Le soir, comme prévu, je retrouvai Léa au restaurant. Je l’interpellai aussitôt :
- Léa, vous me devez quelques explications !
- Ne vous fâchez pas. Je n’ai découvert la nature de la mission de Nathan qu’hier soir… D’ailleurs je vous avais bien recommandé de ne pas aller dans le quartier juif cet après-midi.
- Mais Léa, ce sont ces soi-disant touristes français, « Roro » et ses amis, qui m’ont forcé la main…
- Bien sûr, ce ne sont pas des touristes. Ils travaillaient avec Nathan sur cette mission. Ils avaient comme consigne de vous laisser en dehors de cette affaire.
Devant mon silence butté, elle reprend :
- Vous savez que Prague abrite l’un des plus vieux ghettos d’Europe avec la synagogue Vieille-Nouvelle qui date du treizième siècle, le vieux cimetière et le Golem…
J’avais un vague souvenir d’un film d’épouvante mettant en scène un être surnaturel,
un golem, une sorte d’Adam, fabriqué de glaise auquel son créateur aurait insufflé la vie en prononçant le nom secret de Dieu. Le monstre était capable de tout dévasté sur son passage, vengeant les juifs opprimés des souffrances qu’ils enduraient. Mais la créature avait échappé à son créateur, un peu comme dans le mythe de Frankenstein qui s’en est inspiré, et le rabbin Löw, son créateur, avait eu toutes les peines du monde à la neutraliser. Léa reprit :
- Oui, c’est cela et il existe de multiples légendes du Golem que les mères et les pères racontent à leurs enfants pour les rassurer quand ils sont en butte à des propos ou à des actes antisémites. Cette légende est toujours très vivace. Les terroristes ont voulu frapper au cœur de l’Europe, dans cette ville prestigieuse, en pleine période touristique. Pour être sûr que le retentissement soit énorme, ils ont choisi leur cible dans l’ancien ghetto juif qui a vu naître le mythe de l’invincibilité de ce peuple.
- Il y a-t-il eu des morts ?
- Non, la charge qui a explosé près de la synagogue Vieille-Nouvelle n’a fait que des dégâts matériels et des blessés légers. Celle qui devait exploser dans le vieux cimetière aurait sûrement causé plus de dommage. Plusieurs dizaines de kilos d’explosifs avaient été entreposés dans la tombe du Rabbi Löw, le créateur du Golem. La police tchèque avait été prévenue, mais elle n’a pas pris la mesure du danger. C’est pour cela que Nathan et son équipe étaient là !
- Léa, vous saviez tout cela avant de venir et vous ne m’en avez rien dit !
- Non, je n’en savais rien et si je l’avais su je ne vous aurais sûrement pas demandé de m’accompagner. Vous pouvez me croire insista-t-elle en me regardant avec sincérité dans les yeux.
Je restai silencieux quelques instants puis je pris ses mains entre les miennes et je les tapotai amicalement.
- Mais au moins, est-ce que cette aventure aura servi à quelque chose ? Il en est où ce petit ?
Elle baissa les yeux et eut un petit sourire malicieux :
- Nous avons fait tout ce qu’il faut pour qu’il soit mis en route !...
Dans l’avion du retour, Léa sortit un paquet de son sac :
- C’est pour vous, de la part de Nathan…
J’ouvris le paquet. C’était un livre rare : une édition originale, datée de 1912, du roman de Gustav Meyrink, « le Golem ».
Nota Bene : Voici terminée cette nouvelle histoire de Léa. Si vous souhaitez en savoir plus sur le GOLEM, suivez les liens ci-dessous :
http://www.radio.cz/fr/article/68399
http://fr.wikipedia.org/wiki/Golem
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Un désordre indescriptible règne dans la rue. Les policiers en tenue commencent à s’occuper des blessés. On entend des sirènes dans le lointain. Les vitrines des boutiques de souvenirs ont été brisées et des objets de toutes sortes se sont répandus par terre. Il s’est passé deux ou trois minutes depuis l’explosion. Je ne vois plus ni le pseudo « Roro », ni « Mimi » ni la « petite Nanie ». J’entends un échange de coups de feu dans le vieux cimetière… un cri…puis, de nouveau le silence... Tout à coup mes trois compagnons réapparaissent. L’homme me dit :
conserves ornées de pubs ringardes, cahiers d’écoliers, vieux chromos à la gloire du socialisme, cabine téléphonique en bois…Surtout n’oubliez pas la visite du bureau du commissaire politique : un coup de téléphone retentit quand vous franchissez la porte. Cela vous glace le sang et vous donne froid dans le dos !
Une petite lampe se met alors à clignoter dans ma mémoire et l’avertissement de Léa me revient à l’esprit. J’essaie de dissuader mes nouveaux amis de faire cette visite. Trop tard, nous sommes déjà dans la rue Siroka, près du vieux cimetière !
Elle danse magnifiquement bien. Elle donne les impulsions au bon moment, change de rythme quand il le faut et je commence à percevoir peu à peu, les nuances de cette musique apparemment simple, mais en réalité très
subtile. Les figures s’enchaînent avec grâce et naturel. C’est un vrai plaisir de danser avec elle ! Après quelques tours de piste, je tente de reprendre la main. Elle se laisse faire et coopère, rectifiant seulement lorsque je m’égare….une experte !
mène jusqu’au quartier du château (le Hradcany). De là-haut, le point de vue sur la ville est somptueux. On découvre l’enfilade des ponts qui se succèdent tout au long de la Vltava jusqu’aux prestigieux pont Saint Charles, toujours envahi de touristes.
restaurant Bonanza. Au détour d’une rue, je reconnais l’extraordinaire statue en bronze « à l’effigie de Kafka ». Je propose à Léa de la prendre en photo devant la statue. Je sors de ma poche un superbe appareil photo jetable acheté au Lidl de mon quartier avant le voyage et j’immortalise la scène. Elle en fait autant pour moi.
Il est cinq heures. Je remarque que Léa donne de fréquents coups d’œil à sa montre. Nous reprenons le tramway. Je l’embrasse et je la laisse devant l’entrée de son hôtel. Nous nous reverrons demain soir pour le dîner…
d’un couple et de l’une de leurs amies. Ils sont sympathiques. Ils présentent toutes les caractéristiques des touristes en vacances. Ils ont envie de s’amuser, passer un bon moment, loin des soucis, du travail et du stress vie quotidienne. Ils ne pensent qu’à plaisanter et à prendre les choses du bon côté ! L’aspect culturel du voyage les passionne, mais les simples moments de détente, les promenades sans but, les bons restaurants les intéressent tout autant. Ils ne s’appellent pas par leurs prénoms, mais utilisent des diminutifs : « Roro » pour l’homme, sa femme : « Mimi » et leur amie : « la petite Nanie » !.