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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Articles avec #chroniques michel bordat catégorie

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : J’ai vécu plusieurs épisodes mouvementés avec les scorpions

Aujourd’hui je vais évoquer mes expériences avec cet animal qui est parfois extrêmement dangereux , le scorpion.

Petite description de cet animal

Il est apparu sur la terre ferme il y a 450 millions d’années :c’est le premier arthropode terrestre connu. Il se caractérise par un abdomen en anneaux, un long dard avec un aiguillon où débouchent des glandes à venin, 4 paires de pattes et une paire de pinces didactyles. Pour sa parade « amoureuse » le mâle tient la femelle par les pinces et les 2 partenaires semblent exécuter une danse nommée « promenade à 2 ». On le trouve partout dans le monde sauf dans l’extrême nord de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie.

Il est incroyablement résistant au froid (-2°), à la chaleur (50 °), aux radiations ionisantes (il supporte 150 fois la dose mortelle pour l’homme). Il peut vivre aussi à plus de 5500 m d’altitude. La plus forte concentration de scorpions se trouve dans l’hémisphère sud et surtout dans les déserts.

Cinq espèces de scorpions vivent en France, principalement dans la région méditerranéenne. Seule la piqûre de l’une des espèces peut provoquer une forte douleur. Dans le reste du monde c’est bien plus grave : plus d’un million de personnes sont piquées chaque année et on comptabilise plus de 3000 décès !

Mes propres aventures avec les scorpions

J’habitais au Maroc et je connaissais la terrible réputation des scorpions. Un jour, en classe de CE1, mon ami Moustapha récitait un poème, debout, installé au pied de l’estrade, quand tout à coup j’ai aperçu une petite forme noire toute proche qui se dirigeait vers le pied de mon ami. Après un instant d’hésitation j’ai réagi et crié : « Un scorpion ! »Cela a créé la panique dans la classe. Notre maître a fait un bond et l’a écrasé sous son talon. Ouf ! Nous avions une belle histoire à raconter à la maison !

Les loisirs du dimanche en été. Avec mon père, tous les deux, nous allions dans le bled à la chasse aux scorpions. Le principe était simple. Il fallait avoir un poignard ou grand couteau et une grande boite avec couvercle. Nous récoltions une longue tige de pissenlit et nous cherchions des trous très caractéristiques dans la terre ou sous les pierres, trous qui matérialisaient le nid des scorpions. Il suffisait d’agiter la tige à l’entrée du terrier et le scorpion, par curiosité ou colère, sortait ses pinces du trou et nous n’avions plus qu’à obstruer en arrière le trou à l’aide du poignard qu’on enfonçait dans la terre. Cela dégageait le scorpion et ne restait plus qu’à le mettre dans la boite. J’avais alors 8 ans. Adulte je me serais posé des questions sur le danger d’une telle chasse.

Ma mère a été piquée par un scorpion. j’avais 11 ans, un matin, avant la classe, ma mère s’est mise tout à coup à hurler. Elle ressentait une terrible douleur au pied. De toute évidence le coupable était un scorpion. Elle a été immédiatement transportée à l’hôpital et y est restée 24 h, jusqu’à ce que la douleur disparaisse.

Travaux manuels scolaires : l’extravagante mission confiée aux élèves de 6e. Incroyable ce que nous demandait le professeur de sciences : chacun devait ramener 10 scorpions vivants ! Ainsi les jeudis et dimanches nous partions en chasse. Son but était de récolter le venin pour l’envoyer dans un laboratoire afin d’améliorer un sérum anti-venin ! Ce qui est curieux c’est qu’aucun parent n’avait protesté. Aujourd’hui cela aurait causé un scandale et les réactions auraient été violentes !

Histoire amusante mais pas sans danger ! J’ai 5 enfants et tous les étés nous partions en camping, en particulier dans le midi. Cette année-là nous nous trouvions à Tourette-des-Faïences, tout proche du lac Saint-Cassien, celui dont le barrage s’était rompu et « avait noyé » la ville de Fréjus ! Mes enfants avaient beaucoup de liberté (surveillée toutefois). Un jour je les écoutais jouer : « Papa ! Viens voir !Il y a de drôles de petites bête ». Je n’y avast pas fait trop attention : je pensais qu’il s’agissait d’une sorte de hanneton. Ils ont insisté et je suis allé voir. Stupéfaction : il s’agissait de tous petits scorpions noirs. J’ai un peu paniqué. Renseignement pris : les scorpions du midi ne sont pas dangereux ! Tout de même !!Ce qui est amusant c’est qu’Alain Barré qui héberge si gentiment ma Chronique sur son blog a vécu la même aventure avec ses enfants : cela se passait dans les gorges du Verdon, pas loin du lac Sainte-Croix.

La chronique de Michel Bordat : J’ai vécu plusieurs épisodes mouvementés avec les scorpions

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Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Créateur du festival de la chanson de café, Jean Geeraerts est né avec la musique dans ses gènes

J’ai connu Jean Geeraerts il y a 14 ans quand il a créé le 1er festival de la chanson de café à Pornic. J’étais enchanté et séduit et par le concept original de cette manifestation musicale mais aussi par l’enthousiasme, le talent et la gentillesse de Jean avec qui j’ai lié une grande amitié. Pendant plusieurs années j’avais couvert dans Ouest-France, avec bonheur, cette animation. Je témoignais alors le plaisir partagé par un vaste public. L’ambiance était festive et joyeuse. Tout comme le public je passais de bistrot en bistrot et découvrais bien des talents variés. Les mélomanes, attablés confortablement se régalaient et les artistes qui se produisaient, pour la plupart des jeunes pour qui c’était une première expérience grand public, étaient réjouis. Quand Jean a créé son festival j’ai tout de suite imaginé qu’il allait apporter beaucoup de bonheur aux amoureux de la musique populaire dans un cadre propice pour rendre chaleureuses plusieurs soirées pornicaises.

Aujourd’hui je vais faire le portrait de ce musicien au grand talent et que, tout comme moi-même, tout le monde admire et aime. Nous sommes tous étonnés par son incroyable parcours dans son univers musical. Petit enfant il baignait déjà dans la musique. Sa voie semblait tracée : il vivra dans un environnement de notes et de cordes de la guitare.

Dialogue

- Quelle est l’origine de ton nom ?

- Cela vient de mon père qui était Belge .Nous nous sommes installés à Mulhouse et moi je suis bien Français !

- Depuis quand date cette passion de la musique ?

- Tout a commencé à 5 ans et demi quand ma mère utilisait sa machine à coudre. Le bruit a déclenché une sorte de flash. Ce fut une révélation : je serai musicien !

- Quel a été le 1er contact avec la musique ?

- J’avais 10 ans. J’avais demandé à mon père une guitare. Il en a emprunté une à un ouvrier italien. Ensuite, j’avais alors 12 ans, je suis allé tout seul m’inscrire au Conservatoire de Musique. Dans la spécialité guitare classique.

- Quel a été ta progression ?

- En 3 ans j’ai passé tous mes accessits et j’avais alors 15 ans.

- Qu’écoutais-tu alors ?

- Rolling Stones, Satisfaction en 1 967.

- Faisais-tu parti d’un groupe ?

- Oui ! A Mulhouse. Puis je suis ensuite entré aux Beaux-Arts où j’ai suivi un beau parcours. J’avais créé une musique personnelle. j’étais un autodidacte. J’ai fait plus tard de nombreuses compositions influencées par Jimmy Hendricks, Led Zeppelin et même Jim Morrison. J’ai beaucoup lu aussi :Boris Vian, Jack London. Ma mère écoutait du jazz : Oscar Peterson, Ella Fitzgerald.

- à 19 ans où en étais-tu ?

- Reçu au concours, j’ai intégré la grande école Art Déco rue d’Ulm à Paris. J’y ai pris beaucoup de plaisir. J’ai obtenu un diplôme d’études supérieures. Cela m’a permis de travailler, à la sortie, 6 mois chez Publicis avec Jacques Ségala ! L’activité était plutôt graphique !Puis j’ai dit Adieu les Crayons et les Pinceaux et maintenant Vive la Musique !

- As-tu perfectionné ta technique musicale,

- Oui ! En 3 ans, de 19 à 22 ans, j’ai eu une formidable expérience. J’ai suivi les cours au CIM, c'est-à-dire au Centre d’Information Musicale. Avec des professeurs remarquables tel l’exceptionnel Pierre Cullaz responsable d’un double six dont 6 femmes qui chantaient le jazz.

- Et ensuite ?

- Je me suis installé à Nantes par amour de la mer. J’y ai monté le légendaire groupe DÜN avec les 5 meilleurs musiciens nantais dont Franck Herbert. Après 3 années de travail nous avons enregistré un album en Suisse, Érosion. Puis je suis parti aux USA, à Boston, pendant 3 ans et à Berkeley j’ai rencontré les meilleurs professeurs mondiaux. Retour en France, missionné par Jean-Marc Ayrault, j’ai monté une école de musique vivante.

- Et aujourd’hui ?

- Je travaille avec plusieurs formations et écris pour de jeunes musiciens. Actuellement, avec mon groupe de 7 musiciens, Transitzone que j’avais créé il y a 30 ans, nous avons achevé notre 3e album dont l’un soutenu par Laurent Voulzy. Depuis 4 ans je suis professeur d’harmonie et de composition au CFPM, le Centre de Formation de Professeur de Musique.

- D’où t’est venue l’idée du festival des chansons de café ?

- Complètement accroc de musique et habitant Pornic, il était évident que la concentration de cafés autour du port serait propice pour créer cette manifestation festive musicale et populaire. Tout le monde reconnaît que ce fut une réussite !

- Qu’adviendra-t-il de ce festival ?

- C’est la 14e année ! Ce sera aussi sans doute la dernière. J’ai eu des désagréments regrettables ! J’arrête et je conserve le label que j’ai créé.

La chronique de Michel Bordat : Créateur du festival de la chanson de café, Jean Geeraerts est né avec la musique dans ses gènes
La chronique de Michel Bordat : Créateur du festival de la chanson de café, Jean Geeraerts est né avec la musique dans ses gènes
La chronique de Michel Bordat : Créateur du festival de la chanson de café, Jean Geeraerts est né avec la musique dans ses gènes

Photos : Plusieurs m’ont été fournies par des amis. Une des photos a été prise par ma sympathique collègue Laurence Dalpayrat. Nous y sommes 3 personnages : en 2003, c’était la 1re mouture de la chanson de café et sur la photo on trouve André Beziau (dit DEDE) de l’ancien café du Port qui avait reçu tous les concurrents du 1er festival, mon ami Jean son créateur et, ce qui n’arrive pratiquement jamais, moi-même.

Le 14e festival de la chanson de café

Du vendredi 10 au dimanche 13 mars, 10 concurrents se produiront dans 11 établissements pornicais. Rendez-vous également à l’Espace Val Saint-Martin à 15 h dimanche, pour la proclamation des résultats.

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Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Yvan Bourgnon a créé le Manta, un formidable voilier dépollueur de mer
La chronique de Michel Bordat : Yvan Bourgnon a créé le Manta, un formidable voilier dépollueur de mer

Yvan Bourgnon est un ancien élève du collège Notre-Dame de Recouvrance et du Lycée de Pornic. Je connaissais bien son frère Laurent qui a tragiquement disparu en mer, et avec qui j’avais lié une grande amitié. J’avais été le premier correspondant de presse à écrire pour relater son premier exploit :la traversée de l’Atlantique en Hobby Cat. Tous les soirs sa maman me téléphonait pour faire le point et tous les jours je relatais dans Ouest-France. Il est venu plusieurs fois chez moi et ensemble nous avions monté une première mondiale. Je suis un des premiers Français à avoir eu un Hobby Cat, j’avais raconté à Laurent toutes les prouesses accomplies avec cet étrange bateau. Laurent m’avait fait le plus beau des compliments : «Michel tu es encore plus fou que moi !» Je raconterai ultérieurement tout ce pan de vie intense vécu avec Laurent.

Revenons à Yvan. Lycéen, déjà navigateur émérite, il était sur les traces de son frère aîné. Élève du lycée du Pays de Retz à Pornic, il avait participé au premier trophée à la voile des lycées de France et avait découvert la compétition nautique. Il avait remporté ce trophée avec ses 4 équipiers, 3 lycéens et son professeur d’éducation physique, Claude Martinuzzi. C’était une première édition qui comptait 20 bateaux. J’avais pris en photo les vainqueurs au Club Nautique de Pornic et avais relaté l’exploit dans Ouest-France.

Depuis j’avais totalement perdu de vue Yvan. Ce n’est que tout récemment que je l’ai redécouvert par hasard. Ayant une formation scientifique et étant féru de science, l’une de mes plus grandes passions a toujours été depuis plus de 45 ans, de lire des revues scientifiques (Science et Vie, La recherche, Ça m’intéresse…) ou de suivre à la télé des émissions scientifiques. Et c’est justement dans le Science et Vie du mois de février 2 017 que j’ai redécouvert Yvan Bourgnon. A la page 98 on peut voir la photo d’un très étrange bateau et à la page 99, des explications. À la 4e ligne est apparu le nom : Yvan Bourgnon !! J’ai tout de suite dévoré l’article et je dois reconnaître que j’étais totalement ébloui par ce que j’avais découvert. Yvan est non seulement un grand navigateur, ça je le savais, mais il a un sentiment écologique hors pair et de plus un sens pratique et technologique de qualité lui permettant de concevoir un immense quadrimaran inédit ayant pour vocation de débarrasser la mer de ses déchets plastiques.

Pour Yvan cela a été un vrai défi financer en crowfounding la construction de ce bateau géant, le Manta, conçu pour dépolluer les océans jonchés de plastiques. Il a donné ce nom de poisson au bateau, en rapport avec la forme de la raie mais aussi de sa capacité à filtrer l’eau de mer. L’idée de cette création lui est venue au cours d’une de ses traversées quand son voilier a heurté des objets flottants non identifiés et notamment lorsque le bateau sur lequel il participait à la Transat Jacques Vabre, avec son compère Gilles Lamiré, était entré en collision avec un conteneur, l’obligeant à abandonner, la course. Pour Yvan, l’avenir s’annonce catastrophique : « En 2 050, il y aura dans les Océans autant de plastiques que de poissons ! »

Il fallait donc agir !

En effet, 8 millions de tonnes de plastiques sont déversées chaque année dans la mer. Laurent a imaginé un moyen pour intervenir et récupérer cette pollution avant qu’elle ne se désagrège dans l’eau. Son idée c’est de créer une flotte d’une centaine de bateaux qui opéreraient le long des côtes : le Manta. Il s’agit d’un bateau aux dimensions impressionnantes :60 mètres de longueur, 49 mètres de largeur et 2 mâts de 50 m. Ils seront tous équipés à l’arrière d’un grand peigne rétractable de 72 mètres de long, tels les fanons d’une baleine. Ce grand peigne d’une largeur de 1,50 mètres, plongeant dans la mer, agira comme un véritable filtre nettoyeur et récupérera tous les objets flottants entre deux eaux. Des tapis roulants remonteront la moisson à bord et la capacité de stockage sera de 600 mètres cubes de plastiques. Le Manta évoluera lentement, à une vitesse de 2 nœuds, pour ne pas capturer ou blesser des mammifères marins.

Financement

En ligne depuis la mi-octobre, une campagne de financement participative est lancée pour réunir 150 000 € pour la construction, en 2 017, d’un prototype au 1/10, un bateau test. L’association The Sea Cleaner se donne 3 ans afin de réunir la totalité du budget. Ensuite il sera prévu 2 années d’études et 2 autres années permettant la construction d’un bateau opérationnel. L’objectif à atteindre ce sera une mise à l’eau du premier Manta en 2 021.Vu l’enthousiasme et la ténacité d'Yvan, son projet a toutes les chances d’aboutir positivement. C’est ce que nous souhaitons tous.

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Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !

La Côte de Jade était mal partie pour conserver l’intégrité de son littoral. Hommes d’affaires, financiers, agences immobilières, entreprises de constructions, mais aussi élus, tous s’activaient pour aménager, bâtir, louer ou vendre sur la côte. Si aucun frein n’avait été mis en place, tout le littoral aurait été bâti ! Au grand dam de tous les amoureux de la nature et de l’esthétique du paysage marin !

Heureusement, début janvier 1986, la Loi Littoral a été créée. Ouf ! Son but était de réformer le dispositif de protection et de la mise en valeur du littoral. Elle était très exigeante en ce qui concerne l’urbanisation.

Contestation en tous sens.

Ce n’était pas du goût de tous et certains manifestaient leur opposition. Ce fut le cas d’un groupe d’élus qui s’étaient réunis dans la salle des fêtes de Préfailles, pour réfléchir, aidés d’avocats, sur les moyens légaux pour détourner la Loi Littoral et pouvoir s’en passer. J’étais chargé de rédiger un article dans Ouest-France et je dois le reconnaître, j’étais mal à l’aise. Mais, spécialiste de l’écriture au 2e degré, voire 3e degré, sans aller au 4e degré comme avait si bien su le faire il y a 800 ans le célèbre auteur de La Divine Comédie, Dante, chacun aura pu lire dans ma prose ce qu’il voulait y trouver. Et moi je souriais dans ma barbe !

Plus comique et moins drôle encore, le comportement de cet élu de la Côte de Jade qui était totalement opposé à la Loi Littoral. Son raisonnement était simpliste ! «Je ne vois pas ce qu’il y aurait de gênant à construire une nouvelle maison au bord de la mer ! Cela ne dénaturerait pas le paysage !» Ceci est un raisonnement à courte vue ! En effet, un autre adjoint, par la suite pourrait présenter la même démarche et d’autres auraient pu enchaîner. Le résultat aurait été catastrophique. Je lui ai répondu d’une façon imagée et amusante : «Imaginons une superbe feuille toute blanche et qu’un malotru y fasse une grosse tache noire, prétendant que cela n’est pas trop grave ! Admettons à la rigueur. Puis un 2e fait le même acte et trouve la même excuse ! Et un 3e et ainsi de suite… À la fin la page blanche sera devenue toute noire. Est-ce ce que vous souhaitez pour le littoral ? » CQFD ! Il avait saisi !

Finalement tout est rentré dans l’ordre et la Loi Littoral est aujourd’hui largement acceptée.

La Bretagne, un littoral mité.

Quelle ne fut ma surprise quand un jour, en partie régionale de Ouest-France, j’ai découvert un article signé Jacques Boilève. C’était un merveilleux journaliste, aujourd’hui à la retraite, que j’appréciais beaucoup. Il était venu plusieurs fois chez moi et nous partagions notre goût pour la Loire. Sa carte de visite est impressionnante. Né en Anjou, écrivain, journaliste, auteur d’une quinzaine d’ouvrages traitant de la Loire, l’Anjou, ou Julien Gracq dont il fut un ami, il fit aussi des recherches dans des domaines historiques et géographiques. Il a été membre de l’Académie de Bretagne, mais aussi membre du Comité Éthique auprès de la Mission Val de Loire de l’UNESCO. Tous les deux nous nous entendions parfaitement. Un jour il m’avait demandé d’écrire un article sur le camping Les Amis de Nature à Port Meleu à Préfailles, où ses enfants étaient en classe de mer.

Revenons à l’article de Jacques. Son contenu devait contenter grandement les amoureux de la Côte de Jade. En Effet, Jacques rendait compte des résultats d’une grande enquête menée par deux professeurs de l’Université de Rennes, ayant pour objet l’étude de tout le littoral breton du Mont Saint-Michel au port du Collet aux Moutiers, en passant par la Pointe du Raz. Le bilan était sidérant. L’ensemble était entièrement mité. C’est-à-dire qu’il y avait des constructions en bordure de mer. La partie la mieux préservée de toute la Bretagne, s’étendant sur un linéaire de 3 kilomètres sans aucune construction, était située de Port Meleu à Préfailles jusqu’à la plage de Portmain à Sainte-Marie-sur-Mer. Cocorico !!! Une grande partie de notre propre côte était vierge de toute construction, et c’était exemplaire pour toute la Bretagne !!!

Roselyne Bachelot, la grande « Prêtresse de la Loi Littoral »

La rédaction Ouest-France de Nantes m’avait chargé d’assurer un reportage politique à Saint-Brévin-les-Pins, ville qui recevait au cours d’une campagne électorale nationale la ministre pleine de tempérament, Roselyne Bachelot. Comme à son habitude, cette dernière a gâté son auditoire. Sans complexe avec des mots très forts, sa personnalité s’est exprimée avec une certaine violence d’idée qui en a étonné plus d’un. Qu’on en juge : «Cet après-midi j’ai visité des coins de côte, particulièrement l’entrée de l’estuaire de la Loire. J’ai compris l’ampleur des problèmes ! Mon jugement est sans appel et je vous le dis nettement : je suis une intégriste totale pour défendre la Loi Littoral !» Applaudissements nourris ! J’ai beaucoup apprécié le jugement et l’engagement de Roselyne et j’ai tout de suite adhéré à sa prise de position et dans les termes mêmes qu’elle a utilisés.

La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
La chronique de Michel Bordat. Déclaration de Roselyne Bachelot : Je suis une intégriste qui défendra totalement la Loi Littoral !
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Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Marée noire, Michel Field est venu apporter un soutien moral aux habitants de la Côte de Jade.
La chronique de Michel Bordat : Marée noire, Michel Field est venu apporter un soutien moral aux habitants de la Côte de Jade.

Avec le naufrage de l’Erika, le 12 décembre 1 999, le littoral de la Côte de Jade avait été entièrement souillé et il avait fallu un travail gigantesque et beaucoup de temps pour que ce coin coquet de la côte française retrouve sa ‘’virginité’’.

Les habitants se sont grandement investis pour nettoyer rochers et plages. La ville avait proposé des pelles, brouettes et sacs pour aider au ramassage du mazout. Pour des raisons de prudence et de santé les pompiers et les services de l’état avaient pris le relais. De nombreuses personnalités nationales avaient apporté leur soutien. Ce fut le cas de Michel Field, grand journaliste à la télévision Française qui, invité par Alain Huet, l’ancien patron du Papagayo (aujourd’hui détruit), avait passé toute une soirée sur la plage du Portmain, pour apporter son soutien moral et sa gentillesse aux habitants de la Côte de Jade.

Le drame

Tout avait commencé en pleine mer, c’était le 11 décembre, face à la pointe de Penmarc’h, en dessous de la Pointe du Raz. Le vieux pétrolier, l’Erika, avait une fuite de fuel. Malgré la forte tempête (vent de force 9 à 10) le navire avait eu l’interdiction de rejoindre le port de Saint-Nazaire. Beaucoup de ‘’discussions négatives’’ au niveau des compagnies d’assurances ont entraîné malheureusement une perte de temps pour secourir le vieux pétrolier !! Tout s’aggrava et le navire, le 12 décembre, se coupa en son milieu, libérant une grande partie de son fuel. Celui-ci, peu à peu poussé par le vent, se mit à dériver vers l’est, se déposant sur le littoral. Les journaux du Finistère et du Morbihan ainsi que ceux de Loire-Atlantique avaient relaté les faits. Mais le drame s’était passé à 400 km de Saint-Nazaire et personne n’avait encore imaginé que le fuel pouvait venir souiller la côte de Loire-Atlantique et particulièrement celle du Pays de Retz !!! Personnellement j’étais très vigilant. J’avais étudié les cartes marines et avait anticipé l’avancement du fuel en observant la configuration du littoral et la direction des vents dominants (Ils soufflaient de l’ouest). Et très vite j’en ai déduit que nos rivages seraient atteints dans peu de jours. Comme j’en avais l’habitude j’avais écrit, avant le drame, un article à ma façon, avec mes propres mots comme j’aimais le faire, en annonçant ce qu’il allait arriver : ’’Inutile de lire dans le marc de café ou être un devin ! D’ici 3 à 4 jours le fuel atteindra notre côte !!!’’ L’article est paru le 22 décembre. J’étais allé dans le Nord-Loire passer Noël avec mes enfants. Pendant toute la nuit du 24 au 25 décembre la tempête a été d’une rare violence et a fait de très nombreux dégâts.

Le matin je me suis levé tôt pour rejoindre Pornic, très inquiet pour ma maison : je suis passé devant et tout avait l’air normal. Du coup j’ai poussé jusqu’à la plage de l’Étang et je suis descendu dans une crique que je connaissais bien. J’avais craint le pire et le pire est bien arrivé comme je l’avais pressenti : horrible découverte, des pastilles de mazout étaient mêlées au sable. Tout-à-coup j’ai entendu une voiture qui s’est arrêtée au-dessus de moi. Un homme est descendu et je l’ai tout de suite reconnu : ’’Bonjour Pierre ! ’’-‘’Bonjour Michel !’’ C’était Pierre Hériaud l’ancien maire adjoint de Sainte-Marie et député de notre secteur. Il est descendu dans la crique, tout comme moi, pour évaluer la situation. Il était navré et désolé ! ‘’Le fuel est bien arrivé et il y en a partout ! Nous sommes, tous les deux, les premiers à le constater !!! ‘’ s’exclama Pierre.

Ensuite ce fut un désastre écologique sans précédent dont l’aspect le plus impressionnant et significatif était situé au pied de la Thalasso, à la plage de la Source : il y avait entre 20 cm et 40 cm de mazout !!! L’horreur absolue !

La soirée Michel Field

Assis à la terrasse du Papagayo avec Michel Field, nous avons passé tous deux, dans la nuit, plus de deux heures à commenter l’événement. L’homme de télévision avait adopté le style qui marquait alors son identité, celui de l’émission :au cœur de la nuit. Plus de mille habitants, souvent en famille, étaient présents. De temps en temps ils s’adressaient au grand reporter de la télévision, celui-ci répondant avec beaucoup de gentillesse à chacun. C’était un véritable moment de ‘’veillée nocturne’’ où régnait une grande émotion et beaucoup de respect. J’ai vécu intensément cette soirée avec Michel Field et en garde un profond souvenir. J’avais aussi beaucoup admiré le comportement exemplaire et plein de retenue des habitants au cours de cette soirée de recueillement.

La chronique de Michel Bordat : Marée noire, Michel Field est venu apporter un soutien moral aux habitants de la Côte de Jade.
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Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : ‘’Monsieur 100 000 volts’’ (François Effling ) a créé à Pornic le 1er Marathon de Loire-Atlantique

À Pornic tout le monde connaît et apprécie beaucoup François. Personnellement je partage totalement ce sentiment unanime : François répond toujours présent quand on lui sollicite un conseil ou une aide. Il déborde d’imagination et est d’une activité incroyable. C’est un merveilleux passionné et nous nous sommes toujours parfaitement entendus.

Ainsi François, un jour de fin mai 1 981, m’avait fait une annonce inattendue : ’’Michel, je vais organiser à Pornic le 1er Marathon de Loire-Atlantique ! Ainsi qu’un semi-Marathon ! ’’

J’ai tout de suite adhéré à son projet et en tant qu’ami et correspondant de Ouest-France, je lui ai posé de nombreuses questions pour qu’il me présente tous les détails de cette formidable animation.

- Quand aura lieu ce Marathon ?

- Le 16 juillet 1 981 !

- Quels seront les participants ?

- C’est ouvert à tous ! Tous les volontaires pourront s’y essayer !

- En as-tu parlé à la Fédération Française d’Athlétisme ?

- Non ! C’est une affaire de Pornicais ! Nous organisons un challenge local !

- As-tu eu une autorisation municipale ?

- C’est mi-oui mi-non ! Difficile à expliquer ! Parce que c’est moi qui étais l’inventeur du projet. Donc j’étais responsable ! La mairie, un peu dubitative, dirigée alors par le maire Joseph Girard, ne m’a pas mis de bâton dans les roues, ce qui était très positif ! Du coup j’ai pu avancer dans mon projet ! J’en ai assuré toute l’organisation !’’

- As-tu reçu beaucoup d’aide ?

- Une centaine de bénévoles m’ont rejoint et les cibistes ont apporté toute leur logistique. Deux médecins pornicais m’ont promis d’être sur le circuit pour intervenir si nécessaire.

Je dois avouer que j’étais très heureux de constater que la population me soutenait.

- Alors, le circuit a peut-être posé des problèmes ?

- Non ! Nous avons prévu une boucle pour le semi-Marathon et ceux qui le feraient dans sa totalité feront 2 boucles soit 42,195 km. Nous partirons du nouveau port, direction les quais du vieux port, passage sous la route bleue, petit tour à la Mossardière, puis Huchepie, camping de Tabardière, route de la Plaine et pour finir salle du canal à Pornic ou chacun pourra se doucher !

- Les gendarmes ont-ils été prévenus ?

- Non ! Mais ils m’ont fait une drôle de surprise ! Dans la nuit du 15 au 16 juillet, jour du départ, vers 2 h du matin, nous étions quelques-uns à finir la préparation quand nous avons entendu frapper à la porte. C’était les gendarmes qui s’inquiétaient sur notre autorisation. Je leur avais répondu que nous étions libres d’organiser notre Marathon car, comme tout citoyen, nous en prenions la totale responsabilité. Ils n’ont pas contesté et nous ont compris ! Ouf !

- Alors, comment s’est passé cette course homérique ?

- Ce fut un formidable succès. Nous avons eu 495 coureurs. Tous sont arrivés, ils avaient le choix entre semi ou Marathon entier. La participation de chacun était de 10 francs. Tous ont reçu une médaille et un maillot offert par une entreprise de Sainte-Pazanne.

Ce qui est extraordinaire c’est que 7 autres Marathons à Pornic ont suivis avec succès. François manifestait son contentement : « J’étais vraiment très satisfait ! À la fin je me suis arrêté, j’étais fatigué. Mais ce qui m’a le plus plu c’est de voir que d’anciens marathoniens ont pris le relais et se sont investis dans « Courir à Pornic », cette grande manifestation de course qui se déroule tous les étés’’.

Tout comme tous les Pornicais, je suis resté admiratif devant l’enthousiasme de François, organisateur hors pair de grandes manifestations festives à Pornic (comme la course des garçons de café, la balade des Solex, son action de démarrage du jumelage avec Linz ou l’action pour que le Casino de Pornic rouvre ses portes…), manifestations sur lesquelles je reviendrai.

La chronique de Michel Bordat : ‘’Monsieur 100 000 volts’’ (François Effling ) a créé à Pornic le 1er Marathon de Loire-Atlantique
La chronique de Michel Bordat : ‘’Monsieur 100 000 volts’’ (François Effling ) a créé à Pornic le 1er Marathon de Loire-Atlantique

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Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Trois semaines de bonheur vécues avec mon ami le frelon

D’une façon générale j’adore les animaux et j’aime raconter leur vie, leurs mœurs et je fais beaucoup d’effort pour réhabiliter la désastreuse opinion qu’on se fait parfois sur le comportement de certains. Un animal, quel qu’il soit, n’a jamais choisi sa façon de vivre. Il est entièrement dépendant de ses gènes et ce n’est pas à nous d’en juger ! J’ai de très nombreuses histoires à conter sur les animaux. Beaucoup sont savoureuses et mes élèves adoraient. Aujourd’hui ce sera l’inattendue et incroyable cohabitation avec un frelon !

Cette aventure a duré 3 semaines dans mon jardin quand j’étais directeur de l’école André Rouzel (aujourd’hui Kerlor). Tous les après-midis je m’installais sur une chaise longue pour lire quelques revues ou romans. Je me trouvais tout proche d’un vieux poteau en bois qui servait de support pour faire sécher le linge. Je me souviens de ma première rencontre avec le frelon. Plongé dans ma lecture j’ai été intrigué par un bruit curieux : une sorte de grignotement continu, maladroit et persistant, pratiquement au-dessus de ma tête. J’ai levé les yeux et horreur : un frelon faisait sa récolte de sciure qu’il avait produite avec ses mandibules. Je dois l’avouer :je n’en menais pas large. Je suis resté totalement immobile : le frelon s’est envolé emportant son précieux butin. Ouf ! Mais une minute plus tard le voilà qui revient ! Et tout de suite il se remit à grignoter ! Je n’ai pas bougé, je l’ai observé. De toute évidence, l’insecte avait un comportement pacifique. Cela n’était pas pour me déplaire. On dit tant de mal des frelons. Il semblerait que 3 piqûres suffiraient pour tuer un cheval. C’est ce qu’on dit parfois ! Celui-ci semblait inoffensif. Mais sait-on jamais ! Je pensais que si chacun restait calme et non agressif, on pourrait se supporter. Je crois que le frelon m’ignorait royalement. Et moi j’essayais de faire même. Tant que je ne faisais aucun mouvement brusque je ne représentais aucune menace pour lui ! Finalement nous avons vécu 3 semaines ensemble en toute amitié.

Le drame est arrivé après. Pas celui auquel on aurait pensé ! Et c’est bien triste aussi. La fin du mois d’août approchait à grands pas ! L’école allait reprendre. Pour moi c’était un cas de conscience. Les élèves allaient envahir la cour, à 4 mètres du fameux poteau en bois qui était le délice du frelon. Il y avait un véritable risque pour les enfants. Il m’a fallu prendre une affreuse décision mais impossible de faire autrement. Je devais assurer la sécurité des élèves. Je suis allé voir les pompiers et leur ai demandé de trouver une solution au problème. Ce qu’ils firent avec diligence : échelle pour atteindre le toit, projection de produit pour détruire les frelons qui se trouvaient en réalité sous le toit, dans les combles abritant les chambres mansardées de mes enfants alors absents. Pendant longtemps l’odeur épouvantable s’était répandue et avait imprégné les deux chambres ! Heureusement mes enfants étaient internes, loin de Pornic !

Je ne sais pas si cette histoire finit bien. D’une certaine façon j’ai des regrets. Mais pouvait-on faire autrement ? Je ne crois pas !

 

La chronique de Michel Bordat : Trois semaines de bonheur vécues avec mon ami le frelon
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Publié le par alain BARRE
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La chronique de Michel Bordat : Adorable Juliette Gréco : elle a beaucoup aimé les habitants du « Trou Perdu », Saint-Mars-la-Jaille !!!

C’est une belle histoire que nous a fait vivre la célèbre chanteuse si appréciée des Français et habitants d’autres pays, Juliette Gréco. Décor pornicais où se sont déroulés en partie les faits : le parking de Verdun et l’Hôtel Beausoleil place du Petit Nice. Ainsi que les bureaux du Conseil Général de Nantes !!!

C’était en 1988. À cette époque la Maison de la Culture de Loire-Atlantique décentralisait ses manifestations culturelles et Pornic recevait chaque année 2 à 3 spectacles de grande (et même très grande) qualité. Et ce jour-là un immense chapiteau avait été installé place de Verdun pour accueillir Juliette Gréco. Le public a vraiment été sous le charme et ne tarissait pas d’applaudissements au cours du spectacle.

J’avais le droit de faire des comptes-rendus presque systématiques dans Ouest-France et j’y prenais un grand plaisir :je pouvais exprimer mon ressenti et, apparemment les lecteurs appréciaient et me le faisaient savoir !

Donc ce jour-là j’avais voulu approcher Juliette Gréco après le spectacle. Quelle ne fut m’a surprise et ma joie, Madame Vételé, propriétaire de L’Hôtel Beausoleil m’a invité : « Venez dans mon établissement, j’y reçois Juliette Gréco ! » Ce fut une soirée mémorable !!

Bourgeoisement bien installés dans des fauteuils très confortables et douillets du salon de l’hôtel, ce fut l’occasion de bien des échanges sympathiques. Juliette racontait un peu de sa vie et c’était captivant. Madame Vételé avait préparé des gourmandises :de superbes petits gâteaux très alléchants. Juliette a refusé l’offre : « Je veux garder ma ligne ! » A plusieurs reprises je l’ai tenté en ventant ces jolis gâteaux : « Humez cette délicieuse odeur ! Goûtez cette savoureuse crème qui nous flatte le palais ». J’ai insisté et Juliette a fini par succomber au péché de gourmandise. De façon espiègle je proclamais que j’avais « fait succomber Juliette Gréco !! » (sans préciser !!)

La discussion s’est poursuivie et Juliette nous a raconté son parcours festif en Loire-Atlantique : « Hier au soir je suis tombée sur des gens admirables ! C’était, heu , heu ! Dans un trou perdu… du nord du département, une ville importante mais je ne me souviens pas de son nom : un certain Saint ma …je ne sais plus comment ! » L’expression « Trou perdu » a fait tilt dans mon esprit ! Je lui ai dit : « Ce ne serait pas Saint-Mars-la-Jaille par hasard ? » (la ville dont Charles-Henri de Cossé-Brissac, président du conseil général était le maire !) « C’est cela même ! Ses habitants sont adorables ! ! Imaginez, hier c’était le grand face à face à la télévision Mitterrand-Chirac pour l’élection présidentielle. Eh bien ! ce qui est formidable c’est que les habitants, au lieu de regarder comme tous les Français ce débat politique, sont venus m’écouter !Quelle joie et quel bonheur pour moi !! »

Autre aspect amusant de cette soirée au Beausoleil : il y avait un homme très tranquille qui était resté dans son coin. Curieux, j’avais demandé à Juliette qui était-il ? La réponse m’a totalement comblé ! « C’est mon guitariste, mais avant c’était le guitariste de Jacques Brel ! » (génial !!). Je m’inquiétais : « Pourquoi est-il silencieux ? » La réponse était amusante : « Aujourd’hui il est bougon !! »

Toute cette histoire était savoureuse et le lendemain matin j’ai téléphoné à Maurice Grassin le directeur et ami de Ouest-France 44 et je la lui ai entièrement racontée. Il m’a dit : « Michel, écris-là avec tous les détails. Je trouve cela très drôle, surtout que Charles-Henri de Cossé-Brissac, lui aussi, ne manque pas d’humour ! »

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais la suite est jubilatoire ! L’article est paru le lendemain. Ce jour-là il y avait une réunion plénière du conseil général et la plupart des élus départementaux se sont rendus à Nantes. Beaucoup avec Ouest-France sous le bras. Ils avaient découvert l’article et attendaient leur président. Quand celui-ci arriva il eut droit à une salve d’honneur de « comment est-ce dans ton Trou Perdu ? As-tu laissé ta femme dans ton Trou Perdu ? Ton Trou Perdu est-il si perdu que ça ?... » Le pauvre Charles-Henri était très perplexe. Ses collègues ont fini par lui montrer le journal. Il a compris et a souri.

La chronique de Michel Bordat : Adorable Juliette Gréco : elle a beaucoup aimé les habitants du « Trou Perdu », Saint-Mars-la-Jaille !!!
La chronique de Michel Bordat : Adorable Juliette Gréco : elle a beaucoup aimé les habitants du « Trou Perdu », Saint-Mars-la-Jaille !!!
La chronique de Michel Bordat : Adorable Juliette Gréco : elle a beaucoup aimé les habitants du « Trou Perdu », Saint-Mars-la-Jaille !!!

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La chronique de Michel Bordat : Charles Sibiril et ses amis ont sauvé les chênes centenaires de la Mossardière
La chronique de Michel Bordat : Charles Sibiril et ses amis ont sauvé les chênes centenaires de la Mossardière
La chronique de Michel Bordat : Charles Sibiril et ses amis ont sauvé les chênes centenaires de la Mossardière

Menacés il y a trois décennies les majestueux arbres de la Mossardière ont résisté et apportent toujours leur charme discret à un quartier sympathique.

Quand Charles Sibiril et ses amis m’avaient appelé, il y a pratiquement une trentaine d’années, pour qu’on préserve les chênes de la Mossardière j’avais répondu immédiatement présent. En effet, depuis ma plus jeune enfance j’étais très sensibilisé par la nature et particulièrement par les forêts, d’où ma réaction spontanée. J’avais 6 ans quand mes parents avaient fait installer une grande « guitoune » arabe dans une région montagneuse et très boisée de l’Atlas marocain. Si les lions, comme le racontait avec saveur Alphonse Daudet avec son Tartarin, avaient totalement été éliminés, les magots, ces macaques marocains, singes dépourvus de queue, vivaient avec bonheur dans les forêts si denses de l’Atlas. Ils étaient si espiègles que, durant toute une nuit, ils avaient sauté et galopé sur le toit de notre guitoune, semant une véritable panique.

J’ai de très nombreux souvenirs, plus ou moins amusants, avec les forêts. Deux fois je me suis réellement perdu (chaque fois plus de 3 heures).Une première fois dans une forêt du Morvan en cherchant des girolles et une deuxième fois dans les montagnes d’Auvergne, en cueillant des myrtilles.

Mais c’est il y a 40 ans que pour la première fois on m’avait demandé (j’habitais alors au nord Loire), comme pour la Mossardière, d’intervenir pour sauver 11 hectares de bois et taillis qui allaient disparaître pour créer un vaste lotissement « forestier ».Avec plusieurs amis nous avions décidé de sauver ce bois. À cette époque le président Giscard d’Estaing avait créé dans chaque préfecture le poste d’un responsable de défense de la nature (un écologiste dirions-nous aujourd’hui). J’ai eu l’adresse de ce responsable et lui ai demandé un rendez-vous qu’il m’accorda immédiatement. C’était aussi le directeur du jardin des plantes de Nantes !!Je lui ai expliqué le problème et il m’a dit qu’il était très intéressé : ‘’C’est ma première affaire depuis que j’ai pris mes fonctions. Je téléphone immédiatement au préfet. Prenez l’écouteur !’’ J’ai entendu toute la conversation. Le préfet s’était engagé à étudier le dossier et en attendant il gelait (par sursis à statuer) l’opération ! En réalité elle a été définitivement stoppée avec une légère compensation :seuls 3 hectares pourront être lotis, les 8 autres devront être entièrement préservés. D’autre part le lotisseur devra s’engager à offrir à la commune une certaine surface pour créer un parc .

Ce qui est très amusant c’est qu’il y a 15 jours, alors que je faisais mes courses au Netto du Clion, une jeune femme m’a abordé :’’Bonjour Monsieur Bordat !Vous ne me reconnaissez pas ?Mes parents habitent le Bois Renard que vous aviez défendu !’’Tout de suite j’ai réagi : ’’Après 40 ans, est-ce que les arbres ont été préservés ?’’La réponse m’a beaucoup ému !I’’On les a tous conservés !!’’Incroyable ! Quel bonheur !

Revenons à la Mossardière. Qu’ils avaient raison ses habitants ! Il y a une trentaine d’années les chênes centenaires formaient une superbe allée presque en forme de tunnel, pleine de caractère. Une opération de construction de lotissements faisant disparaître de nombreux chênes était sur toutes les lèvres. Il fallait vite agir. Ses habitants m’avaient demandé de faire « écho » dans Ouest-France. J’ai fait mon enquête et j’ai interrogé Pierre Hériaud, un natif de Sainte-Marie et maire délégué. Pierre a très bien réagi et a décrété le sursis à statuer. Le résultat a été totalement bénéfique. Les chênes centenaires ont été sauvés. Ces arbres étaient majestueux, chacun arborant ses larges bras, noueux , tous tordus vers le ciel. Leurs formes étaient extrêmement variées et permettaient toutes sortes d’interprétations imagées. Pour le photographe c’était un puits de formes et de sujets pour réussir des clichés inédits. Si de très rares arbres ont été décapités pour des raisons de bien-être ou de sécurité, chaque arbre a gardé son caractère. Ici Monsieur Bourru, là Madame la Goulue, façon Toulouse-Lautrec. Mais d’autres étaient plus paisibles tel le Prince Charmant ou tout simplement Blanche Neige et ses sept nains. Ce qui est sûr c’est que les dessinateurs pouvaient et peuvent toujours trouver leurs modèles. Pourquoi ne pas organiser un concours de dessin ? Souhaitons longue vie encore à ces chênes qui embellissent un si charmant quartier et lui donnent une âme.

Il ya une trentaine d’années, quand il s’était avéré que les chênes étaient sauvés, le quartier de la Mossardière, à deux pas du château portant le même nom, a fait la fête en faisant rôtir à la broche un mouton et en découvrant un excellent vin du midi, un savoureux Gigondas des Côtes du Rhône.

A Pornic il existe d’autre lieux boisés très attractifs tels l’allée qui descend aux Grandes Vallées ou la vieille partie du golf quand il était à 9 trous avec ses magnifiques arbres centenaires.

La chronique de Michel Bordat : Charles Sibiril et ses amis ont sauvé les chênes centenaires de la Mossardière
La chronique de Michel Bordat : Charles Sibiril et ses amis ont sauvé les chênes centenaires de la Mossardière
La chronique de Michel Bordat : Charles Sibiril et ses amis ont sauvé les chênes centenaires de la Mossardière
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La chronique de Michel Bordat. Dictéefolies de Pornic : les gendarmes de la Compagnie à l’honneur
La chronique de Michel Bordat. Dictéefolies de Pornic : les gendarmes de la Compagnie à l’honneur
La chronique de Michel Bordat. Dictéefolies de Pornic : les gendarmes de la Compagnie à l’honneur

 

C’était une idée folle que celle des Dictéefolies. Cette animation culturelle avait été créée avec la complicité d’une promotion d’élèves de ma classe (j’étais alors directeur de l’école André Rouzel dont il ne reste que les vestiges d’une fresque réalisée alors par mes élèves et aujourd’hui à l’abandon. L’école qui est devenue école communale Kerlor). Maître de CM2 je proposais tous les jours une courte dictée non préparée. Chacune était numérotée et cette année-là mes élèves m’avaient demandé : ‘’Monsieur Bordat, et si on fêtait la dictée N° 50 ?’’ Du jamais vu !Fêter une dictée, cela me semblait curieux, surprenant, inattendu et montrait que mes élèves étaient passionnés et studieux. Une très grande confiance existait entre les enfants et moi-même. J’avais relevé le défi et mis en place une stratégie assez complexe qui a débouché sur la création des Dictéefolies. (Je donnerai ultérieurement des explications très drôles mettant en valeur tout le suc qui a amené la mise en place de ce concept).

En quoi consistait cette entité ? Cela s’est passé dans les locaux de l’ancien lycée du Pays de Retz qui a été entièrement détruit !!! C’était au printemps 1997. Il s’agissait, par équipe de 2 (on ne rendait qu’une copie et le résultat était le fruit des échanges et de la réflexion des 2 partenaires), de réécrire sans faute un texte écrit phonétiquement, donc bourré de fautes (voir plus bas un extrait de l’exercice). Pour les primaires et les collégiens l’utilisation du dictionnaire était permise sinon recommandée. Texte phonétique, travail en équipe, utilisation du dictionnaire, les dictéefolies avaient tout pour plaire et apparemment elles ont beaucoup plu. La preuve, 5 300 personnes ont participé à ce curieux et pittoresque exercice.

Pour la 1re édition j’avais choisi et annoncé à l’avance comme thème : l’Égypte et chacun pouvait se replonger dans des livres d’histoire pour se préparer (on ne comptait aucune faute sur les noms propres). Mais c’était la première édition et pour moi c’était l’angoisse totale ! J’étais aidé par une merveilleuse équipe formée de parents d’élèves du lycée et de membres de l’amicale laïque de Pornic. Combien y aura-t-il de participants pour la première édition ? 20...50...100...150...plus de 200 ? C’était le brouillard total. Il nous fallait prévoir, en suffisance, un certain nombre de classes, de surveillants, de correcteurs, de lots !!! Il fallait faire aussi beaucoup de publicité et mon amie Murielle Pailloux, professeur de latin-grec du lycée, m’a beaucoup aidé et dans la finition de mes textes et dans la distribution de tracts sur la place publique.

A tout hasard j’avais photocopié 300 feuilles d’épreuve. Intuition, prémonition, j’avais eu raison de prévoir large ! En effet, pour la première de cette originale manifestation ce sont 225 personnes qui se sont présentées !!! Il a fallu, dans la précipitation, ouvrir des salles, diriger les candidats, attribuer des surveillants et mettre en place l’équipe des 30 correcteurs. Le proviseur du lycée qui nous accueillait nous apportait une aide considérable. C’était génial ! Les commerçants de Pornic ont été aussi d’une incroyable générosité et avaient offert un très grand nombre de lots et, ainsi, chaque concurrent a été gâtés ! !

La proclamation des résultats a été pour moi une très agréable surprise. Le couple gagnant adulte était formée du gendarme Jean-Paul Suteau (avec qui j’étais en relation pratiquement tous les soirs, devant assurer la couverture de tous les faits divers du Pays de Retz pour Ouest-France) et de Bernadette Breton, l’épouse d’un gendarme très apprécié de ses collègues et de la population. Tous deux ont reçu un incroyable cadeau. En effet, quand je suis passé au Casino de Pornic pour solliciter des lots j’ai été reçu par le directeur Alain Aupiais. Il m’a tout de suite demandé ‘’Quel est le thème de votre dictée ?’’ Je lui ai répondu ‘’l’Égypte !’’ Il a poursuivi du tac au tac ‘’Alors un voyage pour 2 d’une semaine en Égypte, cela vous convient-il ? ’’J’étais abasourdi et heureux ! Bien sûr que cela me convenait ! Depuis c’était devenu une tradition et Monsieur Marganat le second directeur a lui aussi, chaque année, offert un voyage d’une semaine pour 2 personnes !!

Si ce couple de Gendarmes a fait briller l’image de la gendarmerie nationale, la jeune Lauraly, fille à l’époque du major Rapaille, a remporté quelques années plus tard, le 1er prix en scolaire primaire, portant ainsi très haut le prestige de la compagnie de gendarmerie de Pornic.

D’une façon générale les gendarmes sont bien intégrés dans la vie locale à Pornic. Le capitaine Christian Rodriguez (qui est devenu le N° 2 de la gendarmerie nationale française et avec qui j’ai souvent discuté) était une excellent volleyeur, le capitaine Schweitzer (que j’appréciais beaucoup) faisait partie du club de rugby. Quant au gendarme Tessier, il était choriste dans la chorale de chants marins et pratiquait régulièrement le cyclotourisme. Jean-Paul Suteau est un homme adorable, très cultivé. S’il est surdoué en orthographe c’est aussi un artiste, choriste à La Frégate et en devint membre du conseil d’administration.

Après sa réussite, Lauraly et sa famille sont parties à Rennes. Mais le virus des Dictéefolies était pris et c’est à moto, avec son père, assise sur le siège arrière qu’elle est revenue à Pornic pour participer à une nouvelle édition. Chapeau !

Extrait, très court, du texte donné aux adultes. Pour que chacun se fasse une idée de la complexité des dictéefolies. Première édition en 1997 avec pour titre ‘’Heureuses les filles et les femmes égyptiennes’’.

‘’Prauphécion libhéral, statue de phonkciaunerrhe, lhanceynieuman deux là maide cynne étè hoci akcécyble hô gheune fylle. Cé maime leu preumié paihy ô mhondhe ky pairmysôfame d’egzercé las prauphécion deux prathycyenne daukthoraice’’

Conseil : pour réussir l’exercice se mettre à 2 : l’un lisant ce qui est écrit phonétiquement (et n’y comprenant rien !!) l’autre écoutant et comprenant le message.

Je donnerais la correction prochainement. Bon courage pour les valeureux qui se lanceront dans l’aventure !!!

Photos : Jean-Paul Suteau avec une responsable de La Frégate.

De droite à gauche :Pierrette Suteau, Bernadette Breton (toutes deux aux commandes du bateau sur le Nil, en compagnie d’une voyageuse et du « Pacha » du navire.

 

La chronique de Michel Bordat. Dictéefolies de Pornic : les gendarmes de la Compagnie à l’honneur
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