Lundi 7 juillet 2008

On connaît Du Bellay par son fameux poème "Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage..." mais on connaît moins sa chanson du vanneur de blé, moins empreinte de nostalgie, légère, sautillant sur un rythme à six pieds, presque guillerette, ce qui est bien inhabituel chez ce poète angevin du XVIème siècle.

Ô vous troupe légère
Qui d'aile passagère
Par le monde volez,
Et d'un sifflant murmure
L'ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J'offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Eventez cette plaine,
Eventez ce séjour;
Cependant que j'ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.
par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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Vendredi 13 juin 2008
On ne se lasse pas de lire et de relire certains poèmes, c'est le cas pour ce texte de Ronsard écrit il y a plus de 4 siècles :

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.


Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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Samedi 15 mars 2008
Ronsard termine son beau poème sur la forêt de Gastine par un vers étonnant sur la transformation de la matière : « la matière demeure et la forme se perd. » Le célèbre chimiste LAVOISIER affirmera deux siècles plus tard : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Lavoisier

Il est fort probable que l’un et l’autre aient emprunté cette pensée à un philosophe grec du Vème siècle avant notre ère : Anaxagore de Clazomènes, véritable initiateur de la théorie atomique de l’univers (que Démocrite développera par la suite) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anaxagore_de_Clazom%C3%A8nes .

Anaxagore est mort à Milet (près d’Izmir, dans l’actuelle Turquie), l’un des plus beaux sites de la Grèce antique :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Milet  

Si vous allez en Turquie, n'oubliez pas Milet (il n'est pas souvent proposé par les tour operator) ! L'amphithéâtre est grandiose…_milet02.jpg

La visite présente d’autant plus de charme que les autorités turques n’ont pas aménagé le site. On peut s’y promener en toute liberté. Des vaches paissent et ruminent paisiblement parmi les ruines… un berger à cheval surveille nonchalamment le troupeau et pose pour les photographes. Des colonnes, des pierres taillées, des volutes sculptées surgissent de l’herbe et de l’eau stagnante…On a l’impression d’être les premiers à découvrir l'endroit !

 _milet01.jpg

 

L’extrait du poème de RONSARD : 


Que l'homme est malheureux qui au monde se fie !
Ô dieux, que véritable est la philosophie,
Qui dit que toute chose à la fin périra,
Et qu'en changeant de forme une autre vêtira !

De Tempé la vallée un jour sera montagne,
Et la cime d'Athos une large campagne ;
Neptune quelquefois de blé sera couvert :
La matière demeure et la forme se perd.

par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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Mercredi 12 mars 2008

Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?

Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.

Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,
Enflant son flageolet à quatre trous percé,
Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,
Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette.

Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;
Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois,
Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue...

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 Peut-être avez-vous appris à l’école
ce poème de  Ronsard (1524-1585) ?
Les références à la mythologie ne sont
plus à la mode, mais la beauté du style
est toujours là ! On ne peut être qu’étonné
par la modernité, presque écologique,
de cette préoccupation de Ronsard,
de vouloir préserver des sites naturels
dans cette France du XVIème siècle.
A leur manière, les poètes ont souvent raison avant les autres !

La forêt de Gastine dont parle RONSARD est située dans le Loir et Cher.
Il en reste encore un tout petit morceau, près d’un étang. Quatre cents ans
après l’élégie du poète, une décision a été prise pour protéger le site :
http://www.centre.ecologie.gouv.fr/Zonages-Nature-pdf/Sites/41/SI_etangs_de_gatines.pdf

par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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Samedi 23 février 2008
 Je vous envoie un bouquet que ma main
 Vient de trier de ces fleurs épanies ;
 Qui ne les eût à ce vêpre cueillies,
 Chutes à terre elles fussent demain.

roses_ronsard.jpg
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de temps cherront toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.

 
 Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame ;
 Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
 Et tôt serons étendus sous la lame ;

 

 Et des amours desquelles nous parlons,
 Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.
 Pour c'aimez-moi cependant qu'êtes belle.

Le sentiment de l'amour et du temps qui passe merveilleusement réunis chez Ronsard ! Si vous souhaitez en savoir plus sur le fameux "carpe diem", sujet de nombreuses dissertations au lycée, allez voir le site "bac-facile" à l'adresse suivente : http://www.bac-facile.fr/Ronsard/sonnetamarie.php

par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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Jeudi 14 février 2008
C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondesundefined
Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent Ils ont le coeur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent des voixmouettes_pardeux.jpg
Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant
 Ces vers d'Aragon sont extraits du recueil "Les yeux et la mémoire"
par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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Jeudi 8 novembre 2007

Catherine me propose de publier ce poème. C'est avec plaisir que je le fais.

L’automne de la vie arrive sans crier gare

Tout passe si vite, la jeunesse s’enfuie

On ne s’en rend pas compte

Restée fidèle à moi-même, loyale, droite, sans compromis

Sans jamais renier mes idéaux, je me retrouvais seule

 

 

Pas seule d’amitié, ou de tendresse mais seule dans mon cœur

Sans avoir trouvé l’âme sœur.

 

 

Et la vie passe, me donnant des joies immenses,

Des chagrins aussi, comme tout le monde

Et du bonheur, mes garçons si magnifiques

 

 

La vie passe, je me fais une raison,

Je ne trouverais pas l’âme sœur, le bien aimé

L’attendu

Tant pis, j’ai eu ma part de bonheur… je me fais une raison

Et dans la paix de mon cœur, je me prépare à être une grand-mère

Douce, et épanouie

 

 

Et voilà, qu’un jour de printemps

Une hirondelle se pose dans mon jardin

Emplie mon cœur, mon âme de sa lumière de sa tendresse

Mon univers change de dimension

TU ES LA POUR MOI

 

 

                                                                                  Catherine Giraud

                                                                                  Pour Philippe Mon Prince du Désert

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Mercredi 7 novembre 2007

Victor HUGO a tout fait. Il a surtout écrit et écrit sur tout, souvent avec bonheur. Voici un court poème sur l'automne :

Voici que la saison décline,

L'ombre grandit, l'azur décroît,

Le vent fraîchit sur la colline,

L'oiseau frissonne, l'herbe a froid.

  Août contre septembre lutte ;

L'océan n'a plus d'alcyon ;

Chaque jour perd une minute,

Chaque aurore pleure un rayon.

  La mouche, comme prise au piège,

Est immobile à mon plafond ;

Et comme un blanc flocon de neige,

Petit à petit, l'été fond.

par alain barré publié dans : Poèsie d'ici et d'ailleurs...
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