Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Articles avec #caravage - genie imparfait catégorie

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
En 1594, CARAVAGE peint un tableau qui connaît un grand succès et sera souvent imité : la diseuse de bonne aventure .Les gitans étaient déjà nombreux en Europe à l’époque de Caravage. Ils viennent du nord ouest de l’Inde mais l’imaginaire populaire leur attribue une origine mythique, en particulier égyptienne qui est à l’origine du mot gitan. Ils avaient la réputation de lire l’avenir dans les lignes de la main et l’on attribuait aux gitanes un grand pouvoir de séduction. Ils avaient également la réputation de commettre de petits larcins, ce qui était un péché, comme il était un péché de chercher de vouloir se faire prédire son avenir. Ils sentaient donc le soufre et le sentiment de transgression qu’ils suscitaient les rendaient d’autant plus attirants ! Ils étaient l’objet d’images, de contes, de pièces de théâtre. Il n’est donc pas étonnant que Caravage se soit intéressé à ce sujet populaire.
Comme d’habitude, il ne va pas se contenter de peindre platement le thème. Il va le pousser dans ses extrêmes. La gitane est une séduisante jeune femme, bien habillée, alors que dans la réalité elles étaient en haillons. Elle est censée lire les lignes de la main du jeune soldat mais, au lieu de cela, elle le fixe dans les yeux d’une façon insistante. Le jeune homme prend cela pour une invite amoureuse et, lui aussi, ne la quitte plus des yeux !
_1594-diseuse-BA.jpg
1594-diseuse-BA-detail2.jpg
Pendant cet échange hypnotique de regards, la gitane qui tient avec une extrême délicatesse le poignet du soldat, subtilise son anneau en le faisant glisser avec son majeur, pendant que les autres doigts caressent la main pour faire distraction.
1594-diseuse-BA-detail.jpg
L’amour, la tromperie, la séduction, la fatuité prise au piège, tous les éléments de l’imaginaire autour des gitans sont réunis dans cette petite scène de genre où les personnages deviennent le prétexte à une réflexion psychologique sur l’homme.
De nombreux artistes reprendront le thème en s’inspirant de Caravage (Simon VOUET par exemple) mais Caravage est le seul à dépasser l’anecdote pour en faire une scène d’une portée universelle.
Caravage lui-même fera une copie de son tableau en 1595. Les personnages sont plus grands et leurs expressions sont moins subtiles. Le premier est un chef d’œuvre qui nous parle encore aujourd’hui, le second est une scène de genre réussie.
_1595-diseuse-BA.jpg
J’ai refait cette scène avec les élèves de l’atelier théâtre de la Communauté de communes de Pornic, chacun essayant d’exprimer, avec talent ,les sentiments des deux protagonistes. En voici deux photos (sur les nombreuses photos réalisées avec 13 couples délèves).
10photomontage03OK.jpg04photomontage04OKpluscontraste.jpg

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
La mort de la vierge, 1605-06
Caravage-La-mort-de-la-Vierge.jpg
La vierge meurt, entourée des apôtres et de Marie-Madeleine. Son visage est blafard, son ventre est un peu gonflé, ses pieds nus sont sales. Comme souvent, Caravage mêle vêtements antiques et vêtements de son époque pour faciliter la compréhension du sujet !
Elle n’entre pas dans une « dormition » idéalisée comme le voulait la légende et, après le bannissement de Caravage, ses ennemis firent courir le bruit qu’il s’était servi d’une prostituée comme modèle pour Marie, la mère de Jésus ! En réalité, il est fort probable qu’il ait pris une courtisane et qu’il ait typé son visage. La cabale finira par tellement décontenancer les « Carmes déchaussés » qu’ils refuseront le tableau au bout de quelques mois (Rubens qui était éblouï par le talent de Caravage, le fera acquérir aussitôt par le duc de Mantoue).
La scène représentée n’a en  soi rien de divin. C’est d’abord la mort d’une mère entourée de ses proches et chacun se laisse aller à l’expression de sa douleur. Seul le rideau un peu théâtral semble relever le niveau au-dessus du sort commun…
J’en ai fait une reconstitution en me limitant aux personnage eux-mêmes.
1606-mort-vierge.jpg
 
1606-mort-vierge-detail-copie-1.jpg

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

 

Saint Jérôme écrivant,1606
St-Jérôme était, fin du 16e, début du 17e siècle, un personnage emblématique de la contre réforme. Au 4e siècle il avait traduit la bible en latin la rendant accessible aux érudits de son époque. Il était l’image du savant associant humanisme et religion. Caravage en peindra 6 versions dont 3 ont été conservées. La première version a sans doute été peinte à Rome, en 1605 (musée de Montserrat), avant le duel fatal qui l’amènera à fuir de ville en ville.
Le personnage qui a servi de modèle est le même que pour le St Pierre de la « Mort de la vierge, datée de 1605-06 également. Caravage utilisera souvent ainsi, d’une toile à l’autre, les mêmes modèles.
1605-st-jerome-montserrat.jpg
La version qui me paraît la plus intéressante est la seconde. Caravage, peut-être plus libre que dans la période de fuite incessante qui suivra, ose sortir du strict contexte religieux pour s’ouvrir à une réflexion humaniste.
 
1606-st-jerome-ecrivant-borghese.jpg
  La composition est étonnamment symétrique : deux crânes se partagent la lumière de chaque côté de la table. Le crâne fait référence aux peintures de « vanités » courantes à l’époque, destinés à rappeler que nous sommes mortels et que toutes nos prétentions sont vaines ! Notre vie ne tient qu’à un fil, elle est « un souffle léger, une vapeur éphémère ».
Tout semble mouvement fébrile dans ce tableau : la main de st Jérôme qui feuillette les pages de la bible, l’autre main qui s’apprête à écrire ou a tremper le calame dans l’encrier, la tête tendue vers le livre. Cela rend d’autant plus remarquable l’immobilité absolue du crâne !
La main qui tient la plume est orientée vers lui et dirige notre regard comme par inadvertance. L’orientation du crâne et de la tête du saint convergent vers un point, situé en avant et au milieu du tableau, à l’endroit précisément où se tient le spectateur. Cela n’est pas un hasard, l’artiste nous interpelle ainsi et nous renvoie à une question existentielle du même type que celle du Hamlet de Shakespeare : « To be or not to be ?... »1606-st-jerome-ecrivant-borghesed.jpg
Cette œuvre n’est donc pas qu’une iconographie religieuse, elle est également une grande œuvre humaniste qui nous pose la question : "Et toi, quel est le sens de ta vie ?"
J'en ai fait une reconstitution en essayant de me rapprocher de l'oeuvre de Caravage et surtout d'en retrouver l'état d'esprit .
1606-st-jerome-ecrivant_alainB.jpg

 

 

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
CARAVAGE : David et Goliath
Ce tableau est l’un des plus dramatiques et des plus poignants de Caravage. Il porte un message universel qui dépasse de beaucoup les péripéties de son histoire personnelle. Il nous parle de la violence que porte en lui chaque être humain et d’abord de la violence que Caravage porte en lui-même. Caravage est orgueilleux et il fait tout pour avoir le droit de porter l’épée comme les nobles. Il la porte même quand il n’en a pas le droit. Il l’utilise à la manière des nobles pour défendre son honneur. Il se bat pour des prétextes futiles parfois, blesse les autres, est blessé, jusqu’au duel fatidique où il tue son adversaire. A partir de 1597 (le sacrifice d’Isaac), les tableaux qui comportent des scènes violentes, en particulier des « décollations » s’accumulent. Il est vrai que la bible regorge de ce genre de scènes et qu’elles suscitent des émotions fortes chez les spectateurs, capables de les mobiliserpour la « bonne cause » de la religion !
 Cela peut nous paraître barbare, mais en réalité, aujourd’hui, les artistes modernes utilisent le même procédé. On ne compte plus les films qui cherchent à scotcher les spectateurs sur leur chaise en montrant, dès les premières images, des scènes de meurtre toutes plus horribles les unes que les autres pour la bonne cause de l’audimat ! Il faut préciser également qu’à l’époque de Caravage, la mort est un spectacle et les exécutions publiques par la hache ou par le feu ne sont pas rares ! (Il est probable que Caravage ait assisté à l’exécution du savant Giordano Bruno sur le bûcher). Enfin, après 1606, et en particulier lors de sa fuite dans le sud de l’Italie, Caravage a dû se plier au goût de ses commanditaires qui étaient souvent de culture espagnole et pour qui cette représentation de la mort était souvent recherchée.
J'ai fait une reconstitution de ce tableau :
CARAVAGE : David et Goliath

Caravage cède donc à la représentation de la violence dans ses tableaux.

Il semble nous dire qu’elle n’existe pas que chez les « méchants ».Elle habite également chez les gens ordinaires, en chacun de nous. C’est pour cela aussi que les bourreaux ne sont pas caricaturés comme des gens haineux.
 C’est pourquoi également, Judith qui tranche la tête d’Holopherne,
exprime le dégoût de son geste.
 
…Et c’est pourquoi également le jeune berger David qui vient de triompher de l’orgueilleux Goliath
n’est pas empli de joie par sa victoire mais empli de doute et de compassion. Il semble dire : « J’ai
tué le violent mais je n’ai pas tué la violence ni en lui ni en moi ! »
C'est ainsi que naît un chef d'oeuvre : une longue histoire de la civilisation et une longue histoire de l'artiste lui-même !.....
CARAVAGE : David et Goliath

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
génie Imparfait....

CARAVAGE est un génie inachevé, mort trop tôt, comme Mozart et un génie imparfait dans le sens ou il ne peignait pas la perfection de ce monde mais une réalité aussi forte et violente que le réel mais qu'il le transcendait.... Ainsi les saints personnages des évangiles ne sont-ils pas embellis. On pourrait les rencontrer au coin de la rue. D'ailleurs, Caravage les a sans doute rencontrés au coin de la rue mais si on devait en faire une photographie, on se rendrait compte qu'on n'arrive pas à la hauteur de la représentation du peintre. En réalité, celui-ci "fabrique" des personnages plus typés à partir de personnes réelles et curieusement, ils deviennent "plus vrais que vrais" !

génie Imparfait....

Il agit de la même façon avec les objets. Ainsi alors qu'il était encore un jeune peintre peu connu, mais déjà remarqué par le cardinal Del Monte, il peint des corbeilles de fruits qui font beaucoup parler d'elles.

Les fruits ne sont pas beaux, luisants et appétissants, ils sont trop mûrs, certains sont abîmés, des feuilles sont fânées... et comble de négligence, la corbeille dépasse sur le bord de la table !

Caravage, génie imparfait peint le monde tel qu'il est, c'est à dire imparfait ! La vanité des humains voudrait que tout soit calme, luxe et volupté, la réalité n'est pas que cela. Elle est aussi vieillesse, décrèpitude, pourriture,... Il faut la prendre et la peindre telle qu'elle est !

génie Imparfait....

 Il en va de même pour les roses, aussi belles soient-elles, qui fânent un jour et retournent à la terre !

génie Imparfait....
génie Imparfait....
génie Imparfait....

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
28 mai 1606 : CARAVAGE a 34 ans. Il vient de tuer un homme en duel. Il se réfugie sur les terres de ses protecteurs, les Colonna, au sud de Rome à Paliano, en attente de la grâce papale. Il peint l’extase de Marie-Madeleine (dont une copie est au musée des Beaux-arts, Marseille) et une deuxième version du repas à Emmaüs (pinacothèque Brera, Milan)
1606-madeleine-en-extase.jpg
L’extase de Marie-Madeleine
(Louis Finson d’après Caravage, 1609-13, musée des Beaux-Arts Marseille )
Ce tableau n'est pas un original, c'est une copie d'un contemporain de Caravage, Louis Finson. Elle a été l'objet de copies par de nombreux autres peintres. Elle a inspiré également un autre chef-d'oeuvre, la célèbre sculpture de BERNIN : "l'extase de sainte THERESE."
bernin-extase-ste-therese01.jpgbernin-extase-ste-therese.jpg
 

Le 23 octobre 2014 , dans le journal La Repubblica, une spécialiste de Caravage a affirmé avoir découvert la version authentique de la Madeleine en extase.

A vérifier ! voici cette version peut-être authentique.

CARAVAGE, génie imparfait (39)

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

 L'un des peintres caravagesques exposé à Toulouse est particulièrement brillant : Gerrit Van Honthorst. Il n'invente pas, il s'inspire de Caravage, mais avec beaucoup plus de finesse que certains ! C'est la réflexion que l'on se fait en comparant son "Christ aux outrages" à celui de Caravage.

photo-49-0210.jpg

1603-courronnement-epines.jpg

Caravage est plus universel et plus profond mais Van Honthorst ne démérite pas !

Les autres tableaux de ce peintre sont également très intéressants.

photo-49-0216.jpg

photo-49-0228.jpg

Le mouvement des caravagesques a été bref mais puissant en particulier en Flandres, en Hollande, en Espagne, et dans une moindre mesure, en France.

Mais Caravage était trop dérangeant. C'était un peintre intransigeant, révolutionnaire et, comme on le sait, la révolution ne peut durer. Le mouvement caravagesque s'est éteint au bout d'une trentaine d'années, remplacé, en particulier par le baroque qui, au lieu de chanter les pauvres s'est employé à faire l'éloge des puissants !.... Contrairement à ce qu'on lit parfois dans les livres, CARAVAGE n'est pas un baroque, il en est même souvent le contraire !

Mais ce mouvement entrepris par Caravage n'est pas disparu pour autant. Il a surgit de nouveau (en particulier pour l'aspect "réalisme social" ) avec COURBET, plus récemment avec Hopper et bien d'autres !....

Au cinéma, on le retrouve, parfois abâtardi, dans les films de Sergio Leone et surtout dans ceux du grand, du très grand Pier Paolo PASOLINI !

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

  L'exposition Ombres et Lumières de Toulouse permet de mieux comprendre en quoi consiste la différence entre de bons ou même d'excellents peintres et un génie. 

Hendrick Ter Brugghen a peint une excellente "Vocation de St Matthieu...

photo-49-0183.jpg

photo-49-0184.jpg

photo-49-0187.jpg

      Pourtant, si on la compare à celle de CARAVAGE, il n'y a pas photo, comme on dit ! Brugghen est seulement anedoctique alors que le tableau de Caravage peut se lire sur plusieurs plans. Par exemple, la main de Jésus qui désigne Matthieu dans le tableau de Brugghen est une main banale....

photo-49-0190.jpg

  Celle du tableau de Caravage ne se contente pas de désigner, elle évoque aussi la main de dieu dans la "Création du monde" à la chapelle sixtine !.....

1600-vocation-saint-matthieu3.jpg

michel-ange-creation-adam-detail.jpg

Pour en savoir plus :  CARAVAGE, génie imparfait (22)

Voir les commentaires

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

 Une exposition sur les peintres caravagistes vient de se terminer à Toulouse. Elle était complétée par une autre sur Caravage et les peintres de son temps à Montpellier. Cette double exposition continuera sa vie aux USA.

 Après le quatrecentième anniversaire de sa mort, l'intérêt pour ce peintre, disparu à l'âge de 40 ans et dont on ne connaît que 80 tableaux, ne faiblit pas ! Sa modernité et son génie éclatent aux yeux de tous.

L'exposition de Toulouse permet de mieux comprendre en quoi il est différent de ses imitateurs, même lorsque ceux-ci sont excellents.

Nicolas REGNIER a peint, en s'inspirant de la manière de Caravage, un beau "St Matthieu et l'ange".

Regnier-Matthieu.jpgOn retrouve le clair-obscur, la position de l'ange qui vient guider la main du saint et même la grosse tête un peu socratique mais quand on la compare aux deux versions de Caravage les différences sautent vite aux yeux.

st-matthieu-et-angeNB.jpg

Dans le tableau de Caravage, l'ange est comme un enfant qui apprend à écrire à son papy et le papy, fait un terrible effort de concentration, plisse son front et s'arcboute sur le cahier. Il croise les genoux pour mieux se concentrer sans se rendre compte qu'il "crève" ainsi la toile et nous met ses orteils sous le nez ! 

Autant les expressions corporelles et les mimiques des personnages de Caravage sont pleines de vie, autant celles du tableau de Nicolas Regnier sont neutres et même un peu insipides.

Cette première version du ST Matthieu et l'ange de Caravage était, d'ailleurs, tellement pleine d'humanité qu'elle a été refusée pour manque de bienséance ! Pour moi, c'est la plus intéressante. Hélas, elle a été détruite lors des bombardements de Berlin pendant la dernière guerre !

st-matthieu-et-angecolor.jpg

La seconde est toujours accrochée au mur de l'église St Louis des Français à ROME. C'est encore un chef d'oeuvre mais plus solennel, plus conforme au dogme et aux voeux des commanditaires et moins porteur d'une double signification humaine et divine !

st-matthieu-et-ange.jpg

Pour en savoir plus :  CARAVAGE, génie imparfait (20)

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
CARAVAGE meurt le 18 juillet 1610 (à titre de repère historique : en France, Henri IV a été assassiné quelques mois auparavant)
Ironie de l'histoire ou résultat du petit jeu machiavélique du cardinal Scipione Borghèse, les 28 juillet et 31 juillet 1610 : dix jours après la mort de CARAVAGE, les Avisi di Roma annoncent sa grâce !!!...
autoportraits-caravage.jpg
Ainsi se termine la tragique histoire de CARAVAGE, ce peintre de génie, génie fulgurant, génie imparfait comme le sont tous les hommes, assassin et bourreau de lui-même !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog