THAILANDE

Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /Fév /2007 06:27

Les îles coralliennes

Au large de Pattaya se trouvent plusieurs îles coralliennes. On y accède en 20 mn grâce à des vedettes rapides. Si vous pensez vous retrouver seul sur une île idyllique, vous avez tout faux ! Vers 8 heures le matin, vous vous prenez à rêver : l’eau est d’un bleu-vert incroyable, le sable est blanc et fin, les rochers aux couleurs rousses se mélangent harmonieusement à la végétation qui descend des montagnes, l’eau est chaude…oui, ce n’est pas un mythe… elle est claire et vous enveloppe de vagues de douceur… le paradis ! Je crois que le film « La plage »,  avec Di Caprio, se passe sur l’une de ses îles paradisiaques de Thaïlande : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=22696.html

Le charme commence à être rompu vers 10 heures. Une nouvelle vedette débarque sur la plage un autre lot de touristes, puis un autre, et encore un autre… Bientôt la plage est pleine ! Alors le spectacle change de perspective. Le plus intéressant ne se passe plus vers la mer mais vers la côte. De nombreux petits commerçants, à la mode Thaï, passent vous proposer leurs services : location d’une chaise, d’une serviette, foulards, colifichets, boissons, mangeailles diverses, cocktails, et last but not least, des services plus spécialisés : coiffure à domicile sur votre chaise longue, pédicure, manucure, et les incontournables massages, etc… L’inventivité des Thaïs est époustouflante ! En définitive le spectacle n’est pas sans intérêt. Si cela vous insupporte vous pouvez essayer de vous réfugier, à vos risques et périls, sur l’une des petites criques entourées de rochers et difficilement accessibles qui se trouve à proximité de la plage principale.

 

Alors le corail me direz-vous ? On sait qu’il existe car on en trouve des petits bouts grisâtres sur la plage mais, le top du top à ne pas manquer, c’est la promenade en barque à fond de verre pour la visite des poissons du corail. On embarque dans une longue barque qui ne peut trop s’approcher de la plage alors les touristes, relevant leurs jupes ou leurs pantalons s’essaient à ce rude exercice : l’escalade d’un bateau qui roule et gîte dans les vagues. C’est un grand moment de comique loufoque et involontaire !... Une fois tout le monde installé, la barque fonce dans un grand bruit de moteur pétaradant, jusqu’au bout de la plage, à quelques centaines de mètres de là, puis elle fait du stand-by dans les vagues dans un endroit où, théoriquement, les poissons multicolores doivent abonder. Tout le monde écarquille les yeux… en vain… on a dû oublier de prévenir les poissons. On ne voit même pas une écaille ! Par contre, le spectacle de ces deux rangées de gogos en train de contempler leurs pieds dans une barque brinquebalante vaut le déplacement. C’est un très grand moment de tourisme !... Le retour à la plage mérite également ses quatre étoiles : tous les passagers sont jetés en hâte sur le sable car il faut faire vite pour faire monter une deuxième fournée ! Et tout le monde se retrouve de nouveau trempé, pataugeant dans l’eau, jupes et pantalons retroussés ! Les gogos ne sont pas que dans les rues chaudes de Pattaya, on en trouve aussi dans les eaux chaudes du lagon !...

Pour le repas du midi, je vous recommande la soupe à la casserole en aluminium cabossé : la soupière est un chef-d’œuvre, et les moules sont vertes (comme les eaux du lagon) !

J’aime mes semblables et j’éprouve souvent autant ou plus de plaisir à les contempler qu’à contempler la nature, alors je peux dire : Hmmm…ouais…oui… ok…c’est une sacrée bonne journée !

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /Fév /2007 06:20

Pattaya est une grande station balnéaire, lancée par les GI’s américains dans les années 60. C’est devenu une grande ville réputée pour ses loisirs en tout genre, mais surtout tout ce qui tourne autour du commerce du sexe. Après les campagnes d’opinion contre le tourisme pédophile, les autorités thaïlandaises semblent avoir mis un peu d’ordre. On ne remarque plus de prostitués enfants. On me dit que ce commerce se serait déplacé vers les pays voisins. Par contre, le soir venu, les rues chaudes de Pattaya sont remplies de prostitué(e)s, hommes et femmes qui vous attendent en se trémoussant vaguement dans les « gogo-bars ». Oui, c’est le terme… gogo-bars où les gogo-girls et les gogo-boys font tout pour attirer le client. Elles (ils) se contentent parfois de l’inciter à consommer le plus possible mais surtout de se diriger vers un petit hôtel « short time » pour une passe. Au passage, le gogo-bar prend sa commission, l’hôtel également et le ou la prostitué(e) empoche le reste. Tout cela semble bien roder, avec quelques arnaques et coups fourrés à la clef ! Les temps évoluent et les rues chaudes de Pattaya semblent s’assagir un peu. Certains gogo-bars se reconvertissent en lieu de spectacle sexy, genre « crazy horse », d’autres mettent en avant des spectacles de boxe thaï. Mais l’essentiel reste l’industrie du sexe.

 

On y trouve également un peu partout des salons de massage, vrais massages « médicaux » mais surtout des massages plus ou moins érotiques. Pour améliorer leur réputation, les thaïlandais proposent de plus en plus des massages « antistress » :  massages des pieds, du visage,…

 

Les prostitué(e)s viennent des régions les plus pauvres du pays (près des frontières du Laos et du Cambodge). Leurs gains permettent de faire vivre la famille restée au village. Beaucoup de ces personnes semblent être des victimes.

 

Il n’y a pas que le sexe à Pattaya. Pour ma part j’ai été très impressionné par les ateliers de copie d’œuvres d’art. Des peintres vous reproduisent un Goya, un Van Gogh ou tout simplement peignent votre portrait à partir d’une photo, en une nuit, pour une somme dérisoire !

 

 

Notre hôtel était situé à Jomtien, une des grandes plages de Pattaya. Plage étroite, adossée à la route, bruyante, une eau douteuse… tout ce que je déteste ! Elle est éclairée la nuit. Elle prend alors des couleurs irréelles.

 

Heureusement, on peut prendre le bateau pour une île de corail. Ce sera pour demain…

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 06:46

Sérénité et innovation à Sukhotai

 

Jusque vers le XIII ème siècle la statuaire Thaï n’a fait que reproduire les styles des pays avoisinants. Lorsque SUKHOTAI devient la capitale du royaume un style original se développe. Bouddha est jusqu’alors exclusivement représenté couché, debout ou assis. Les artistes de Sukhotai vont oser de nouvelles représentations. C’est là que l’on trouve, en particulier, la célèbre statue du « Bouddha marchant ».

A vrai dire la marche ne semble pas très souple et élastique, mais il n’est plus figé, il marche ! En divers endroits de cet immense parc on rencontre également des statues qui « marchent », qui bougent, qui ondulent et cela ne trouble pas la sérénité des lieux, bien au contraire !...

 

 

 

 

 Le grand Bouddha debout est également caractéristique du style de cette époque.

Le corps, les expressions sont stylisés, le sourire est paisible et accueillant, invitant à un retour sur soi. Les bras et les doigts sont curieusement allongés ainsi que les lobes des oreilles. Cela correspond à des normes esthétiques très strictes imposées aux artistes (par exemple, les lobes des oreilles allongés rappellent l'origine princière de Bouddha qui portait de lourdes boucles avant d'atteindre l'illumination)

 Un Bouddha assis, monumental, entre ses deux rangées de colonnes, attire également le regard. Il est assis en position du lotus, calme, élégant… une invitation à renoncer aux futilités du monde ou plus précisément au cycle sans fin du désir, mais aussi une invitation à contempler la beauté…

 

Alentour, le parc est occupé par de vastes pièces d’eau parsemées de nénuphars...

 

De l’ensemble se dégage une grande impression de sérénité et d’harmonie (troublée de temps à autre par des marchands de colifichets qui vous harcèlent sur leurs deux roues pétaradants...).

Un lieu à ne pas manquer quand on va en Thaïlande. L’inverse des grandes stations touristiques comme Pattaya dont nous parlerons demain !

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 05:57

Le bouddhisme à la mode thaïlandaise

Pour amadouer les dieux autrefois il fallait des sacrifices et du sang, aujourd’hui ils se contentent d’encens. Je sais, Je sais… Quelques islamistes assoiffés de sang et de pouvoir n’ont toujours pas compris que les temps ont changé !... Bouddha à la mode thaïlandaise est beaucoup plus pacifique et pragmatique : il aime ce que tout le monde aime dans le pays, l’argent sous forme de bons vieux billets que l’on tient dans ses mains et que l’on déroule…

Ou l’or, sous forme de feuilles millimétriques que l’on applique d’un geste délicat directement sur la statue. Cela donne aux Bouddhas ainsi décorés un petit air de peau qui pèle après un coup de soleil. C’est du plus bel effet ! On reconnaît les maladroits à l’or qui reste collé sur leur pouce plutôt que sur la statue. C’est, hélas, ce qui m’est arrivé malgré les leçons expertes d’une dévote Thaïlandaise.

On peut tout demander à Bouddha : aussi bien de gagner au jeu que de gagner des "mérites" pour une meilleure réincarnation... On peut aussi tout lui offrir : des fleurs : c’est simple, c’est frais et ça fait toujours plaisir !

 

 

 

 

 

Mais on peut faire des offrandes bien plus surprenantes. Par exemple : des nounours, des petits lapins en peluche, des chats…

 

 

 

 

 

Un petit Bouddha miniature…

 

L’offrande que je préfère, c’est un petit cochon minuscule qui tient sur l’ongle de la statue !

Si l’on n’a rien à offrir à Bouddha, on peut tout de même lui proposer un bout d’étoffe, une étoffe jaune. Il s’allonge à même le sol, s’en recouvre et s’endort paisiblement…

Bouddha n’est pas difficile. Il est même plutôt bienveillant et il semble toujours vous sourire d’un petit air narquois comme s’il nous disait : « Tu sais tout ça n’est pas sérieux… la vie, les emmerdes d'ici-bas, le stress au boulot… détends-toi…cool … sois Zen ! »

Cela me rappelle que lorsque j’ai fait mon service militaire j’avais déclaré sur la fiche d’information que j’étais bouddhiste tendance « Suzuki » et que ma religion ne m’interdisait qu’une seule chose : porter des armes !  

Brave Bouddha, qui ne se prend même pas pour un Dieu !

Les moines essaient de faire comme Bouddha : un bout d’étoffe orange et hop, les voilà partis, les mains dans les poches ! Façon de parler parce qu’ils n’ont même pas de poches. Ils n’en ont pas besoin, ils ne possèdent rien ! Ils vivent de mendicité. Le matin, on les voit se précipiter vers les bonnes maisons où la mendicité est bien récompensée… Conseil : si vous êtes une femme, ne donnez pas d’offrande directement à un moine. Ils ne sont pas de bois et pour éviter de tomber dans la concupiscence ils vous demanderont de la faire transiter par les mains d’un homme !

Ceci dit et sans plaisanter, le bouddhisme en Thaïlande est très vivant et respecté. Il se réclame de la tradition Theravada (petit véhicule). Il ne reconnaît aucun dieu et n'a donc pas besoin de clergé. Il s'appuie sur la responsabilité individuelle et il encourage l'abstension et le détachement. Les moines sont nombreux (250 000 hommes) et soumis à des obligations strictes. Un tiers d'entre eux est constitué de religieux "occasionnels" qui accomplissent une sorte de retraite qui vient interrompre pour un temps plus ou moins long, leur activité professionnelle.

...Ainsi deux mondes peuvent se croiser dans la rue : le jeune moine dans le dénuement, très "zen" et la femme d’affaire thaïlandaise surbookée qui téléphone au volant de sa voiture…

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 05:46

L’écrivain français à succès, Michel Houellebecq a écrit un roman en 2001, « Plateforme », dont l’action se passe en Thaïlande, dans le milieu du tourisme. Ce roman a connu, comme le dit la critique « un immense succès : près de 300 000 exemplaire vendus » ! Il a été également l’occasion d’un « scandale » médiatique (je dirais plutôt de publicité médiatique tapageuse) lors de sa sortie. Quatorze d’heures d’avion, voilà une bonne raison de se plonger dans « cet évènement littéraire à la française ».

 

Houellebecq met en scène un personnage qui n’aime pas les autres, qui n’aime pas la vie et qui ne s’aime pas lui-même ! Le héros, prénommé Michel, comme l’auteur, parle à la première personne. Il me fait penser aux personnages de Céline avec moins de verve et sans l’inventivité verbale époustouflante de ce dernier. Parfois, ses réflexions méprisantes sur l’humanité évoquent celles que Frédéric DARD met dans la bouche de son personnage récurrent : San Antonio. Frédéric DARD avait un regard décapant et désabusé sur ses compatriotes, en premier lieu sur ses deux inénarrables collaborateurs : Pinaud (simple inspecteur) et Bérurier (grand gaffeur devant l’éternel). Cependant on sentait dans les réflexions désabusées de Frédéric DARD/ San ANTONIO, de la chaleur humaine, de l’affection et même de la compassion pour ses contemporains. Ce n’est pas le cas pour Houellebecq. Le rapport est froid, le constat est distant et cynique. L’ouvrage commence par des réflexions sur la mort du père du narrateur : « T’as eu des gosses, mon con…me dis-je avec entrain ; t’a fourré ta grosse bite dans la chatte de ma mère. » Le ton est donné et il en sera ainsi pendant la première moitié du livre. Houellebecq décrit des touristes abroutis qui vont visiter un pays d’abroutis avant de revenir à leur vie d’abroutis ! Il excelle à décrire l’abrouti qui est parfois en nous (et qu’il semble très bien connaître en lui). On a envie de lui dire, oui, il nous arrive d’être des abroutis, mais pas tous les jours et pas tout le temps !... Mais pour lui et la plupart de ses personnages, c’est une occupation à temps complet !

 

 

Ses descriptions ont souvent le souci du détail chiffré qui ne présente aucun intérêt. Cela me fait parfois penser à la façon particulière de voir le monde de personnes atteintes du syndrome d’Asperger (une forme d'autisme avec un bon fonctionnement intellectuel mais une grande difficulté à comprendre les relations humaines). Un Asperger triste qui aurait du mal à comprendre les autres et qui se cantonnerait à ce qui ne présente pas de risque d’erreur psychologique : les chiffres et les citations plaquées d’auteurs soi-disant compétents. (par exemple sur l’analyse des processus d’achat avec explication de plusieurs modèles dont on n’a, à vrai dire, rien à foutre !)

 

Michel le héros de Houellebecq, parle souvent de sexe. La seule chose qui l’intéresse un peu. Il en parle d’une manière mécanique, crue, dépourvue de sentiments. En définitive on pourrait penser qu’il n’est rattaché à la vie que par un petit bout de chair : son pénis  et ce n’est que, rendu à la 140 ème page, que l’on entrevoit que cela va peut-être le sauver ? C’est en effet l’histoire d’une rédemption (ou tout du moins du retour dans le monde des vivants ayant des sentiments) par le sexe. Il est aimé, -bien malgré lui- (l’auteur ne nous explique pas par quel miracle une belle femme intelligente peut s’attacher à ce personnage sans intérêt qu’est son héros), il aime et il est comblé sexuellement. Il a alors la révélation que « le bonheur existe » et que la vie lui offre peut-être une seconde chance !  

 

Suivent alors de longues descriptions sur le fonctionnement économique et financier de la société de tourisme où travaille sa nouvelle compagne. Ces considérations sont souvent intéressantes bien que parfois un peu ennuyeuses. Elles sont pimentées de nombreuses scènes de sexe (ou prévaut un point de vue masculin) qui, il y a quelques dizaines d’années auraient fait classer le bouquin dans les rayons érotiques ou pornographiques.

 

Quoi qu’il en soit cette relation sexuelle réussie, rapproche Michel, de la vraie vie. Il commence à se dégeler, des sentiments apparaissent, un peu de chaleur humaine,… Cela va-t-il s’étendre au reste de sa vie ? Voilà effectivement une question intéressante. Je ne vous donne pas la réponse cela désamorcerait votre envie de lire le livre… Je vous précise seulement qu’il se termine en Thaïlande sur l’une des plages paradisiaques du Sud.

 

Signalons toutefois que Houellebecq fait une description plutôt idyllique de la prostitution en Thaïlande qui montre une profonde méconnaissance du sort des femmes en Thaïlande (voir ma rubrique d’hier)

 

Houellebecq est l’un des romanciers français des plus réputés. C’est l’un des rares qui soit connu à l’étranger. « Plateforme » est-il un grand roman ? Le thème de la rédemption par l’amour est un grand thème même s’il est traité ici d’une façon très réductrice, en ramenant l’amour seulement au sexe. L’auteur a du talent, il s’est creusé la tête pour inventer une intrigue, il a essayé de faire sentir la psychologie de son personnage par de longues (et parfois ennuyeuses) descriptions d’ambiance suivant un procédé très Balzacien. L’ensemble tient assez bien la route à part une invraissemblance du récit : la façon dont Valérie tombe amoureuse de Michel. Si vous avez quelques heures d’avion et que vous allez en Thaïlande ce n’est pas un mauvais choix de lecture.

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /Fév /2007 05:38

Femmes de Thaïlande entre modernité et tradition

 

Elles ne portent pas de voile, elles ont souvent un beau sourire et des traits harmonieux… mais leur sort n'est pas toujours enviable ! 52% de la population active est féminine et la bonne marche du pays repose beaucoup sur elles ! Mieux, 48% des cadres et dirigeants d’entreprises sont des femmes. Ce statut particulier de la femme au travail est commun aux pays de riziculture dont la religion dominante est le bouddhisme. (La riziculture est, traditionnellement un travail plus féminin que l’élevage ou la culture du blé qui engendrent des sociétés patriarcales). En ville, elles font les mêmes métiers que les hommes, mais le soir elles sont seules à s’occuper du repas et des enfants. Il est vrai que beaucoup d’hommes (mais également des femmes) font un second métier pour arrondir les fins de mois ! - Dans les campagnes, le travail des champs repose beaucoup sur elles. En Thaïlande tout le monde travaille, mais surtout les femmes !

Les mariages sont encore souvent arrangés, y compris en ville. La dot que le prétendant doit présenter pour « acquérir » sa femme est très importante ! Dans ce genre de mariage, l’épouse doit s’installer chez ses beaux-parents qui se chargent de veiller sur sa vertu. La société thaïlandaise est matriarcale, mais cela n’empêche pas un machisme très réactionnaire de régner à l’intérieur de la famille ! Les mariages se font tardivement (vers l’âge de 30 ans) et la surveillance __

sur les « bonnes mœurs » des filles est telle que l’homosexualité féminine est une réalité bien présente. Après le mariage (arrangé) la « respectabilité » des femmes reste un souci majeur. On tolère, par contre très facilement les aventures du mari. Les femmes de « basses conditions » sont moins surveillées. On tolère qu’elles aient ainsi une certaines liberté sexuelle et qu’elles s’adonnent également, pour 150 000 d’entre elles, à la prostitution. Des changements sont perceptibles en ville, les femmes accèdent au droit au divorce de fait, utilisent la contraception… Internet qui est un des éléments moteur de la mondialisation, leur apprend beaucoup de choses... Les hommes acceptent mal cette nouvelle répartition des pouvoirs dans le couple et dans la société et ont tendance à abandonner leur épouse à la naissance du premier enfant puis de recréer divers nouveaux foyers sans consistance. Ils ont également recours à la prostitution (qui n'a pas été inventée pour les touristes).

C’est l’ancienne tradition du soutien familial matriarcal (des parents, même très éloignés, peuvent recueillir un enfant qui a besoin de soutien) qui sauve la société thaïlandaise.

Les changements sont chaotiques, mais c’est une société qui évolue et dont les structures ne craquent pas (comme on aurait pu s'y attendre après le krach financier catastrophique de 1997).

Quoiqu’il en soit le sort des femmes et des enfants en Thaïlande est beaucoup plus enviable que dans n’importe quel pays arabe musulman !...

 

 

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /Fév /2007 05:25

Danses traditionnelles :

Je ne suis pas friand de ces spectacles folkloriques que les Tour operators proposent dans les divers pays que l’on visite. La nourriture y est moyenne, le temps minuté, le formatage pour le goût des touristes tellement prégnant que les vraies traditions ont tendance à s’y diluer ! Celui-ci semble de prime abord ne pas échapper à la règle, puis, surprise, les danseurs arrivent et la grâce commence alors à régner sur scène. Princes et princesses évoluent  dans des habits étincelants mêlant les tons or et rouges symboles de pouvoir, de puissance, de gloire et drame. Par certains côtés ils me font penser à L’habit de lumière des matadors. Les attitudes et les gestes en dissymétrie surprennent le regard, le font sortir de son cadre habituel comme dans les meilleurs ballets de Maurice Béjart. Les doigts sont tirés en arrière et maintenus en hyper extension. Leur

tension est source d’un contraste saisissant avec l’expression paisible, détendue,accueillante exprimée par le visage. Les yeux sont grands ouverts, comme pour la séduction ou l’hypnose et vous invitent à vous absorber en eux… Comme d’habitude ces danses mettent en scène des dieux, déesses, amours, vengeances, réconciliation,…rien de nouveau !

 L’ensemble n’est pas seulement charmant, il touche quelque chose de profondément humain : fascination, guerre, amour, batailles… Ces danses traditionnelles cherchent à nous fasciner et à nous leurrer. Elles nous rappellent, avec élégance que tout n’est qu’apparence mais qu'il est bon parfois aussi de se laisser leurrer par les apparences !....

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 05:58

Le marché de Damnoen Saduak est un des rares marchés flottant qui subsiste en Thaïlande. Il est situé à une centaine de Km de Bangkok.  L’afflux des touristes lui permet de survivre sans trop le dénaturer. On y vend de tout, surtout de la nourriture et des articles pour touristes. Je précise tout de suite que les touristes les plus nombreux ne sont pas européens. Comme dans tout le reste de la Thaïlande d'ailleurs, les touristes asiatiques me semblent l’emporter sur les européens ! Ce marché est-il « authentique » ? Oui et non ! Il est comme beaucoup de nos marchés un compromis entre une vocation utilitaire et les nécessités du commerce touristique. Certains s’en offusquent. Pour moi cela ne semble ni plus ni moins artificiels que dans nos sites touristiques renommés. Je pense par exemple à Locronan avec ses faux bretons qui vendent des faux souvenirs, Rochefort-en-terre, Saint-Gustan, etc… Tous ces sites prestigieux jonglent entre un passé idyllique reconstitué pour les besoins de la cause et les nécessités commerciales !  Je dois dire que j’y trouve assez souvent mon compte, mais il est nécessaire de savoir faire la part des choses et ne pas se laisser abuser, mais seulement amuser. Vous l'avez compris je n'ai pas le tic de l'authentique ni l'éthique de l'authentique d'ailleurs et je m'amuse même avec du toc ! Si je veux vraiment sentir l'âme d'un pays, je me contente de me promener dans les rues de la ville, je prends les transports publics et je regarde les gens vivre et travailler. Sous le vernis des civilisations, des coutumes et autres apparences, les humains se ressemblent : mêmes émotions fondamentales, mêmes peurs, mêmes joies, mêmes colères, tristesses, avidités, agressivités, violences, compassion... Cela j'aime le voir, le reconnaître chez l'Autre, chez les autres, chez ceux que je viens

visiter. Cela affleure... il suffit juste de gratter le vernis des civilités et des civilisations...

Une femme sur son bateau m'a ému. Plutôt âgée... elle vendait des légumes qu'elle décortiquait entre deux clients... regardez ses mains. Des mains calleuses, comme celles des paysannes autrefois dans nos campagnes de France. Si le marché n'est pas très "authentique", ces mains-là, au moins le sont !

Par alain barré - Publié dans : THAILANDE
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