Dimanche 11 septembre 2011
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Je ne sais pas si on lit encore MALRAUX, l'auteur d'un remarquable roman prix Goncourt en 1933, "la condition
humaine" qui raconte un épisode sanglant de la révolution chinoise lors de la prise de Shanghaï par les troupes de Tchang Kaï-Chek en 1927 ?
Cet auteur prestigieux restera peut-être connu du grand public plus par le titre d'une chanson que par les livres qu'il a
écrit ? En 2001, Alain SOUCHON a repris une phrase extraite du roman "Les conquérants" et en a fait le titre d'une chanson ainsi que le titre d'un album. Tout le monde la connaît : "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie".
Il l'a légèrement modifié, remplaçant l'article indéfini "une" par
l'article défini "la", ce qui lui confère une valeur universelle. La phrase originale prononcée par Garine dans le roman "les conquérants"
est : "Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie"
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Samedi 30 juillet 2011
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Alain LEBEAU m'envoie un poème inspiré par la tuerie d'Oslo. Vous le trouverez ci-dessous ainsi qu'un extrait de l'interview de l'auteur
de la tentative d'assassinat de Chirac en 2002.
A tous les croisés qui s’ignorent ou se reconnaissent…
Mon
frère
Mon ami mon voisin
Toi l’inconnu qui
Naïvement
Sciemment
Cruellement
Ensemença partagea diffusa
La
haine
Toi qui croyais purifier le monde
Par le glaive la croix ou la bannière
Toi qui bénissais les bombardiers
Brandissais la guerre sainte
Maudissais sous la cagoule
Arrête
Arrête tout
Il est né le fils de celui qui chanta dans les supplices
En Norvège en Arabie en Somalie
Il a froid dans le dos
Il a chaud sur les cendres
Il a faim
Il a soif
Il veut vivre
Mon frère mon ami mon voisin
Toi l’inconnu
Le même le différent
Reconnais-toi toi même
Viens chanter dans les fêtes arc en ciel
alain lebeau, juillet 2011
" ...Quand vous prenez votre décision de passer à l'acte, un compte à rebours s'engage dans votre tête. Pour moi ça c'est décidé le 10 mai 2002. J'étais seul
dans ma chambre. Mes yeux se sont posés sur le calendrier de la poste punaisé au mur. J'ai vu la date du 14 juillet. Je me suis dit : je vais leur gâcher la fête. Puisque personne ne m'aimait,
tout le monde aurait des raisons de le détester. Vous vous détester et vous vous voulez que les autres vous détesternt. Je ne pourrai jamais être heureux avec vous et je vais vous le prouver.
Apparemment chez Breivik, il y a la même haine de soi. Je retrouve aussi chez lui ce même isolement. L'impression d'être tombé au fond d'un puits (... )J'avais raté ma vie, je voulais réussir ma
mort !" (Brunerie, auteur de "Une vie ordinaire")
Alors quelle version est la bonne ? Celle du facho ou du narcisse avide de reconnaissance. Brunerie a
un précédent célèbre dans l'histoire, l'incendie du temple d'Artémis à Ephèse, en 356 avant JC. L'incendiaire était en quête de réconnaisance et de célébrité. Le passage à l'acte de terreur peut
avoir plusieurs raisons, psychologiques ou politiques. Les deux peuvent être présentes. Pour Brunerie, les motivations semblent bien être essentiellement psychologiques, pour Breivik, qui a été
classé d'emblée "facho d'extrème droite", il est fort possible que la part psychologique soit également très forte ?
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mercredi 13 juillet 2011
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06:03
La fin
Je comprends
Il faut bien en finir
Avec ce cœur qui bat
Sans toujours savoir pourquoi
Mais le début
Avant la petite graine du papa
Dans le ventre de la maman
Avant le singe le poisson la bactérie
L’explosion de tout
De rien
Avant Dieu
Je ne comprends plus alors je regarde après
Après ce cœur inerte
Cette chair décomposée
Ces os en ossements
Et plus rien
Qu’un souvenir parfois
Dans les cœurs qui battent encore
Il est cinq heures
Je ne peux pas me rendormir
La pluie goutte à goutte sur le jardin
Sur le coquelicot brûlé par le soleil d’hier
La mer se lève
Je la sens se rapprocher
Le vent s’insinue dans la voilure ferlée pour la nuit
Le jour se hisse dans les haies de cupressus
C’est l’heure de la ronde du matin
A l’hôpital
Des yeux qu’on ferme
Des stores qu’on ouvre
Je ne veux pas me recoucher
Trop heureux de ce jour de plus
Avec mon coquelicot
Même si ne je comprends pas
Pourquoi ce goéland solitaire continue de crier
Sur le lampadaire allumé en plein jour
Alain Lebeau, Dans « la mer se noie », 12 juillet 2011
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mercredi 15 juin 2011
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06:13
Libres, libres pensons-nous être
Nous le crions, nous le chantons à tue-tête
Libres, libres comme ne l’ont jamais été nos ancêtres !
Avec vanité nous déclarons
Ne plus avoir jamais à nous soumettre
A aucune dictature
Ni celle de la nature
Ni celle des puissants
Et nous jetons un regard condescendant
A nos parents qui ne pouvaient
Que se soumettre ou se démettre
Et nous fanfaronnons
Sur youtube et internet
Fiers de nos incroyables victoires intellectuelles
Véritables apothéoses virtuelles !
Libres, libres pensons-nous être
Nous le crions, nous le chantons à tue-tête
Libres, libres comme ne l’ont jamais été nos ancêtres !
Pauvres sots qui ont pris la grosse tête
Et qui croient que la liberté se décrète !...
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mardi 5 avril 2011
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/Avr
/2011
06:35
Je ne trouve nul autre abri qui me préserve
de voir mes sentiments à tous trop exposés
mes gestes dépourvus de la moindre allégresse
disent trop clairement combien je me consume
Je crois que maintenant les collines, les plaines
les bois et les rivières savent quelle est ma vie
que je voudrais garder secrète aux yeux d'autrui
mais je ne saurais trouver chemins si difficiles
ni si désolés, qu'ils n'empêchent l'amour
de venir avec moi sans cesse deviser.
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Lundi 4 avril 2011
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06:57
Fontaine de Vaucluse est situé près d'Avignon. Ce village doit son nom à l'une des résurgences des plus belles en
Europe. Le puits d'où jaillit la source d'eau fraîche s'enfonce jusqu'à une profondeur de 305 m ! Le lieu est connu depuis l'antiquité et on y a trouvé des centaines de pièces jetés par des
pélerins qui venaient y faire un voeux.
Autour des années 1939, le poète Pétrarque y séjourna. Il rencontra la belle Laure de Sade en Avignon (alors ville
papale) et ce fut le coup de foudre ! Ce coup de foudre - resté bien platonique semble-t-il - fut pour Pétrarque, comme pour Ronsard chantant sa belle Hélène, prétexte à de beaux vers qui en
firent l'un des plus célèbres poètes en Italie.
C'est dans la petite maison de Fontaine de Vaucluse où il se réfugiait, fuyant les fastes de la cour papale, que
Pétrarque écrivit ses Canzoniere. Dans le petit musée qui lui est consacré on peut trouver quelques uns de ces poèmes imprimés sur du papier fait main comportant des inclusions de pétales.
Seul et pensif à travers les champs désolés
je marche lentement d'un pas grave
et je détourne au loin mes yeux, fuyant
tout lieu marqué d'une empreinte humaine....
(à suivre...)
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mercredi 5 janvier 2011
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06:27
J'en ai tant vu qui s'en
allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère
J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi
Ce qu'on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme
Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond
Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J'y crois aussi moi par moments
Comme l'alouette au miroir
J'y crois parfois je vous l'avoue
A n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous
A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable
J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez
Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche
Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens
Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile
C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Lundi 22 février 2010
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Henry CANAAN écrit de la poésie avec des mots de tous les jours. Des alexandrins, peu de rimes mais du rythme, des phrases comme des refrains qui parlent des
bonheurs et des malheurs des gens ordinaires....
" Chanter la vie pour éviter de la pleurer
Crier la vie pour éviter de la subir !
Voilà la façon qu'a choisie un petit mec
Pour vous narrer l'existence de p'tites gens,
Ceux que l'on croise souvent sans jamais les voir
Non parcequ'ils sont de petites tailles
Mais ils semblent tellement insignifiants...."
"Qui peut vraiment aimer une solitude
Vous savez ce truc qui vous laisse à l'écart !
Parfois il m'arrive de faire un p'tit tour
Avec quelques voisins tout en bas de la cour
En murmurant ou sifflotant des paroles
Que seuls nous pouvons entendre et comprendre
Tous ces petits discours ne mènent nulle part..."
Henry CANAAN a aussi quelques mots définitifs sur la télé
"Hier, j'ai regardé la télé
Sans voir qu'elle était en panne !
Je me suis installé confortablement
Devant cette merveille, tout noir d'écran !
Pigmenté d'une série de points neige
J'ai dit, voilà un programme de fête !..."
On peut se procurer le recueil d'Henry CANAAN "Fresque inachevée", chez l'auteur henrycanaan@gmail.com, 12,50 € plus frais de
port.
Une dédicace sera faite le samedi 20 MARS de 14 H 00 à 18 H 00 à la bibliothèque Emilliénne Leroux, 21 rue Charles
44100 Nantes
Par alainbarresfr@sfr.fr
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