ppp (Petite Psychologie de Poche

Lundi 6 mars 2006 1 06 /03 /2006 09:19

Mais si, mais si, il faut être réaliste. les femmes et les hommes ne sont pas égaux devant la vie et encore moins devant la mort. On peut même mesurer la différence. Pour la mort, ça fait 7 ans exactement !...

Ces différences sont au cœur même de notre existence. Elles sont porteuses de la dynamique de notre évolution. Elles suscitent deux types d’opposition. L’opposition de ceux qui voudraient tout niveler, tout ramener à zéro. Leur rêve, en définitive, c’est une société de clones.

Et l’opposition plus traditionnelle de ceux qui, constatant les différences, voudraient en déduire une inégalité et les preuves de la subordination sexuelle et matérielle des femmes aux hommes. Les religions, viennent, en général porter main forte à cette interprétation.

Que la différence ne soit pas source d’inégalité, ce n’est pas si naturel que cela ? C’est une conquête et nous ne sommes qu’au début du chemin.

 

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /2006 09:09

Etre parent, c’est donner… donner la vie, ce qui n’est pas le plus long ni plus difficile, mais après…. Pendant 10 ans, 15 ans, 20 ans… il va falloir donner, donner encore, de son temps, de son travail, de son affection, de son argent, de sa patience, de sa ténacité, de son autorité, etc…

C’est sûrement une des tâches les plus ardues qui soit. Les parents s’en tirent très bien dans la plupart des cas, sans formation, sans brevet, sans diplôme, sans bac +++, sans « stage validant »… un vrai miracle ! Oui mais que se passerait-il s’ils devaient systématiquement s’occuper d’enfants qui ne sont pas les leurs ? C’est l’histoire de Cendrillon, qui a fait pleurer dans beaucoup de chaumières. Deux chercheurs, Daly et Wilson ont montré, en 2001, que « l’état de beau-père ou de belle-mère est le facteur de risque le plus élevé qu’on ait jamais trouvé en matière de maltraitance d’enfants. Dans le cas le plus extrême, un beau-parent a de 40 à 100 fois plus de risques de tuer un jeune enfant ». Etant donné la rareté de tels évènements (quand ils interviennent ils sont tellement médiatisés qu’on a tendance a surévaluer leur importance) on ne peut que saluer la patience et la générosité habituelle des beaux-parents. Le métier de parent est difficile et il ne s’apprend pas que dire alors de celui de beaux-parents !

Les lions n’ont pas tous ces scrupules. Quand un mâle, après un combat, devient dominant, il commence par massacrer tous les petits de son ancien rival avant de s’accoupler !

Chez l’homme il n’y a pas que des instincts, il y a aussi la culture. On monte facilement en épingle un drame affreux et l’on risque d’oublier l’abnégation, la générosité, l’affection dont font preuve tant de beaux-parents dans les si nombreuses familles recomposées d’aujourd’hui !

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 08:41

 

 Aujourd’hui quand on dit « psy », en France, on pense aussitôt psychanalyste et « psychanalyse »comme s’il n’existait pas d’autres formes de psychologie et de psychothérapie. Les psychanalystes voudraient nous faire croire qu’en dehors d’eux il n’existe point de salut ! L’un des fondements de leurs croyances est que la plupart de nos troubles psychologiques sont le résultat de conflits inconscients mal résolus au cours de notre petite enfance et des termes comme « complexe d’oedipe », « libido » sont passés dans le langage courant, sans vraiment que ceux qui les emploient sachent toujours à quoi il font référence. Les problèmes ont commencés à apparaître quand les psychanalystes ont voulu s’attaquer à des troubles psychologiques majeurs comme la schizophrénie et l’autisme. On ne fait pas s’allonger facilement sur le divan un enfant autiste ou un ado schizophrène. Qu’à cela ne tienne se sont dits certains d’entre eux, nous allons psychanalyser les parents ! A vrai dire, plutôt les mères car les pères on rarement consentis à rentrer dans la combine. Et le tour est joué : si l’enfant ne guérit pas, c’est à cause de sa mère ! Il ne reste plus qu’à la convaincre. Et voilà ces pauvres mères, déjà accablées par les problèmes de leurs enfants, rendues, en plus, coupables de leur état.

 Une mère m’a raconté qu’elle avait été convoquée par le psychanalyste de sa fille. Elle en était revenue anéantie. Voici ce qu’il lui avait déclaré : « taisez-vous madame, vous êtes une langue de vipère. C’est vous qui êtes responsable de ce qui lui arrive ! ». Mère, donc forcément coupable ! Beaucoup de parents d’enfants autistes ont eu, à subir de telles maltraitances et quand on lit la longue liste de leurs récriminations on a honte pour la profession de « psy ». Cela a-t’il au moins permis des guérisons ? Sans doute peu. On sait par exemple, aujourd’hui, que les soi-disant miracles du bon docteur Bettelheim, étaient pour la plupart des faux. Ceux qui ont guéri n’étaient pas autistes.

 Alors faut-il jeter la psychanalyse aux orties ? Non, elle a ses indications pour certains troubles de la personnalité et elle a attiré l’attention sur le fonctionnement, largement inconscient, de notre psychisme, ce qui n’est pas rien ! Mais on ne peut laisser certains psychanalystes dire et faire n’importe quoi. Le 5 février 2005, suite aux pressions des lobbys psychanalytiques, le ministre de la santé Douste-Blazy a fait retirer un rapport de l’INSERM (c’était lors d’un congrès de lacaniens). Ce rapport était chargé d’évaluer trois grandes approches psychothérapiques fréquemment pratiquées pour le soin « de troubles caractérisés de l’adulte, de l’adolescent ou de l’enfant : l’approche psychodynamique (psychanalytique), l’approche cognitivo-comportementale, la thérapie familiale et de couple ». Les résultats étaient défavorables à la psychanalyse… en voilà de drôles de médecins qui préfèrent casser le thermomètre plutôt que de soigner le malade ! En France, où habituellement nos beaux esprits sont prompts à prendre la défense de toutes sortes de causes, le silence a été assourdissant. Peur de prendre des coups, de se faire virer ?...

 On peut trouver beaucoup de renseignements sur cette affaire sur le site de l’Association Francophone de FOrmation et de Recherche en THErapie Comportementale et Cognitive

 http://www.afforthecc.org/

 

 

 

 

Allons, mesdames et messieurs les psychanalystes, encore un effort ! La langue de bois n'est-elle pas une forme de résistance ?

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Vendredi 26 mai 2006 5 26 /05 /2006 07:31

Mon fils et ma belle fille m’ont offert, il y a quelque temps, un superbe livre : « L’Afrique mystérieuse : les peuples oubliés de la vallée de l’OMO », du photographe Gianni GIANSANTI, aux éditions GEO. On y voit les jeunes SURMA s’affronter en de violents combats, les « dongas ». Ils sont armés de longs bâtons, dont l’extrémité est sculptée en forme de phallus. Les coups portés provoquent souvent de graves blessures. La mise à mort est proscrite et soumise à une forte réprobation (bannissement). Pourquoi cette violence ? Elle me fait penser aux combats de boxe dont le succès ne se dément pas dans nos civilisations occidentales (voir le fabuleux « king of the world », Cassius CLAY, le féroce Mike TYSON, et les innombrables films qui parlent du sujet : les STALLONE, le tragique « Raging Bull » de SCORCESE avec De NIRO, etc…). Il s’agit, dans les deux cas de violences ritualisées et socialisées. La fonction de la violence est plus évidente dans le cas des guerriers SURMA. D’abord il faut donner un exutoire à l’agressivité de tous ces jeunes gens qui, en déversant ainsi leur trop plein d’adrénaline, troubleront moins la paix du groupe et les alliances intertribales. Il y a une autre raison qui peut paraître surprenante au premier abord. Les SURMA vivent de l’élevage. Richard NISBETT et Dov COHEN ont montré dans leur ouvrage « Culture of Honor » que les cultures violentes se développent, en particulier, dans les sociétés qui sont hors d’atteinte de la loi et où ce qui a du prix se vole facilement. C’est le cas pour certains quartiers de nos villes (avec la drogue comme bien à voler) et c’est également le cas pour ces peuples oubliés de la vallée de l’Omo. Ils vivent essentiellement de l’élevage ( donc d'un bien qui se vole facilement, comme on l’a vu dans de nombreux westerns). Il faut donc signifier aux voleurs potentiels, qu’il auront à faire à forte partie. Ces joutes montrent aux villages voisins, la force et la détermination des membres de la tribu ! On retrouve ces pratiques, sous diverses formes, chez les habitants des hautes terres d’Ecosse, les paysans des Appalaches, les cow-boys de l’Ouest américain, les guerriers masaïs, les indiens Sioux, les hommes des tribus Druses et bédouines, les membres de clans des Balkans (la vendetta albanaise en est une illustration) et chez les montagnards indochinois. Les combats en eux-mêmes sont relativement dangereux, mais les dommages qu’ils peuvent causer sont limités car ils sont ritualisés ; Par contre, la 3ème mi-temps, elle ne l’est pas ! …et les kalachnikov, à la fin de partie, font plus de ravage que les coups de bâton ! Les règles du jeu sont entrain de changer… La violence n’est pas gratuite. Elle existe en chacune d’entre nous et les modalités qu’elle prend pour s’exprimer sont déterminées par l’environnement et les évènements que nous vivons. Ainsi ces jeunes qui brûlent, raquettent et dealent dans les quartiers de nos villes, une fois sortis de leur contexte de non-droit où « ce qui a du prix se vole facilement », peuvent redevenir des citoyens respectueux du droit et des autres. Pas d’angélisme toutefois : ce n’est pas l’environnement qui a causé leur violence, elles est en eux, comme en chacun d’entre nous, il l’a seulement orienté, et dans la mauvaise direction !

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /2006 08:28

Mes collègues psy, surtout les psychanalystes, ont passé des années à expliquer que les parents étaient responsables du caractère de leurs enfants et que s’ils tournaient mal, c’était forcément de leur faute. Ainsi étaient-ils tenus pour responsables des névroses de leurs enfants mais aussi des maladies plus graves comme la schizophrénie. On sait aujourd’hui que la schizophrénie est une maladie largement déterminée par des facteurs génétiques ! Alors que transmet-on à nos enfants ? D’abord nos gènes. Ils sont responsables d’une part importante du caractère de l’enfant. D’ailleurs la première chose que la famille essaie de deviner lorsque l’enfant paraît, c’est « à qui ressemble-t’il ?» Ressemblance physique d’abord -pourtant bien difficile à deviner quelques heures après la naissance- mais très vite on interprète également les démonstrations d’humeur du petit comme étant les manifestations d’une ressemblance au père, à la mère, aux grands-parents…et tout le monde est content. L’on n’a pas tort de l’être car beaucoup de chercheurs estiment que 50 % des traits de caractères sont déterminés par les gènes que nous ont transmis nos parents. Ce qui n’est pas rien ! Pour la petite histoire, certains affirment que, en vieillissant les points communs auraient même tendance à se confirmer. Le comportement de jumeaux, séparés à la naissance et élevés dans des familles complètement différentes, donne à penser (parfois avec des coïncidences très troublantes) que ces chercheurs n’ont pas tort ! D’accord, mais il reste tout de même 50% qui sont bien la conséquence du fonctionnement de la famille ? Les choses ne sont pas aussi simples. S’il en était ainsi, les enfants de familles divorcées ou de mère célibataire seraient des victimes irrécupérables pour une vie adulte normale. Hors en cabinet, les psys justement reçoivent autant d’enfants que la vie semble avoir choyés que d’enfants qu’elle a maltraités ( Ah ! qui dira la longue plainte des filles qui se plaignent d’avoir eu une mère trop parfaite !...). Il est vrai que le divorce peut jouer un rôle ainsi que le fait d’avoir une mère célibataire, mais plutôt d’une façon indirecte : par les problèmes financiers que ces situations imposent, la fatigue supplémentaire, l’alternance des gardes et l’instabilité des repères qu’elle inflige aux enfants, etc…En dehors de ces contraintes (qui ont un certain retentissement), il n’y a pas de différences majeures entre les enfants de divorcés et les autres. Autre indice qui ne plaide pas pour une influence exclusive de la part des parents : il n’y aurait pratiquement pas plus de ressemblance entre des frères et sœurs élevés sous le même toit que pour ceux qui ont été séparés à la naissance et élevés dans des foyers différents (ils ont dans les deux cas la même part de ressemblance due à l’hérédité).Il faut donc chercher ailleurs. Une piste a été explorée en 1995 par un chercheur : SULLOWAY, qui émet l’hypothèse que le rang dans la fratrie joue un rôle. Par exemple, les aînés s’identifieraient plus aux parents, développant une personnalité plus affirmée et deviendraient, en grandissant, plus conservateurs et consciencieux. Les cadets seraient moins soumis à la tutelle parentale et plus ouverts aux expériences nouvelles. En réalité si le rang de la fratrie semble bien jouer un rôle à l’intérieur du cercle familial, ce rôle s’estompe dès que l’on en sort. Voilà peut-être une petite partie des 50% restants expliqués mais qu’en est-il du reliquat ? L’hypothèse la plus audacieuse est venue d’une marginale de la recherche, une obscure rédactrice de manuels psychologiques qui après avoir compilé des tonnes d’articles et de travaux de toutes sortes, s’est dit « mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr… ». Elle a émis l’hypothèse qu’une grande part de la formation du caractère de nos enfants vient de l’influence de leurs pairs. Ils doivent très tôt se tailler une place parmi les autres : les frères et sœurs, mais aussi la classe, les petits camarades, la bande, le groupe… Cette obligation vitale d’intégration sociale dans le groupe a pour conséquence par exemple que, très rapidement, le chérubin n’acceptera plus de porter les vêtements que maman a choisi parce que les autres vont se moquer de lui, etc…

Cette hypothèse a choqué le petit monde des psys mais n’a pas inquiété outre mesure les parents. Si vous voulez en savoir plus vous pouvez lire le livre de Judith R. HARRIS « Pourquoi vos enfants deviennent ce qu’ils sont ? » aux éditions LAFFONT (on peut le trouver d’occasion sur le site de alapage.com). Tout ne me paraît pas convaincant dans ce qu’elle écrit et ma conviction est que l’éducation donnée par les parents n’est pas sans conséquence bien sûr, mais elles est loin d’être la seule source d’influence (comme on peut en voir l’illustration dans le superbe film d’Etienne CHATILIEZ « La vie n’est pas un long fleuve tranquille »). Il est temps que les parents se déculpabilisent un peu. Qu’on le regrette ou non, les parents sont loin d’avoir un pouvoir absolu pour modeler le caractère de leurs enfants ! Rappelons-nous que dans les siècles passés les nobles et les bourgeois ont souvent fait élever leurs enfants par des nourrices et qu’ils ne s’en occupaient que lorsqu’ils étaient déjà grandinets (Cf. Madame de Maintenon et les enfants de Louis XIV).

C’est peut-être ainsi que l’on peut comprendre le poème de Khalil GIBRAN

« …Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier… »

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mardi 13 juin 2006 2 13 /06 /2006 08:04

Parmi les humains qui nous ont précédés seuls se sont multipliés ceux qui étaient les plus aptes à se reproduire dans les conditions d’environnement de leur époque. Nous en sommes les descendants. Il n’y a rien de moral là-dedans. Et même on peut penser que les plus « gentils » ont dû rencontrer beaucoup d’obstacles !  Nous sommes le résultat de cette sélection qui n’a qu’un but, la reproduction, pas l’Amour avec un grand A. Le désir est le moyen inventé par l’évolution (pour nous mais pour les autres animaux également) pour arriver à ses fins. La culture, les relations familiales, le triangle père-mère-enfants viennent compliquer les choses mais ils ne changent pas fondamentalement la donne. L’inconscient, dans les relations humaines, est autant à chercher dans cet arrière-plan qui nous a été légué par l’évolution, que dans les aléas de notre histoire personnelle. La psychologie en général et la psychanalyse en particulier, peuvent apporter des éclairages intéressants mais limités tant qu’elles ne vérifient pas la solidité de leurs intuitions à la lumière de ces forces puissantes et primitives qui agissent en nous. C’est à cet exercice que se livre la psychologie évolutionniste si mal connue en France et l’ouvrage de Jared DIAMOND : Pourquoi l’amour est un plaisir ? On en apprend de belles sur nous-mêmes ! Un peu comme si l’on passait derrière l’écran, comme si l'on visitait l'envers du décor. Lisez-le, mais vous voilà prévenu, après cela vous trouverez beaucoup de  romans fades et insipides.

Alors nous ne serions que des pantins, des marionnettes dépourvus de libre-arbitre ? Cela nous arrive hélas et même souvent ! C’est d’ailleurs le thème de nombreux films et de nombreux romans. Combien d’auteurs se tortillent le nombril pendant d’interminables pages pour en arriver à cette constatation désabusée, comme si une sorte de fatalité, un « fatum » tragique pesait sur toutes les histoires d’amour ? Il en va de même d’ailleurs avec la violence, pour le roman noir, le polar, qui finit toujours mal. Alors il n’y a pas d’espoir, tout est noir, absolument noir et dans échappatoire ?  Heureusement les grands artistes ne se contentent pas de cette description macabre. Ils savent aller au-delà et nous indiquer, à travers les méandres extraordinairement compliqués du cœur et des relations humaines, où est la lueur d’espoir et vers quelle direction il faut aller. L’art commence  !

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /2006 07:05

Les terroristes ont-ils plus de plaisir à tuer que les autres. Il ne semble pas y avoir parmi eux plus de personnalités sadiques que dans le reste de la population. Il sont aveuglés par d’autres illusions, une idéologie savamment mise en place et orchestrée dans leur tête suivant les bonnes vielles recettes de la manipulation des esprits. Il a fallu d’abord déshumaniser l’autre, en faire quelque chose de moins qu’un homme. Cela commence par de grandes campagnes d’opinion, il faut le sataniser, l’extraire de la communauté des humains normaux, des élus, des croyants, des membres du parti, en faire un être sans visage, sans regard, privé de sentiments. Cette campagne est orchestrée, à grande échelle, dans certaines mouvances islamiques aujourd’hui (parfois à l’échelle d’un pays) contre les Américains, contre les juifs, contre les Occidentaux (elle l’a été autrefois, à grande échelle, en Europe, contre les juifs, contre les Protestants, etc. et la haine de l’étranger est encore le fond de commerce de certains partis, en France encore aujourd’hui)… Quand l’autre a perdu son humanité, il faut habituer le futur meurtrier à tuer par des exercices intensifs, progressifs et systématiques. Son imaginaire et sa volonté sont soutenus par des images passées en boucle (par exemple cassettes de victoires sanglantes sur les mécréants, ou l’on voit comment les « frères » font exploser un char russe en Tchétchénie, puis achèvent les soldats à terre en les arrosant de coups de mitraillettes, hurlant « dieu est grand »). Il faut ensuite rendre captif le psychisme du sujet : le couper de toute relation avec les autres (en dehors des séances d’entraînement, il suffit de l’occuper à réciter interminablement des prières). Il faut couper le maximum de liens qui le retiennent encore dans le monde normal. Il ne doit se sentir bien qu’avec ses « frères » et n’éprouver du plaisir que pour la cause (conditionnement par association de stimulus bien connue en psychologie du comportement). Et le moment venu on pourra lui confier une mission dont il ne reviendra pas... Tout ceci est malheureusement très banal. Est-ce que tout le monde peut devenir terroriste ? Presque… Bien que certaines personnalités semblent plus prédisposées que d’autres… perte de repères, sentiment de dépendance (besoin de se placer sous l’autorité rassurante de quelqu’un ou d’une institution comme la bande, l’armée, l’autorité religieuse), narcissisme,… Contrairement à ce que l’o n pourrait penser, les personnalités trop instables ou névrotiques, sont écartées car jugées peu fiables (cas du terroriste français Zacarias Moussaoui). On pourrait répondre de la même façon à la question « les nazis étaient t’ils des monstres ? » On peut être sûr, hélas, que dans les mêmes conditions que celle de l’Allemagne nazie beaucoup de « bons français » auraient agi de la même façon. L’expérience de ZIMBARDO qui a reconstitué les conditions d’une prison, lors d’une expérience à l’université de Stanford, aux USA en 1971, en démonte assez bien les mécanismes. L’expérience de MILGRAM, sur l’obéissance à l’autorité va dans le même sens (on peut avoir un aperçu de cette célèbrissime expérience dans le film « I comme Icare » de Henri Verneuil avec Yves Montand). http://cine.voila.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=24712.html

Vous trouverez également une analyse extraordinaire de pertinence sur le terrorisme islamiste, ses sources, ses enjeux et son évolution, sur le blog de Guy SORMAN :   http://gsorman.typepad.com/

 

Vous trouverez des informations complémentaires particulièrement pertinentes sur le sujet du terrorisme en France, dans l’interview accordée par Stéphane BERTHOMET, il y a déjà quelques mois mais toujours d’actualité, au journal MARIANNE :

http://www.marianne-en-ligne.fr/dossier/e-docs/00/00/4D/A9/document_article_dossier.phtml?cle_dossier=19882

 

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 05:36

Communiquer n’est pas chose facile. Souvent ce que l’on ne dit pas, le fameux « non-dit » des psys, est aussi, ou plus important que ce qui est dit ! il en va de même pour les odeurs. Celles que l’on ne sent pas sont les plus puissantes !

 

Deux types de glandes produisent des odeurs identifiables :

 

-          les glandes écrines qui produisent la sueur avec une odeur facilement reconnaissable

 

-          les glandes apocrines situées sur les paupières, les aisselles, les bouts des seins et leurs aréoles et sur les zones génitales et anales.

 

Les glandes apocrines produisent une odeur plus forte et plus grasse que les écrines. À notre époque on la considère comme étant plutôt repoussante et on cherche par tous les moyens à la supprimer (cela n’a pas été toujours le cas bien sûr !). Beaucoup de personnes estiment que l’odeur de l’autre est « intrusive » et attaque notre sacro-sainte bulle d’intimité ! C’est ainsi que le marché des déodorants est devenu une industrie florissante !

 

Mais nous produisons un autre type d’odeur avec nos glandes apocrines, indécelable consciemment : les phéromones. Chez les animaux, les phéromones interagissent directement avec les hormones sexuelles. Ainsi le verrat émet une odeur qui met la truie en  demeure de copuler. Inversement, ce sont les femelles chez les tortues et les hamsters qui ensorcellent les mâles avec une phéromone (ce ne sont pas les mâles tortues qui prennent l’initiative, comme pourrait le laisser penser leur ardeur impressionnante).

 

Qu’en est-il pour les humains ? Nous émettons des phéromones dont nous n’arrivons pas à déceler l’odeur consciemment et ces phéromones jouent un rôle sexuel. Cependant le résultat est loin d’être aussi automatique que chez l’animal, cela n’empêche qu’il soit puissant, d’autant plus qu’il agit dans la plus parfaite inconscience ! De nombreuses expériences ont été menées pour comprendre le rôle de ces mystérieuses odeurs. En voici une menée sur un panel de 52 personnes : les hommes doivent classer des chemises de nuit portées par des femmes pendant leur période d’ovulation (où elles sont fécondes) ou en dehors de cette période. Le résultat est massif, les hommes apprécient dans leur grande majorité l’odeur des chemises portées pendant la période d’ovulation (« odeur sexy »). Cela signifie que les femmes émettent pendant cette période une phéromone (rappelons qu’elle n’est pas décelable consciemment) qui incite les hommes à avoir des rapports sexuels ! Ok ! est-on tenté de dire, mais est-ce que ça marche vraiment ? Une autre expérience, menée en double aveugle (en 2000) est éloquente. On ajoute au parfum habituel de certaines femmes participant à l’expérience une phéromone sexuelle. Pour d’autres femmes( celles du double aveugle) rien n’est ajouté. Bien sûr personne ne sait si le parfum a été modifié, cela sera découvert seulement à la fin de l’expérience. Résultat : les ¾ des femmes qui portaient le parfum modifié ont, à la fin de l’expérience, notablement augmenté leurs activités hétérosexuelles ! Comme chez les animaux, la phéromone sexuelle incite les humains à avoir des rapports sexuels pendant la période la plus favorable à la fécondation. A vrai dire cela n’a rien de surprenant (c’est le contraire qui le serait !) mais cela nous déstabilise toujours un peu de voir que nous sommes des animaux (presque) comme les autres !

 

Dans une autre expérience classique et déjà ancienne, on pulvérise de l’androstérone (parfaitement inodore consciemment) sur des chaises dans une salle d’attente. Résultat : les femmes ont tendance à venir s’asseoir sur ces chaises et les hommes ont plutôt tendance à les éviter !...

 

Le film, tiré du roman de Patrick Süskind : « le parfum » traite un peu ce sujet, mais, hélas, il ne semble pas être à la hauteur du roman ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Parfum

 

 

NB : on m’a demandé ce que signifiait « ppp 06» dans le titre : cela signifie : « petite psychologie de poche », et 06, car c’est la 6ème chronique de psychologie sur ce blog.

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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