Vendredi 4 juillet 2008

J’étais en Suisse il y a quelques jours. Voila un pays, grand comme quelques départements français, qui compte 26 cantons disposant d’une large autonomie concrétisée par des « votations » sur toutes sortes de sujets, qui parle 4 langues et se permet, malgré ce que l’on pourrait considérer comme des handicaps, d’afficher une santé économique remarquable !

Je me disais, en traversant ce petit pays, que plutôt que de lorgner du côté des Etats-Unis pour créer une constitution européenne, l’on ferait mieux de s’inspirer de notre voisin européen.

Les Suisses sont très individualistes, bien qu’ils aient la sensation d’appartenir à un même pays. En réalité, la géographie de vallées séparées par de hautes montagnes explique assez bien cela.

Malgré ce sentiment que l’on pourrait résumer par la devise « chacun chez soi et les vaches seront bien gardées », ils ont réussi, en dépit de difficultés extrêmes, à créer un réseau routier remarquablement unifié !  Donc, autonomie de chaque canton mais aussi remarquable travail en commun quand la situation l’impose malgré la lourdeur que suppose l'utilisation de 4 langues pour la confédération. Pour accéder au réseau autoroutier, chaque canton aurait pu faire payer son petit bout d’autoroute (26 cantons !) et multiplier les péages. Cela aurait été stupide évidemment mais on ne  se gêne pas de le faire en France, par exemple entre les Landes et Hendaye, vous mettez la main à la poche 3 fois pour payer des tronçons d’autoroute ! Les douaniers Suisse vous propose une vignette qui coûte environ 40 € et vous permet de sillonner le pays pendant toute une année !! Certains se diront que c’est cher. Par comparaison, un aller-retour NANTES-PARIS coûte à peu près le même prix, mais pour une journée, pas une année !

Le désarroi des électeurs européens qui disent non au projet de constitution trouverait peut être sa solution si, au lieu de lorgner sur la constitution américaine on se contentait d’exemples plus modestes, plus proches de nous et qui fonctionnent. Certains rêvent d’une Europe, à l’image et rivale des USA, avec une administration centralisée et forcément bureaucratique, une diplomatie unique et une armée en conséquence.  Cette Europe, me semble-t-il, est rejeté par beaucoup de citoyens, à commencer par la France et, dernièrement, l’Irlande. D’autres voudraient une « Europe sociale », vague utopie entretenue par les nostalgiques du communisme qui n'ont pas de projet concret à proposer. Ils sont "contre", "anti", antimondialiste, anti échanges commerciaux par l'intermédiaire du marché, "antilibéraux" comme ils se définissent eux-mêmes... Ne serait-il pas plus judicieux de revenir à l’état d’esprit des pères fondateurs : favoriser la paix entre nos nations par la communication, l’échange, c'est-à-dire le commerce ? Cela nous incitera, comme en Suisse, à développer des voix de communication, des contacts fructueux, sans développer une bureaucratie envahissante qui prétendrait tout régenter…de loin. L’ambition, modeste de cette vaste zone de libres échanges nous permettra alors d’intégrer d’autres pays sans que cela ne soit source de difficultés majeures et sans qu’il y ait besoin de référendum-barrière (comme on est entrain, hypocritement, d’en imaginer un pour repousser la Turquie). S’il s’agit de constituer un super état, on peut se poser la question du niveau économique, de la culture, de la religion,… mais s’il s’agit de mieux vivre ensemble ces questions n’ont plus lieu d’être. Ce n’est pas d’une constitution dont l’Europe a besoin, ni d’une pléthorique bureaucratie, ni d’une armée étatsunienne, mais de routes sans péage tous les dix Km et de voies ferrées qui se raccordent !... Voilà comment faire taire les désaccords !...

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Vendredi 30 mai 2008

Les écologistes le réclamaient à cor et à cri, ça y est, c’est fait, le prix de l’essence a augmenté d’une façon spectaculaire ! Cela, pensaient-ils ferait prendre conscience des dangers que court notre planète.

En réalité, je crois que beaucoup d’écolos, en focalisant essentiellement sur la protection de la nature et non pas des personnes, ont ignoré le problème essentiel. Ce n’est pas parce que nous deviendrons vertueux (par nécessité) que la terre « sera sauvée » ! Plusieurs pays que l’on classait dans le tiers-monde autrefois, arrivent à un seuil de consommation qui se rapproche du nôtre. C’est le cas pour 300 millions de chinois et autant d’indiens. Les populations de ces pays n’ont qu’une aspiration : vivre suivant le mode de vie occidental. L’écologie est le dernier de leurs soucis ! Pour eux, c’est une préoccupation de riches, de privilégiés. Au mieux, ils s’en moquent, où au pire, accusent les Occidentaux et leur réclament des subventions…

Les écologistes le savent et ce n’est pas en Inde ou en Chine qu’ils vont prêcher la bonne parole ! pourtant, beaucoup de choix capitaux vont se prendre là ! Il en va ainsi, également, pour le Brésil, cet immense pays dirigé par un président de gauche (ancien syndicaliste  trotskyste), qui n’a aucun état d’âme à défricher la forêt amazonienne et à cultiver d’immenses étendues de végétaux pour remplacer le pétrole, alors que le monde manque de nourriture.

Que faire ? Un immense défi est lancé aux occidentaux et cela n’est peut-être pas aussi négatif qu’on pourrait le penser au premier abord car l’occident à besoin de cela pour se réveiller de sa torpeur. Les grandes civilisations du monde antique : indienne, chinoise, turque, iranienne…et les nouvelles, en Afrique du sud, au Brésil,… se sont réactivées. L’heure n’est plus à la somnolence et à la défense des « droits-zacquis », mais à l’inventivité, à la créativité…

Les vingt ou trente prochaines années qui s’annoncent seront tumultueuses et passionnantes. Les solutions à trouver nous amèneront sûrement à des révisions déchirantes. En particulier, il est clair que les économies d’énergie et autre éoliennes ne suffiront pas à résoudre le problème. L’énergie nucléaire, qui a si mauvaise presse aux yeux de certains, va devenir de plus en plus incontournable ! Nos voisins allemands qui devaient commencer à démanteler leurs centrales envisagent maintenant d’en construire de nouvelles…

C’est fou comme quelques petits chiffres qui défilent sur le compteur d’une pompe à essence peuvent faire changer les choses dans la tête des gens !….

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 28 mai 2008

En ces temps de grands changements et de bouleversements partout dans le monde, les politiciens français, semblent sidérés. Ils regardent les dangers s’accumuler et le prix du pétrole monter sans savoir quoi faire !

L’actuel président continue de cultiver, avec brio, l’art de se tirer dans le pied. Dès qu’un début d’incendie se déclare, en brave petit pompier, il se précipite pour l’arroser de belles promesses impossibles à tenir. Le bateau prend l’eau de partout et, vaillamment, il continue de coller des rustines ! Une rustine pour les marins pêcheurs, une autre pour les camionneurs qui ne vont pas tarder à leur emboîter le pas, puis encore une autre… Pendant ce temps, les réformes de fond passent aux oubliettes : assainir l’économie, permettre aux entreprises d’être plus compétitives, faciliter la mobilité de l’emploi (licenciements et reclassements plus faciles),si bien que tout le monde est mécontent et qu’il chute d’une manière spectaculaire et méritée dans les sondages !…

Sentant le désarroi de l’actuel chef de l’état, le maire de Paris, DELANOë, essaie de le doubler sur sa droite, en se déclarant plus libéral que lui. Il n’a pas tort. Libéralisme et socialisme ne sont pas incompatibles et les seuls pays où la social-démocratie gouverne, le sont par des libéraux convaincus.

Le pari est tout de même risqué et il faudra que l’actuel président atteigne des sommets d’impopularité (plus abyssaux encore qu’aujourd’hui) pour que le coup de poker de Delanoë réussisse.

Il faut dire que Sarkozy a savonné la planche pour la gauche en laminant l’extrême droite et en préparant la venue d’un fort parti trotskyste.

Le faux angelot, Besancenot, se frotte les mains et se voit bientôt prendre la place et atteindre les scores du Parti Communiste de Marchais !

Les trotskystes seront l’épine dans le pied du PS comme les Front National l’a été pour la droite !

À l’intérieur du camp socialiste, les manœuvres continuent. Ségolène Royal pense être toujours dans la course mais les obstacles s'accumulent. La gauche du parti voudrait bien refaire le coup de Mitterrand avec le PC : un programme commun avec le « camp des forces de progrès » (extrême gauche, Bové,…) et maintenant, Delanoë, entre dans la partie !....

Antilibéraux forcenés (ou de circonstances) et libéraux sont dans le même bateau, pincemi tombe à l’eau, qu’est-ce qui reste ?…

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Dimanche 16 mars 2008

 Avec Internet, prend fin (ou se désagrège) une équation millénaire, SAVOIR=POUVOIR. Depuis longtemps celui qui détenait le savoir détenait le pouvoir. Dès l’antiquité, les bibliothèques ont été des lieux de prestige, créés et contrôlés par les potentats. L’église catholique, au moyen-âge a acquis une position dominante, en partie car elle détenait les bibliothèques grâce à une armée de moines copistes.

Les chrétiens, libérant le sud de l’Espagne de l’occupation musulmane entre le XIIème et le XV ème siècle, se sont précipités sur les livres laissés par les savant arabes et les ont fait traduire en toute hâte.

A contrario, la liberté de circulation de l’écrit, après la découverte de l’imprimerie a été perçue comme une source majeure de danger. L’église avait (et a toujours) son « index » et les rois s’octroyaient, du haut de leur majesté, le droit d’autoriser ou d’interdire les écrits. (Encore aujourd’hui, la publication d’un nouveau livre suppose toujours un dépôt légal).livres01.jpg

Les pays communistes interdisaient systématiquement la publication des ouvrages « non conformes ». Aujourd’hui, dans un pays musulman relativement ouvert comme la Tunisie, il est bien difficile de trouver d’autres livres, dans les librairies ordinaires, que des publications dans tous les formats, toutes les qualités, tous les prix, du Coran. J’en ai fait l’expérience en visitant plusieurs librairies dans la capitale de Djerba : Houmt Souk, et dans la banlieue de Tunis.

D’où vient le changement, d’où vient la révolution ? Internet donne accès à une multitude de documents, à des millions d’ouvrages (Bibliothèque Nationale Française, Google,…), à des journaux, à des centaines de millions d’écrits interconnectés en réseau comme ce blog….livres02.jpg

Les dictatures, comme celle qui opprime la Chine actuellement, ont bien senti le vent du boulet ! Hier comme aujourd’hui, l’équation SAVOIR=POUVOIR est toujours vraie et l’état communiste emploie plusieurs dizaines de milliers de flics pour surveiller internet ! mais déjà des bidouilleurs font circuler des programmes gratuits qui permettent de contourner les interdictions des apparatchiks !

La querelle autour du livre : support papier ou non, n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui compte, ce sont les idées véhiculées. Internet ne sent pas le bon papier frais et l’encre d’imprimerie, il ne crisse pas doucement sous les doigts, mais il s’infiltre partout et il sait parler un nombre incroyable de langues (voyez Wikipedia par exemple !). Il apporte avec lui, des possibilités nouvelles d'une liberté difficile à museler. Internet est une conséquence bénéfique de la mondialisation. Il en est même l’un des acteurs principaux !

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Jeudi 13 mars 2008

À Douala, au Cameroun, les poulets congelés en provenance d’Europe coûtent moins chers que ceux vendus sur le marché par les petits producteurs locaux. Quelle importance me dira-t-on ? Les conséquences, en réalité, sont dramatiques. Les petits fermiers n’arrivent plus à vivre de leur production, il la délaisse et viennent gonfler le nombre des désoeuvrés qui peuplent les bidonvilles !

Comment des produits de l’agriculture européenne peuvent-ils être si peu coûteux ? Grâce aux subventions. Notre agriculture est subventionnée pour des sommes colossales (qui ne profitent pas essentiellement à ceux qui en auraient réellement besoin. A titre d’exemple :la reine d’Angleterre est subventionnée car elle possède des terres !!!)

Le déséquilibre introduit par ces subventions entre les fermiers européens et ceux d’Afrique (en particulier) dissuade ceux-ci de produire.

Le remède ? L’Afrique n’a pas besoin de subventions mais de justice affirme Sala-I-Martin, un économiste espagnol,cité par G. SORMAN dans son livre « L’économie ne ment pas ». sorman-economie.jpg
« Les Occidentaux, dit Sala-i-martin, en voulant tout produire par eux-mêmes, ne laissent aucune place aux entreprises africaines. Avec l’aide, nous purgeons nos péchés historiques, mais nous enfermons les Africains dans un statut d’assistés 
»

Pour sa part, José Bové, de passage à Yaoundé (la capitale du Cameroun), a sermonné les camerounais, leur recommandant de " boycoter les poulets en carton" et au gouvernement de Paul Biya de fermer la frontière aux poulets uropéens.

Le commerce équitable serait-il une meilleure solution ? Elle a des effets pervers :  « les producteurs africains repèrent l’aubaine, se précipitent vers ce que le Nord recherche ; la surproduction s’en suit, les stocks s’accumulent et les prix s’effondrent. »

Une amorce de changement viendra peut-être des Chinois, avance le même économiste (Sala-i-martin). « Des Chinois s’installent comme entrepreneurs, recrutent de la main d’œuvre locale et produisent sur place, à des coûts plus bas qu’en Chine. Serait-ce là l’esquisse d’une industrialisation de l’Afrique ? »

En conclusion : On n’aide pas l’Afrique à se développer avec de bonnes intentions et de mauvais remords. Les solutions ? En premier lieu ne pas leur faire subir le contre-coup de nos problèmes agricoles !

Un site pour en savoir plus  : http://www.gresea.be/avicol_DH_nov04.htm 

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 12 mars 2008

De qui était ce texte publié hier :

« …Car il faut juger ces hommes qui voudraient tenir le peuple en tutelle. Ils ont aussi des passions, et bien visibles. Cette folie du luxe, cette soumission aux femmes brillantes,...."


Il était du philosophe Alain CHARTRIER, plus connu sous le nom de ALAIN. Il est daté du 5 janvier 1914. On peut le lire dans sa totalité dans le tome II de la pléiade
, propos n° 234 p 335.  Bravo à Sido (http://lunatiquebleue.over-blog.com/ )  qui a  trouvé la bonne réponse ! 

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mardi 11 mars 2008

En politique, ceux qui sont le plus doués pour prendre le pouvoir sont souvent ceux qui sont le moins apte à l'exercer au profit de tous.
 
« …Car il faut juger ces hommes qui voudraient tenir le peuple en tutelle. Ils ont aussi des passions, et bien visibles. Cette folie du luxe, cette soumission aux femmes brillantes, cette éloquence puérile, qui cherche l’applaudissement ; ces lieux communs usés dans lesquels ils retombent ; cette injustice dans le détail qui leur semble naturelle ; ces marchandage, ces services échangés, cette indulgence aux intrigues, cette faiblesse devant les flatteurs ; cet art des grandes affaires, qu’ils apprennent si vite ; enfin cette ivresse de la puissance, que je devine au son de leur voix. Voilà nos sages. Voilà ceux qui prétendent décider si leur peuple est mûr pour la liberté. Mais lisez donc l’histoire. Voyez ce que furent presque tous les rois et presque tous les ministres pendant des siècles. Si les locomotives étaient conduites comme l’état, le machiniste aurait une femme sur les genoux. Nul n’est digne du droit, voilà le fondement du droit. »

 Mais qui donc a bien pu écrire,avec autant de détails précis, cette implacable diatribe.
Si vous avez trouvé la solution, écrivez-là dans les commentaires (en bas de cette page). Sinon, réponse demain !

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Lundi 3 mars 2008

Le pouvoir est toujours ostentatoire. On peut simplement remarquer qu’il l’est avec plus ou moins d’élégance ! Il ne s’agit pas seulement de posséder le pouvoir mais encore de le faire savoir ! Les envieux, les imitateurs, les faussaires qui miment les attributs de la puissance pour en avoir la gloire sans en posséder la réalité sont nombreux. Il faut donc que les puissants manifestent l’authenticité de leur pouvoir d’une façon qui va, non seulement éblouir mais aussi être particulièrement difficile à imiter.

L’exemple type en est le Versailles de Louis XIV et, en particulier, la galerie des glaces (récemment rénovée) que toutes les cours d’Europe cherchèrent à imiter.

Un privilège de l’homme de pouvoir est également d’avoir de belles maîtresses, plus jeunes que lui et d’une beauté éblouissante. De nouveau le roi soleil a donné l’exemple. Il faut dire qu’il ne brillait pas par la modestie ! Il a paradé en exhibant quelques unes des plus belles femmes de la cour mais il ne s’est (re)marié qu’avec une femme d’un rang fort modeste, sur le tard et dans le plus grand secret  (madame de Maintenon)! On affiche ses maîtresses et l’on cache son bonheur !

Tous les princes de ce monde n’ont pas compris la leçon !....

par alain barré publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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