le blog alain-barre par : alain

pyracanthaDans la cuisine, les voix reprirent :

‑ On sait que t'as vendu deux Mercedes aujourd'hui, de la main à la main. T'as pas eu le temps de planquer le pognon à la banque .

‑ Je n'ai rien, tout est à la banque.

‑ On connaît tes magouilles, arrête de nous prendre pour des cons ! où est le fric ?

 Une volée de coups s'abattit sur l'homme. Le corps de l'enfant se raidissait dans les bras de Léa à chaque coup que recevait son père. Soudain il se tourna vers elle. Son visage exprimait une souffrance indicible. De grosses larmes silencieuses roulaient sur ses joues.

 - Léa, empêche-les de faire du mal à mon papa !

Mais que pouvait‑elle faire maintenant ?

- Léa, répéta le garçon, empêche les de faire mal à mon papa !...

 Sans trop savoir ce qu'elle allait entreprendre, elle s'approcha de la porte de la cuisine. Elle entendit l'un des bandits.

- On en tirera rien. Ca suffit comme ça. On a suffisamment perdu de temps. Il faut se tailler.

Elle regarda par le trou de la serrure. L'un des bandits sortait un couteau de sa poche pendant que l’autre bâillonnait le prisonnier…

 C'est maintenant qu'il faut intervenir, se dit‑elle, après, il sera trop tard, mais en même temps elle se sentait désemparée et impuissante. Tout était allé trop vite depuis qu'elle avait franchi le seuil de sa maison.

 

 Dans sa tête quelque chose hurlait. « Non ! il ne faut pas que le père de David meure, il ne faut pas que le père de ce petit garçon que j’ai senti contre moi, tout à l'heure si doux, si confiant ne meure !... » L’esprit traversé, comme en accéléré, d'une multitude de pensées confuses, elle promena lentement son regard autour d'elle…

Mer 27 jan 2010 Aucun commentaire