le blog alain-barre par : alain

CHENGDE est situé à 250 Km au Nord de Pékin. C’est peu mais suffisant pour que l’été y soit moins étouffant (« Chengde » signifie en chinois « fuir la chaleur ») et qu’un empereur y fasse construire un immense palais d’été au début du XVIIIe siècle. En réalité, cette capitale d’été avait aussi une fonction politique majeure : le contrôle des minorités nationales. C’est pour cela que l’on trouve à Chengde des reproductions de bâtiments célèbres dans l’empire : la réplique du Potala (le palais tibétain de Lhassa) en est l’exemple le plus frappant.

En Chine, le train est un moyen de déplacement pratique, sûr et lent (4 H pour 250 Km). Deux classes comme en France, l’une avec des « places molles » et l’autre avec des « places dures ». Pour les trains couchettes, il en va de même.

Les effets de la modernisation, dans cette ville de 240 000 habitants, sont moins sensibles qu’à Pékin, parfois j’ai l’impression de me retrouver en Inde. Même nombreux petits commerçants, tôt levés et tard couchés, qui vendent des légumes sur le bord du trottoir des épis de maïs prêts à croquer, des brochettes diverses, de la viande,…

La plupart du temps, ces petits commerçants augmentent leurs prix pour les étrangers. Il faut alors négocier pour le ramener à un niveau raisonnable. Quand la transaction est conclue, sans qu’il y ait eu marché de dupes, tout le monde est content et ils ne sont pas avares de sourires !

On trouve aussi des rues anciennes, animées, envahies par un bric-à-brac indescriptible et des immeubles mal entretenus. On comprend que les Chinois aspirent à aller dans les constructions modernes qui se développent en périphérie de la ville.  Moins de poésie, mais plus de confort et de salubrité… Comme chez nous, les problèmes apparaîtront peut-être dans 20 ou 30 ans avec la prochaine génération qui n’aura pas connu les conditions de vie antérieure ?...

Le soir, dégustation d’un plat typique « la fondue mongole ». Une marmite de bouillon est installée au milieu de la table sur un réchaud. Des tranches fines de viande, du tofu (à base de soja), des légumes, des champignons, des pâtes sont mises à disposition des convives qui font cuire tous ces ingrédients dans la marmite, au fur et à mesure des besoins…  C’est délicieux, parfumé, plutôt léger (pas de matière grasse pour la cuisson) et très convivial !...

Après le repas, balade dans les rues : des gens dansent, jouent de la musique… sur une place, un petit opéra de Pékin s’est reconstitué avec musiciens et chanteurs,…

L’air est doux et saturé d’humidité…Quelques grosses gouttes de pluie font rentrer tout le monde à la maison !...

Jeu 12 nov 2009 4 commentaires
Comme d'hab' belles photos! Mais d'où tiens tu que "Chengde" signifie "fuir la chaleur"? Le caractère "cheng"承 signifie "soutenir, supporter", ou "prendre en charge" ou encore "hériter de".
Quant à "de" 德 celà peut être la vertu, la moralité, la volonté, la bonté.....
Si tu es sur de ta source, il y a un mystère à éclaircir!  
jean-marie - le 12/11/2009 à 07h36
Merci Jean-Marie. C'est le guide Michelin "Pékin, voyager pratique" qui donne cette traduction : " Chengde, l'ancienne Jehol, doit sa prospérité à l'empereur Kangxi, de la dynastie des Qing, qui décida d'y installer ses quartiers d'été pour fuir l'atmosphère étouffante de Pékin en été. Le nom de la ville signifie littéralement "fuir la chaleur !" (p.227)
ab
alainB - le 12/11/2009 à 08h34
Merci pour ton reportage passionnant.
Il semble se dégager une "joyeuseté" et une liberté , notamment dans les parcs. Est-ce du à mon interprétation ou est-ce quelque chose que tu as ressenti? cela ne correspond pas à l'image que je me fais de la Chine...
marie - le 12/11/2009 à 10h28
Les chinois que j'ai rencontrés étaient en vacances pour un certain nombre d'entre eux (1 semaine de congé à l'occasion de la fête nationale). Ceux-là ont les moyens de voyager et le contact est facile et agréable avec eux. Les petits commerçants, surtout ceux rencontrés sur les trottoirs, sont pauvres, mais cela ne les empêche pas d'aimer le contact (après avoir essayé de vous estamper !) et d'être très sympathiques...
La Chine s'ouvre à la mondialisation et au monde. Elle ne porte plus l'uniforme bleu de chauffe de l'époque Mao, la jeunesse est curieuse de savoir ce qui se passe dans le reste du monde ...On travaille dur, très dur même et les salaires sont souvent bas, mais les gens me paraissent être fiers de leur pays ! L'absence de démocratie est sûrement ressentie, mais je crois que si les citoyens pouvaient s'exprimer plus librement, ils réclameraient d'abord plus d'argent (de bien-être) et peut-être plus de justice. "Plus de justice", c'est ce que réclame en priorité pour son pays,  le célèbre écrivain chinois, Yu HUA, auteur du best sellers "Brothers". Je suis de son avis. Si les procès ordinaires (nombreux) sont moins truqués, c'est une façon de faire progresser la démocratie par la pratique et par la base plutôt que par une élite intellectuelle seulement.
ab
alainB - le 12/11/2009 à 12h26