le blog alain-barre par : alain
Elle essayait de comprendre ce que lui disait le père du petit David, mais les mots semblaient couler sur elle sans vraiment l'atteindre.
Elle était hypnotisée par les lèvres de cet homme. C'était si bon de se laisser bercer par cette voix profonde chaude comme l'était celle de son père quand il venait lui raconter une histoire le
soir dans son lit. Elle ferma les yeux. Pourquoi était‑elle aussi émue ? Elle n'avait jamais connu un tel trouble en présence d'un homme depuis des années. Etait‑ce dû à cette langueur bizarre
qu'elle ressentait dans tout son corps après les moments d'intense émotion qu'elle avait subi. Tout à coup elle sursauta : "Oh ! je ne suis pas présentable. Pas coiffée, pas maquillée, avec
ma vieille robe de chambre !"
Puis elle eut une pensée parfaitement idiote, dont elle aurait eut honte en toute autre occasion, elle se souvint d'une fanfaronnade du chef du personnel disant qu'une femme dans un tel état abandon était parfois plus désirable...
Enfin, elle reprit tout à fait ses esprits et tout ce qui s'était passé lui revint à la mémoire d'un coup. Elle se redressa brusquement, referma nerveusement le col de sa robe de Chambre et s'exclama
‑ Oh ! Je suis partie en laissant la maison ouverte. Il faut que j'y cours immédiatement. Tous mes verrous sont ouverts...
Elle essaya de poser le pied par terre. Mais elle dut se rendre à l'évidence : ça tournait encore beaucoup trop !
‑ Ne vous cassez pas la tête, madame, lui dit l'homme en posant une main apaisante sur son épaule, je vais m'en occuper.
‑ Casse toi pas la tête Léa, répéta le petit gardon. Mon papa il va s'en occuper. Et il grimpa sur le lit à côté de Léa, se pelotonna contre elle, mit un pouce dans sa bouche et ... s'endormit !
Recrue de fatigue et d'émotion, Léa le suivit bientôt dans le domaine des rêves !...
Bonne soirée Alain et bon dimanche