Jeudi 15 octobre 2009
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Première étape, Pékin, la capitale du Nord, qui est en pleine effervescence
pour préparer les festivités du 60e anniversaire de la R P C dont la création date d’octobre 1949. La fête se passera sur la place Tienanmen, vers laquelle tous les regards du pays
convergeront. Dans les autres villes il n'y aura pas de grandes festivités, mais tout le pays sera en vacances pour une semaine ! Il va donc y avoir énormément de touristes chinois sur les grands
sites et les trains seront bondés !...
Le gouvernement central investit énormément pour cette fête qui doit ressouder
les provinces autour de lui. On ne va donc pas lésiner sur la dépense. Il faut que tout soit parfait. Aucune fausse note ne doit troubler la fête et surtout pas d’attentat ! Les policiers
sont partout : des flics, des militaires, des policiers en civils sûrement aussi…
Ils ont l’air de gamin et flottent dans leurs uniformes,
mais il ne
faut pas s’y tromper, ce ne sont pas des jouets qu’ils tiennent entre leurs mains et ils ont montré qu’ils sont capables d’exécuter les ordres, même les pires, comme lors de la répression de la
place Tienanmen (1989) qui a fait de deux à trois mille morts !
Les contrôles aux rayons X, comme dans les aéroports, sont nombreux et
systématiques pour rentrer sur la place Tienanmen ou dans certains musées comme la cité interdite par exemple.
Sur un côté de l'immense place, s’alignent des colonnes, d’un style
néo-classique, rouge et or, qui contribuent à donner un air solennel à ce haut-Lieu de la République.
Dans le fond, en direction de la cité interdite, trône un portrait de Mao.
Il a un look faussement débonnaire qui tient autant de l’empereur d'autrefois que du terrifiant « big brother » (du roman « 1984 »
de l’écrivain George ORWELL : http://fr.wikipedia.org/wiki/1984_%28roman%29 ). On retrouve son portrait également sur tous les
billets et dans les boutiques de souvenirs. Haï ou aimé, il fait maintenant partie de l'histoire et les jeunes générations ne lui accordent pas beaucoup d'importance (nous en
reparlerons).
Un groupe de statues, dans le style grandiloquent du « réalisme
socialiste », rappelle les hauts faits de Mao et de l’armée rouge…
Mais cela ne semble pas passionner les chinois. Ils sont surtout intéressés par
deux écrans géants (quelques dizaines de mètres chacuns ! ) qui déversent des flots d’images à la gloire du pays, la beauté de ses paysages, la réussite des JO de 2008, et son avenir
radieux…
Une anecdote qui montre que les temps changent en Chine. Je me fais aborder par un jeune couple à l'allure branchée. La fille me pose
plein de questions. Au bout de quelques instants le mec (vous verrez que le mot "mac" conviendrait mieux) mieux, me déclare : "elle a envie de dormir, tu viens au café, on va prendre un verre
et elle va dormir !..." Pendant ce temps, pour bien me faire comprendre de quoi il s'agit, la fille me regarde avec insistance en papillottant des yeux, ce qui lui donne un air plus niais
qu'endormi....Quand une situation inattendue se présente, le réflexe du photographe, c'est d'abord de prendre une photo. Dès que je sors mon appareil, ils s'écrient affolés "non, non, nous
sommes bouddhistes" (théoriquement, en Chine, on ne photographie pas les moines bouddhistes). Je rétorque aussitôt : " Pas grave ! Bouddha a dit que l'on peut photogrpahier de dos
!...", mais ils se sauvent en courant. Je les retrouverai un peu plus tard sur la place, en train de draguer un autre pigeon !....