Cesky Krumlov est
située en
Bohème du Sud, à 160 Km au sud-ouest de Prague. C’est une des plus belles
petites cités médiévales d’Europe ! Elle est construite dans un méandre de la Vltava (la Moldau). Le château, construit entre 1300 et 1600, est dressé sur un impressionnant éperon rocheux.
Son style hésite entre la forteresse destinée à la défense et le château d’agrément. La tour est polychrome, dans des teintes où domine le rouge. Elle a été décorée vers les années 1600. Les
nombreuses galeries et bâtiments intérieurs sont décorés de sgraffites ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Sgraffite ) . Le château comporte
300 salles et se visite mais on peut se contenter du parcours extérieur qui offre des points de vue superbes sur
la Vltava et les maisons qui bordent ses rives.
Le théâtre, daté de 1680, est particulièrement raffiné. Il étonne dans une région aussi éloignée des grandes villes. Il contient, entre autres une collection de costumes et de décors d’époque.
De beaux et grands jardins à la française ont été aménagés sur le plateau qui domine la rivière. Pour les rejoindre il a
fallu construire un pont à galerie, avec plusieurs étages superposés, qui surplombe la rivière
(bravo les architectes pour l’harmonie d’ensemble de ces constructions !). De cette galerie l’on a une vue extraordinaire sur le village !
Le village en
lui-même est bien préservé et comporte de nombreux bâtiments remarquables et l’on peut y flâner plusieurs heures sans se lasser.
De nombreux restaurants, des cafés sont installés au bord de la Vltava...
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Allez, accordez-vous quelques instants et faites travailler votre imagination… vous êtes assis sur les bords de la Moldau,
un
verre à la main… devant vous la tour
polychrome du château et la salle de théâtre décorée de sgraffites, sur votre gauche un petit pont pour piétons et en arrière plan les arches du pont à galerie… l’air est doux dans
cette après-midi d’automne… le clapotis de l’eau sur les cailloux parvient jusqu’à
vous… dans le lointain la Vltava vient buter sur un coteau que les couleurs
d’automne font flamboyer… des amis sont avec vous… tiens on
entend de la musique, on joue du Smetana ?... la « Moldau » précisément…. Rêvez, rêvez quelques instants, c’est un vrai moment de bonheur….
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La preuve ? Regardez les deux béquillards sur la photo…après cette expérience, ils sont repartis en jetant leurs béquilles dans la rivière !
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renaissance et il s’agit (peut-être) du palais Schwarzenberg. Les architectes pragois n’ont pas hésité à utiliser le gris, souvent orné de sgraffites. Il tranche sur les autres couleurs pastel : rose clair, bleu pale, vert amande,… et par contraste, les met en valeur.
importance pour souligner la symétrie de l’immeuble et contribuent à donner, par leur aspect répétitif, une impression de
grandeur et de noblesse à la façade.
évolué, avec l’art
nouveau vers des représentations plus légères ou plus fantaisistes.
La porte d’entrée
Tout est beau à Prague et le jeu des reflets dans les fenêtres répétant en miroir d’autres fenêtres ajoute encore au charme et au mystère !...
naturels et culturels de l’Unesco. Les plus anciennes maisons datent du 13 ème siècle. Il a su garder son authenticité tout en étant toujours
habité. 130 habitants vivent ici, dans une trentaine d’habitations, fermes, école, une petite église, une forge, le tout entourant une place rectangulaire de 200 mètres de long. Les maisons sont construites dans le style « baroque paysan ». Les maçons qui avaient travaillé à la construction des demeures de maîtres et aux châteaux de la région ( à Cesky Krumlov, à Cesky Budejovice,…) ont eu la
s’installant à la campagne mais ne perd rien de son inventivité. On retrouve ainsi l’élégance architecturale de la ville
en pleine campagne. Cela aurait ravi Alphonse Allais qui, avec son humour un
peu décalé, regrettait « que les villes ne soient pas construites à la campagne » !
bâtiment, mais elles sont incapables de donner une impression d’ensemble. Peut-être une vue d’avion ou une reconstitution
en 3D pourrait-elle le faire ? En effet, les maîtres maçons, habitués à travailler sur les immenses structures des châteaux de Bohème, ont organisé ces villages suivant un plan d’ensemble. Elles ne sont pas
construites à la va-comme-je-te-pousse. Elles sont organisées autour d’un vaste rectangle (comme les places des grandes villes) planté d’arbres et creusé d’une mare.
Une petite église se dresse à l’extrémité du rectangle, encadrée par deux arbres. L’élégance de l’ensemble s’impose immédiatement à notre esprit, mais il faut du temps avant d’en percer les subtilités et les secrets !
Apollinaire notre grand poète national dont le vrai nom à une résonance aussi hexagonale que celle des joueurs de notre valeureuse équipe de football (Wilhelm Apollinaris Kostrowitzky), à écrit une nouvelle qui se déroule à Prague : « le passant de Prague » :
tristounets : ils se plaignent de tout, de leurs amours qui tournent plus ou moins rond, du temps qui passe trop vite ou pas assez... Il faut tout de même leur reconnaître une chose, ils ne nous bassinent jamais avec la hausse des prix du beefsteak ou leurs cors au pied et ils sont capables de voir dans le ciel des signes que les autres ne remarquent pas !) . Voici ce poème qui commence par une évocation de la nouvelle "le passant de Prague" :
Le « château » domine Prague. Remarque importante, le « château » n’est pas un château ! Cet ensemble comprend le palais royal, la cathédrale Saint-Guy, et de nombreuses rues, ruelles, jardins, chapelles, musées, regroupées
dans le quartier de Hradcany (=quartier du château, à prononcer : "radtchany", sans oublier le H aspiré !). L’évènement qui attire le plus de monde bien qu’il ne soit pas le plus intéressant est la relève de la garde. De beaux militaires, habillés comme des soldats de plomb et aussi raides
qu’eux, propres et astiqués jusqu’à la semelle des chaussures, font plein de manières pour marcher et jouent de la musique. La relève de la garde pour les militaires c’est comme la période des « transmissions » dans une équipe d’infirmières, d’aides soignants ou d’éducs, mais sans la parole, le café en moins, la musique martiale et un protocole compliqué en plus ! C’est fou la foule de oufs que ça draine, et personne ne moufte ! Les pickpockets sont aux anges et se promènent mains dans les poches (des
autres…), les messieurs se rengorgent et rentrent leur bedaine, les dames se font prendre en photo avec de beaux gars encasquettés.
gaulois, pousser un sacré cocorico car c’est un français, Mathieu d’Arras, qui en a été l’architecte ! Les vitraux n’ont pas l’ancienneté de ceux de Chartres mais ils sont de toute
beauté, ceux d’Alfons Mucha en particulier (prononcez « Murrra »), créés dans le style art nouveau dont il est le plus brillant représentant en Europe.
regorge de superbes maisons baroques.
ponts. On distingue le célèbre pont St Charles, attraction privilégiée des touristes avec la place de la vieille ville.
Une autre façon de descendre vers les rives de la Vltava et de rejoindre le pont St Charles est de prendre la rue située à droite de l’entrée du château. Elle passe par le quartier de la Mala Strana (« le petit côté »), elle longe de superbes maisons baroques et aboutit à la porte du pont. On peut s’arrêter un instant pour admirer l’église Saint Nicolas, les jardins Wallenstein et flâner sur l’île Kampa qui accueille
actuellement une superbe expo de photos de Yann Arthus Bertrand. Une centaine de photos sur un parcours de quelques centaines de mètres en plein air. Splendide !
Les statues sont partout présentes dans les rues, , dans les jardins, les palais, sur les toits des maisons, dans les parcs de Prague. Tous les styles se
télescopent, comme pour l’architecture, dans un désordre inattendu et harmonieux.
monuments, sur le pont Charles et à Notre Dame-de-Lorette par exemple. Elles sont recouvertes d’une couche de pollution noire presque charbonneuse. On se demande pourquoi elles n’ont pas été nettoyées ? Puis on se dit qu’elles sont trop nombreuses, l’on s’habitue et, quand au hasard de la promenade l’on découvre une statue qui a gardé la couleur du calcaire, on a
l’impression qu’il lui manque quelque chose ! Elle perd un peu de la compacité que lui confère cette agressive teinte sombre qui évoque un peu la couleur et la densité du bronze.
Le surréalisme (
D’autres statues comme ce crâne inquiétant qui semble écraser un humain soumis et fataliste, hésitent entre le surréalisme et le symbolisme.
sont de facture plutôt néo-expressionnistes. Ce style, apparu dans les années 70-80 est en réaction contre l’art abstrait et la profusion de sculptures auxquelles
personne ne comprenait plus rien et que l’on regardait sans même les voir. Il ne craint pas le mauvais goût et en fait preuve d’ailleurs avec délectation ! Mais au moins ces statues, on les remarque, pour le meilleur et pour le pire ! Quel plaisir de retrouver enfin des sculpteurs qui sculptent et ne se
contentent pas de suivre les veines de la pierre ! L’an dernier une exposition de statues métalliques géantes ornait la plus belle avenue de Prague. Ces statues ressemblaient à des sortes de terminator ou Robocop un peu humanisés, musclés et fessus. Elles ne laissaient pas les nombreux passants indifférents. Je me souviens même de la main de M-P tapotant au passage une fesse métallique !
L’impertinence est fréquente chez les artistes Tchèques, elle semble même être une de leurs caractéristiques principales qui les a bien aidés à résister à la chappe de plomb de l’occupation soviétique. Des artistes modernes en sont porteur encore aujourd’hui comme l’auteur (dont j’ai oublié le nom) de cette célèbre statue que l’on trouve face au restaurant du museum Kafka. Deux messieurs, en toute indécence, font pipi dans un bassin, bien en vue des clients qui sont à la terrasse du restaurant. Leurs hanches sont animées d’un mouvement tournant….Donc, en quelque sorte, ils se déhanchent pour mieux diriger le jet ! C’est impertinent et drôle et cela amuse beaucoup les spectateurs jeunes et vieux !
J’aime lire les signes, symboles et pictogrammes que l’on trouve dans les villes. Autrefois l’écriture était réservée aux « lettrés » et le moyen de faire savoir qui on était ressortait d’un langage immédiatement compréhensible : le
pictogramme, la représentation imagée symbolique ou non. On retrouve cela aujourd’hui dans la seule langue vraiment universelle qui n’est ni l’anglais ni l’espéranto (désolé Yves !...) mais le code de la route. Malgré cet universalisme obligé, le code de la route a ses nuances et ses fantaisies : la façon de représenter un piéton, un cycliste, un animal… à Prague, le cycliste est de style sportif et le chien est pressé !
d’une fonction ou allégorique. Les sujets sont puisés dans la mythologie, l’astrologie, la nature, les
personnages célèbres, les saints. Il en existe ainsi près de 900 à Prague ! Dans les villes de l’époque, dépourvues de noms de rues et de numéros, ces symboles étaient également de précieux repères.
pourrait être une source d’inspiration pour les joueurs en réseau qui redonnent vie aujourd’hui, à leur manière, à cette ancienne forme d’association).
Enseignes
et affiches modernes ont un style qui leur est propre : vivacité des couleurs, une certaine naïveté, humour grinçant un peu gore ou surréaliste…
Que nous retrouverons demain, dans la statuaire moderne qui amuse beaucoup les praguois de Prague et qui laisse pantois les françois de France !
La place de la vieille ville est entourée de maisons romanes dont les façades ont été remodelées par la suite et restaurées en style baroque (
hexagonaux habitués à la rigueur du classicisme à la française. Jaune clair et ocre, bleu pâle et bleu soutenu, rose vif et rose barbe-à-papa, vert peppermint et vert amande, gris moyen et ivoire, … J’en passe et des meilleures ! On retrouve un peu de ces
couleurs et de ce style dans les salons du Trianon à Versailles tels que les avait décorés Marie-Antoinette, « l’Autrichienne »... Sophia Coppola rend bien compte de cette atmosphère dans son film sur cette même reine. Ces façades baroques ornent également les rues alentour de la place.
Par moments on a l’impression de ne pas être dans la vraie vie mais dans un immense décor de théâtre et que la fête finie et les touristes partis, l’on va replier les panneaux et retrouver de sinistres façades grises. Mais non, on ne démonte pas le décor et même la nuit il garde tout son charme !...
Le centre de la place est occupé par le monument à Jan Hus, le réformateur tchèque brûlé le 6 juillet 1415 sur ordre du pape de l’époque (
guerres de religion n’ont plus cours dans le monde des chrétiens, les musulmans ont pris le relais et s’étripent avec autant d’ardeur aujourd’hui, entre sunnites et chiites, que nous l’avons fait autrefois ! C’est le triste privilège des religions à prétention
universalistes de faire rentrer leur vérité, par le fer et par le sang, dans la gorge de l’autre qui devient vite un hérétique s’il déplace ne serait-ce qu’une virgule dans le texte sacré,!