- Les utopistes qui pensent que les hommes peuvent s’améliorer, il suffit pour cela d’améliorer les conditions dans lesquelles ils vivent.
- Les tragiques qui pensent que le fond de l’homme est noir et qu’on ne peut lui faire confiance. Il faut donc d’abord l’empêcher de nuire en établissant des lois qui restreignent sa liberté et la limitent là où commence celle des autres.
- Les extrémistes qui se sentent exclus du système et qui sont contre, contre leur propre malheur et leur ressenti d’exclusion en premier, et, indirectement, contre la démocratie et ceux qui la dirigent. Ils ne perdent pas tout espoir et participent tout de même à cette démocratie qu’ils peuvent aussi contribuer à détruire.
Les deux grands partis ont d’abord un intérêt commun : le maintien de la démocratie. Mais Ils ont aussi des divergences qui correspondent à leur situation dans la société et au tempérament de chaque individu.
- Les gens de droite font plutôt confiance au marché en pariant sur le fait que l’égoïsme de chacun sera compensé par l’égoïsme des autres.
- Les gens de gauche aspirent plutôt à la justice et à la solidarité et comptent sur l’intelligence et le coeur de chacun pour y parvenir.
- Les gens de gauche pensent plutôt que les voleurs et les criminels ne sont pas “méchants” en eux-mêmes, mais que la société les a rendus tels et qu’il faut donc changer la société, “changer la vie” !
- Les gens de droite pensent que si les voleurs attaquent les banques ce n’est pas à cause d’une enfance malheureuse, c’est tout simplement parce qu'il y a de l’argent dedans et qu’ils veulent se l’approprier !
- Les gens de gauche pensent que la guerre est due à l'injustice et à l’avidité de certains et qu’il faut donc oeuvrer pour le désarmement, développer la justice et faire des manifestations pacifiques.
- Les gens de droite pensent que la guerre est dans la nature des hommes qui y trouvent une occasion efficace de s’approprier le bien d’autrui et de s’enrichir. Pour empêcher la guerre, il faut donc en “augmenter le prix”. “Si vis pacem para bellum” (Si tu veux la paix, prépare la guerre).
Ainsi, sur de nombreux domaines, gauche et droite présentent des visions différentes, apparemment antagonistes mais, dans le fond, plutôt complémentaires. Ce qui justifie l'alternance. Ce n’est que lorsqu’elles sont poussées vers leurs extrêmes que ces visions deviennent incompatibles !
Pour durer une démocratie a besoin d’une gauche et d’une droite intelligentes qui sachent analyser la situation et ne pas laisser se développer l'abstentionnisme ou l'extrêmisme d’une façon inconsidérée.
