On connaît Du Bellay par son fameux poème "Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage..." mais on
connaît moins sa chanson du vanneur de blé, moins empreinte de nostalgie, légère, sautillant sur un rythme à six pieds, presque guillerette, ce qui est bien inhabituel chez ce poète
angevin du XVIème siècle.
Qui d'aile passagère
Par le monde volez,
Et d'un sifflant murmure
L'ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J'offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

Eventez cette plaine,
Eventez ce séjour;
Cependant que j'ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.
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