Mercredi 5 mars 2008

Nouvel envoi de la revue de poésie TRACES, dirigée par M F LAVAUR. Le premier numéro est sorti en 1954. Aujourd’hui paraissent simultanément les numéros 167 (automne 2007) et 168 (hiver 07/08). Il faut dire que MF Lavaur, seul capable de s’y retrouver dans sa « fourbithèque », est l’artisan quasi unique et inlassable de la revue, de la réception des poèmes (et parfois l’accueil des poètes dans sa maison du Pallet près de la Sanguèze), de leur tri, de leur impression et de leur diffusion. Tout un poème en somme !... Comme d’habitude vous y trouverez les anciens comme Alain LEBEAU, Claude SERREAU, Norbert LELUBRE, fidèles d’entre les fidèles et beaucoup d’autres poètes de valeur. MF Lavaur ouvre le numéro 167 à des poètes brésiliens.
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traces168.jpgundefinedtraces167.jpgUn 3ème livret signé SIMONOMIS accompagne l’envoi. Il est bilingue : français, espagnol et illustré d’un dessin de Roger SEGNOT.

Une bonne livraison !

Rappel : l’abonnement 4 numéros pour l’année : 14 €, à MF LAVAUR Sanguèze, 44330 LE PALLET

MF Lavaur a écrit lui-même de nombreux poèmes, certains en occitan et en français. En voici un :

Le ciel de ce matin de rhume

Où les lumières qui s’allument

Luisent à peine dans la brume

A l’odeur des anciens jeudis

Où dans la rosée des plessis

Nous faisions provision de fruits

Mûres noix et que sais-je

Comme écureuil avant les neiges

par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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Samedi 29 décembre 2007

Alain LEBEAU m'envoie ce beau poème à l'occasion des fêtes de fin d'année. Le voici :

Quand j’étais petit
Je courais ma vie dans les bleuets
Les coquelicots
Les topinambours
Des avions incendiaient le ciel

Des grandes bottes noires
Enjambaient les cours de récréation
Quand j’étais petit
Les grands jouaient aux petits soldats
Quand j’ai grandi
Moi aussi
J’ai joué à la guerre
Les yeux grands ouverts
Avant d’élever des petits
Qui ont fait des petits
Qui disent raconte papy
 

Maintenant que je rapetisse
Je claudique ma vie
Dans les trous de bombes
Les trous de mémoire
Les trouées de bleu dans les nuages
Où des petits s’envolent
Pour échapper aux dragons
Ce soir de Noël
Je suis trop petit
Pour comprendre les grands
Et je voudrais jouer en paix
Avec mon puzzle des enfants du monde

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Alain Lebeau
Décembre 2007

par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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Jeudi 29 novembre 2007
Alain LEBEAU est poète. Il a enseigné en Afghanistan il y a une quarantaine d'annéest il est tombé amoureux de ce pays. Il y retourne aujourd'hui dans le cadre de l'aide humanitaire. Il en a rapporté ce poème. Il me l'envoie avec un mot d'accompagnement : "Retour à l'altitude mer. Il faut se déboucher les narines poussiéreuses à  l'air océanique et s'étonner d'avoir de l'eau au robinet et de la lumière à l'interrupteur. A part ça et le bruit des hélicoptères et des minarets en moins, rien ne ressemble autant à un monde qu'un autre monde, le bruit de la mer en plus...  Amitié"
 
 LE PAYS D'AILLEURS
(Pour Etienne Gille)
 
C’est un pays d’ailleurs
Une île solitaire
Un lac de cailloux
Où les serpents tètent les chimères
 
 
C'est un pays de longues barbes sages
De vieillards accroupis
Et de guerriers furtifs
C’est au guichet des lourdes portes
Qu’on y dévoile la face cachée des femmes
 
C’est un pays de chaud et froid
De chevauchées interminables
De combats de molosses
De cris de faucons noirs
Sur les guirlandes enneigées
On y reçoit l’appel à la prière
Entre deux rafales mortelles
Deux râles empalés
Au-dessus des ruines de pisé
 
Quand la nuit se pose
Collée à la terre par la pluie
On entend dans le feu
Le roubab et les tablas
Arracher un cœur à la pierre
Et souffler la fièvre verte
Sous les pieds fourchus des djinns
 
C’est un pays de rides
De cals de gerçures
Où tout est poussière de mortel
C’est un pays de cages
De tombes                                                                                                                                  A A fleur de terre émiettée
Et de cerfs-volants fouettés
Au plus haut du ciel
 
C’est un pays d’ailleurs
Où l’on peut se perdre
Se retrouver
S’oublier
Quand s’éloignent les troupeaux
 
C’est le pays inimitable
Aux pics aussi cruels
Que le vice et la vertu
Aux poèmes aussi tendres
Que le verre filé
Entre les roses de Judée
 
C’est l’Afghanistan
Ce pays d’ailleurs
Ce pays d’en-toi
Qui rappelle à lui
La prière qui s’éteint
Ou l’étoile filante
Du pèlerin infidèle
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Alain Lebeau, Bretagne, Kaboul,Tcharikar, 1968…….2007
 
par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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Vendredi 10 août 2007

Alain LEBEAU fait partie de l’équipe « TRACES » animée par Michel-François LAVAUR depuis une quarantaine d’années. Il a publié de nombreux recueils aux éditions TRACES bien sûr mais aussi aux éditions du Petit Véhicule. Le poème ci-dessous est publié dans le numéro 165  (que l’on peut se procurer auprès de M F LAVAUR, Sanguèze, 44330 LE PALLET)

 

 C’était une grande marée par-dessus les mégots, les bulots

 Les embruns collaient des moustaches aux genêts

 C’était un coup de nordé à rester au café

 Les chalutiers chaloupaient au quai

 C’était un temps à jouer à la course au large

 Avec ses enfants en ciré

 C’était

 Disaient les touristes

 Un jour de vacance de foutu

 Un jour de lèche gondole au supermarché

 A lorgner les cartables de la rentrée

 Mon chien et moi

 Le nez au vent

 On avait enfin le temps

De gueuler contre les mouettes

 Les machines à raser le sable

 Etaient restées au garage

 La plage pleine de bave et de goémons

 La mer dégueulait sa crème à bronzer

 Ses savates engorgées

 Ses coquillages arrachés aux rochers

 Par les pêcheurs à pied boulimiques

 Le vent enfin sentait la mer

 Et la mer le poisson
 C’était à hurler de plaisir

 Cette grande lessive dans mes cheveux

 Dans ma tête

 A hurler à la vie

Mon chien et moi


(L'illustration est de Anne DUMESNIL.)

Pour lire d’autres textes de Alain LEBEAU, rendez vous à l’adresse suivante : http://alainlebeau.blogs.nouvelobs.com/atom.xml

par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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Mardi 22 mai 2007
Descendre la rivière
sortir les sacs la canne
et marcher sur la rive.
Lancer tendre la ligne
pour que nage le leurre
sans hâte au ras des souches
et des herbiers des îles.
Deviner la présence
et tenter le vorace
avec plus de patience
et de ruse que l'autre
battant l'eau des nageoires
au fond de son repaire.
Rentrer même bredouille
assez tôt pour la classe
en bon maître d'école
qui sait le prix des heures.
Parfois porter un sandre
pour un beurre-blanc juste
à point avec un verre
de gros-plant sec et faire
un dimanche en famille
la cène non dévote
qui mettra le point d'orgue
à ma partie de pêche.
J'ai rangé fil et gaule
mais les oiseaux qui chantent
appellent à l'aurore
des hommes qui y prennent
dans un bain de jouvence
la force de se dire
que vivre est une aubaine.
M-F LAVAUR
par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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Vendredi 11 mai 2007
Michel-François LAVAUR publie la revue TRACES depuis 1954, mais il publie également de nombreux livrets de poésie de ses propres oeuvres ou de celles des autres. En 2002 il a publié un petit recueil de Haïkus illustrés (les haïkus sont des petits poèmes de 17 syllabes d'origine japonaise   (ttp://fr.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFku ). En voici un qui donne son nom au titre : PRIMUM VIVERE. Lavaur n'écrit pas seulement en français mais aussi, entre autres, en occitan et en italien. Ce premier Haïku est en latin et en français.
"Primum vivere. Deinde ? Philosophe a ri."
"D'abord vivre. Après ? Philosopher. "
par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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Mardi 8 mai 2007

Michel-François LAVAUR est poète et éditeur de poésies. Il publie la revue TRACES depuis le début des années 60. Quatre numéros par an où tous les auteurs ont leur chance, connus ou inconnus ! Il écrit lui-même, souvent des textes courts, limpides, d’une apparente simplicité, mais en réalité extrêmement travaillés. J’ai ajouté sur ce blog une nouvelle rubrique « Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR » où vous trouverez des poèmes de cet auteur et des nouvelles de la revue.

 

 

Pour commencer, un poème qui touchera tous ceux qui ont été mêlés de loin ou de près à des actes de guerre. Je pense, en particulier, à la guerre d’Algérie.

 

Soldat retour de guerre  

Mal réhabitué à se promener sauf  

Par le travers des terres  

Posant le pied sur un galet comme d’un œuf

 

 

Ainsi ta vie chemine  

Inquiète du futur défiante du présent  

La joie qui l’illumine  

Se noie parfois aussi le rire dans le sang

  

Soldat nouvel époux  

Le cœur encore à terre  

Et corps sur le vaisseau de guerre  

 

Mais quel retour gens de la troupe !  

Chacun porte la mort en croupe  

Ah mon amour si chaud si doux !

 

Pour s’abonner à la revue TRACES, écrire à

 

 MF LAVAUR 

TRACES  

Sanguèze  

44330 LE PALLET

 

(14 € l’abonnement pour 3 ou 4 numéros annuels )

 

par alain barré publié dans : Sur les TRACES de Michel-François LAVAUR
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