour ses verreries. Les risques d’incendie devenant trop important, les maîtres verriers durent quitter Venise pour s’y installer au XIV ème siècle.
L’île de Burano est plus petite...
Elle s’est spécialisée dans la dentelle, mais son attrait principal est la palette incroyable de couleurs qu’offrent ses façades, portes et fenêtres !
Même sous l’orage elles restent éclatantes !
L’orage passe vite sur la lagune… Il offre l’occasion aux photographes de rapporter de superbes clichés…
Par alain barré
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