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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Articles avec #meme catégorie

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Mémé
Mémé dont vous étiez nombreux à apprécier la gentillesse, dans les chroniques de ce blog, est morte jeudi.
La petite flamme de la vie qui vacillait en elle depuis quelques mois, s'est éteinte !...
Elle avait participé activement, avec son mari, à la création de l'association crématiste du Mans et c'est donc dans cette ville que se passera, mardi prochain à 15 H, la crémation.
Madeleine, notre "mémé", une mémé comme tout le monde aimerait en avoir une, n'est plus. Adieu mémé !... 

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Mémé

Mémé, comme la plupart des personnes très âgée, commence le journal par la nécro. Momone lui répond :

   - Ah les obsèques !...du moment que notre nom n'est pas marqué sur le journal !!!...et elle termine en faisant un vague geste circulaire vers le plafond, montrant bien par là comment elle s'en balance.


    - Momone n'achète pas les choses, comme beaucoup d'autres dans l'Ouest de la France, elle les « ajète »

 

    - Une expression un peu mystérieuse, mais dite avec beaucoup de conviction (et l'on sent que ça urge !) : On n'est pas là pour rincer l'pot !


Momone toujours debout, toujours prête à rendre service !


Momone s'y connaît en vins ! D'après elle, le meilleur rouge : Bordeaux St Emilion... Pour les champagnes : la veuve Cliquot semble lui procurer une certaine émotion !...mais ...bon...le Heidsieck cuvée prestige lui fait tout de même claquer la langue !...

 

...Et puis, le champagne, ça rend les femmes belles !....


  - Elle essaie d'ouvrir la bouteille...Hélas, le poignet est plein d'arthrose ...

   -  Besoin d'une petite aide Momone ?...et plock ! le bouchon saute !....

   -  On n'est jamais déçu avec ce champagne ! ...Ah mais !... Si je ne me retenais pas, c'est que je me mettrais à la boisson !....


Et moi, j'ajoute : Si Momone n'existait pas, il faudrait l'inventer !


Comme d'habitude, grand succès populaire du feu d'artifice de Pornic ! Il est vrai que tous les ingrédients pour plaire au plus grand nombre sont réunis : le bruit, la couleur, les odeurs, la nuit qui isole le regard et le concentre dans une seule direction, la scène (le ciel) visible facilement de partout et de tout le monde !...et le cadre particulier de la vallée encaissée de la ria de Pornic qui met particulièrement bien en valeur ce genre d'évènement ! Depuis quelques années s'ajoute la musique diffusée par des hauts parleur super puissants. Je crois avoir reconnu des morceaux du très bon disque "J'aime pas le classique, mais..."

Un feu d'artifice, c'est aussi souvent la fête des papas qui sont amenés à porter leurs petits sur leurs épaules. C'est ce thème que j'ai retenu...

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Mémé

En l'honneur de l'anniversaire de Momone, mémé nous invite au restaurant. Il a fallu lui souffler l'invitation car elle ne sort pratiquement plus. Elle a restreint le cercle de ses déplacements à la longueur du tuyau de l'extracteur d'oxygène (15 m) qui lui est indispensable maintenant. L'heure dite et une fois ces dames habillées de leurs plus beaux atours, tout le monde monte dans la voiture; En voiture Simone !...

J'ai retenu une table au restaurant, près des vitres qui donnent sur le large. On voit la mer en contrebas, des gens qui jouent sur le sable et, dans le lointain, on distingue l'île de Noirmoutier...Le lieu est idyllique !...soudain on entend sur la plage une musique de jazz gaie et entraînante.


Ce sont les musiciens du Brass Band de Pornic qui s'entraînent pour un concert qui va être donné ce soir. La fête se terminera par un feu d'artifice !... Pas de regrets à avoir, à cette heure tardive, Momone et mémé seront profondément endormies !...

Pas d'apéro, mais pour marquer le coup nous allons prendre une bouteille de champagne qui en fera office et qui servira pour le reste du repas. La carte des champagnes est confiée à Momone qui adore ce vin, synonyme de fête et de luxe pour elle, et qui est une experte reconnue en vins fins dans la légende familiale. Elle discute avec le sommelier avec autorité...pas celui-là, trop sec... ni celui-là, trop moyen...Mettez-nous celui-ci, c'est le meilleur !

Momone se régale, elle trouve tout excellent. Mémé, comme d'habitude apprécie les petits amuse-gueules de l'entrée, dédaigne le St Pierre au profit d'une ou deux petites (très petites) pommes de terre de Noirmoutier et se rattrape sur les desserts ! Elle qui n'aimait pas le sucré, ne mangerait plus que cela maintenant, au point qu'elle fait une razzia sur les chocolats fourrés et les meringues que le serveur a apporté avec le café !

Pendant une pause, je me retrouve seul avec mémé qui, le champagne aidant, a un petit coup de blues et est en veine de confidence Elle me raconte sa petite enfance...sa mère morte quelques mois après sa naissance...elle est alors élevée par ses grands parents... à l'âge de 3 ans, remariage de son père et déménagement pour le Calvados. Elle se souvient d'avoir été malheureuse de quitter ses grands parents. Les débuts avec sa belle-mère ont été difficiles, « pourtant elle était gentille avec moi », précise mémé. « Je ne savais pas que ce n'était pas ma mère et ce sont des petites camarades de l'école qui me l'ont appris. J'ai été bouleversé, mais je n'ai pas osé en parler parce que mon père aurait été en colère !...mais, vous pensez, c'était dur à vivre !... »

Après ces agapes, nous restons un moment assis sur un banc, à contempler la plage et l'Océan !....La mer est tranquille, presque pas de vagues, des jeunes s'amusent dans l'eau, des parasols dessinnent de jolis ronds de couleur sur la plage, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, un peu d'air, juste ce qu'il faut pour se sentir à l'aise...Momone est partie explorer le sentier côtier. Mémé entre rapidement dans une méditation profonde (stade 2 de l'endormissement) et je dois dire que moi aussi...

Elle est pas belle la Vie !....

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Mémé

Momone, une cousine de mémé est venue lui rendre visite. Momone a 85 ans et mémé, du haut de ses 88, la considère parfois avec une certaine condescendance.

Momone est adorable, elle est percluse de rhumatisme, entend mal, souffre de troubles divers mais c'est une boule d'énergie. Elle n'arrête pas ! A table, elle se précipite pour aller chercher les plats ou débarrasser. Il faut vraiment que je fasse des départs de sprint pour arriver avant elle !...

Momone trouve toujours quelque chose à faire. Elle s'est occupée de sa mère, impotente, pendant des années tout en tenant une épicerie de village ouverte tous les jours de 6H du matin à 8H le soir. Après le décès de sa mère, elle a pris en charge un vieil homme, jouant, gratuitement auprès de lui, le rôle de dame de compagnie et d'aide ménagère, tout en continuant de rendre de multiples services autour d'elle. Partout où elle passe, les gens l'aiment bien et l'invitent, en retour, quand l'occasion se présente. Elle est allée ainsi à un mariage à Londres, où elle est restée quelques jours.

Momone ne prend jamais l'avion....elle n'a pas confiance ! Elle préfère le bus, le train ou sa petite voiture qu'elle a conduite jusqu'à ces dernières années. Elle a toujours plein de projets. Le dernier étant d'aller en bus à Vienne. La magie des valses viennoises et de Sissi l'a conquise...12 jours et quelques milliers de Km pour un circuit organisé !...Le bus ne lui fais pas peur, mais elle se pose tout de même des questions car le marchepied est haut, trop haut et malcommode ! Elle a abandonné avec regrets, un projet de voyage à Venise...trop compliqué, trop de ponts, trop d'escaliers, trop de tout...

Aujourd'hui, on fête son quatre-vingt-cinquième anniversaire. Que va faire mémé pour célébrer dignement cet évènement ?....

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Mémé

Chaque anniversaire du débarquement est un évènement lourd d'émotion pour mémé ! Elle était à Caen et, comme les autres habitants de la ville, elle entendait le bruit inquiétant des bombardements dans le lointain mais sans savoir de quoi il s'agissait. Elle explique :

        - Le lendemain matin je suis quand même passée voir mon amie Germaine pour me rendre au travail...Nous sommes arrivées au bureau (mémé travaillait à la gare) et le chef nous a dit « je n'ai qu'un conseil à vous donner...fichez le camp, fichez le camp, fichez le camp...tout de suite, la gare va être bombardée !... »

Mémé et Germaine sont passées prendre leurs valises, les ont fixées sur le porte-bagages du vélo et sont parties à pied, poussant le vélo, chacune à leur tour. Destination : chez la mère de Germaine, à Grimbosq, village situé à une trentaine de Km de Caen.

        - Il nous a fallu toute la journée !... A chaque fois qu'un avion passait on courrait se réfugier dans un fossé parce qu'il nous tirait dessus !

         -  C'était des avions allemands, mémé ?...

         -   Non,... des Anglais ! Ils tiraient sur tout ce qui bouge !

         -   Vous êtes arrivées saines et sauf à Grimbosq ?

         -  Oui, et la mère de Germaine étaient bien contente de voir sa fille....Mais moi, je n'avais pas de nouvelles de mes parents !

         -  Alors, qu'avez-vous fait ?

         - J'ai attendu deux jours, puis j'ai pris le vélo de Germaine et je suis parti à Couliboeuf...Mes parents étaient inquiets, mais tout allait bien.

         -  Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?

         -  Quelques semaines après il a fallu quitter Coulibeoeuf pour aller se réfugier dans une ferme. La gare de Couliboeuf et son dépôt de locomotives étaient sous les bombardements. On a rien eu, mais le père de ma cousine qui habitait dans un autre village a été tué. Il est resté à la fenêtre de sa maison et il a reçu un éclat...

Mémé raconte que, dans cette ferme, sa belle-mère a été la première à voir les « Anglais » (Pour mémé, tous les soldats alliés, y compris les Américains, étaient des « Anglais ») : un soldat qui braquait son fusil sur elle.... Elle s'est fait reconnaître et toute la troupe est venue à la ferme.

         - On leur a donné à boire...c'est moi qui leur parlais en anglais...je me débrouillais bien...et puis j'avais mon dictionnaire !...après, on a pu retourner à notre maison....fallait voir dans quel état elle était !...Les Allemands, les Anglais étaient passés par là...Je peux vous dire qu'ils n'avaient pas rangé après !...

Mémé est émue, comme si elle entendait encore les bombardements dans sa tête,... On peut la comprendre, elle qui redoutait tant de périr enfermée dans un abri que, pendant les raids, elle  « préférait » se réfugier sous la protection illusoire d'une haie !...

En discutant avec mémé, je me dis que ceux qui se demandent à quoi sert l'Europe (entre autres, certains candidats) devraient l'écouter. L'Europe ? D'abord et avant tout, une volonté d'unir des pays pour éviter que, de nouveau, ils se foutent sur la gueule !


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Mémé

Mémé est de retour déjà depuis quelque temps. Elle parle de sa rue.

-          Dans la rue, il y avait une famille qui se prenait pas pour tout le monde. Ils travaillaient dans l'usine de rillettes, mais pas des petits ouvriers,...(mémé fait un geste vers le plafond) là-haut, dans les bureaux ! Ils étaient radins et fréquentaient personne ! Leur fille allaient dans la meilleure école...une école religieuse ! Ils ne parlaient pas à grand monde dans la rue...puis un jour ils sont venus nous voir. Mon mari m'a dit « ils doivent avoir quelque d'embêtant à nous dire !... ». En effet, leur fille se mariait, et c'était sans grande cérémonie...y'avait même pas de mariage religieux. Et là, ils étaient pas fiers....

      C'était les seuls à posséder une voiture. Dans la rue, le matin, on n'avait pas besoin de réveil...Dès 7h1/4, on entendait sonner les grelots des vélos... c'était un vrai carillon. Moi aussi je prenais mon vélo !...

-          Quand avez-vous eu une voiture ?...

-          Eh bien, plusieurs familles se sont payés des 4 CV. Celles qui travaillaient chez Renault, d'abord.... C'étaient des belles voitures, mais mon mari a préféré prendre une 2CV...Les gens nous ont dit : « Pourquoi vous prenez une 2CV, les 4CV, c'est bien mieux, ça va plus vite !... »

     Et ma belle-mère nous a fait la morale. Elle n'arrêtait pas de dire : « j'comprends pas pourquoi vous avez acheté une voiture puisque vous pouvez voyager gratis dans le train !... »

    Mais quand mon mari allait la chercher pour l'emmener au cimetière, elle disait pas non !...

-          Et vous mémé, vous conduisiez ?

-          J'ai passé mon permis, et puis après j'ai plus jamais touché à la voiture.

-          Ça ne vous a pas tenté de reprendre le volant ?..

-          (Mémé fait un geste évasif) Mon mari conduisait....

Mine de rien, mémé qui avait déclaré, comme d'habitude, au début du repas qu'elle « n'avait pas faim, ce soir... » s'est enfilée une tartine de rillettes de canard (sur du pain grillé, mémé adore quand sa croque sous la dent !...), et 2 sardines sur les trois que je lui proposais. Elle a dédaigné les « céréales méditerranéennes » que je prépare en 10 minutes quand j'ai oublié de faire autre chose. Puis elle a repéré une pomme de terre et m'a demandé : « je vais l'éplucher et la couper en rondelles dans la poèle à sardines. Vous pourrez me les réchauffer ? » Comme dessert, j'ai vite passé sous l'eau quelques fraises que je lui ai mis dans une assiette avec de la confiture de fraises. Je lui ai dit que ça remplaçait avantageusement le sucre. Mémé était ravie de la recette ! Nous avons arrosé le tout avec un bordeaux moelleux. Mémé l'a apprécié, mais elle a déclaré : « Il est bon, mais le Sainte-Croix-Du Mont est tout de même meilleur ! »

-          Bon, mémé, commande est prise !...

Avant de se lever de table elle m'a déclaré :

-          C'était bien, là où vous m'avez placé !... J'y retournerai avec plaisir...(un petit instant d'hésitation) s'il le faut !...

-          Sacré mémé !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Mémé
Mémé n'a pas le moral. Elle doit aller dans un lieu d'hébergement temporaire pendant que nous serons en Suisse, à Lausanne, sur les bords du lac Léman. Huit jours, c'est peu mais mémé a peur de n'y voir « que des vieux ! ».
Visite faite - non sans mal et sans péripéties - elle commente :
-  C'est propre ! Mais j'aurais préféré tout de même qu'on me mette pas en pension !...Je suis resté déjà 5 ans en pension,quand j'étais jeune, ça suffit !

- J'y suis resté 10 ans, mémé. C'est vrai qu'il y a de mauvais moments, mais il y en a aussi des bons !
- Hmmm! (mimique peu convaincue de mémé)
- Vous étiez une bonne élève, vous ?...
- Oui, et la directrice m'avait demandé, pour ma dernière année, d'être surveillante...
- vous voulez dire "pionne" ?
- oui, c'est pareil...
- Et c'était bien payé ?
- Pensez-donc ! rien du tout ! mais j'étais nourrie, blanchie, logée. Comme ça mes parents n'avaient rien à payer...j'ai bien essayé de passer le concours d'entrée à l'école normale mais j'ai pas réussi !...Et puis la guerre est venue !...

 

A table, on essaie de parler de choses un peu plus gaies. Mémé me raconte une blague.

Elle avait une copine qui « fréquentait » et la future belle-mère avait l'habitude de dire : « Puisque le bon dieu vous a mise là, apportez-moi donc... ». Ainsi, madame belle-mère se faisait servir à moindre frais en se payant d'une belle formule...

Puis, un jour, raconte mémé, ma copine est tombée enceinte (oui, autrefois, c'est quelque chose qui vous « tombait dessus », sans crier gare !). elle a déclaré à sa future belle-mère :

-          Oui, je suis enceinte, et c'est pas l'bon dieu qui m'a mis dans cet état-là !... c'est vot gars !...

Damned ! On savait parler aux belles-mères en ce temps-là !

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Mémé

Comme d'habitude, mémé commence par dire « qu'elle n'a pas faim aujourd'hui !... ». Elle semble s'étonner, comme si les autres jours elle avait un appétit d'ogre. En réalité, avec ses 30 Kgs, il faut continuellement ruser pour l'inciter à avaler quelque chose ! Ne pas s'énerver ! D'abord lui rappeller les paroles de son médecin de confiance :

-          Vous vous rappelez ce que vous a dit votre docteur ?...

Mémé fait mine qu'elle ne se rappelle pas.

-          Si vous voulez ne pas être essoufflée le matin, il faut alimenter votre cœur.


En tant qu'ancienne de la SNCF, mémé comprend bien les comparaisons avec le train :

-          Votre cœur est comme une locomotive...pour fonctionner, il lui faut du charbon, de bonnes grosses pelletées de charbon qui font ronfler la machine !...

-          Mémé sourit et déclare avec une petite voix : ben oui, mais c'est difficile quand on n'a pas faim !...

-          Oui, mémé, vous avez raison, c'est aussi difficile de manger quand on n'a pas faim que de ne pas manger quand on a faim ! Mais aujourd'hui, il n'y a que des bonnes choses pour le déjeuner !...


Mémé commence sans trop d'entrain... Je sors une bouteille de rosé champagnisé et je rajoute une goutte de bon cassis, du Lejay-Lagoutte, qu'elle apprécie :

-          Je préfère ça, ça passe mieux !...

Puis mémé lance la conversation sur son petit village d'enfance dans le Calvados. Il a un joli nom : Morteaux-Couliboeuf (Morteaux = Mortes eaux) ! 500 habitants tout au plus, mais autrefois un nœud ferroviaire fréquenté.

-          On avait un médecin roumain à Morteaux-Couliboeuf. Il avait pris la suite d'un autre docteur roumain. Tout le monde l'aimait bien ! Tous les matins il emmenait son fils à l'école, à Falaise... Un matin, on ne l'a plus vu. Il avait été arrêté et déporté à Dachau. Vous connaissez bien Dachau vous ?...

-          Oui, mémé, vous avez raison, j'y ai passé un an, pendant mon service militaire, avec les Américains. Nous étions dans l'enceinte du camp et je voyais souvent des rescapés qui revenaient visiter le lieu où ils avaient été détenus. Ils étaient souvent très émus, ils pleuraient et parfois il fallait les soutenir...

Mémé approuve pensivement. Je lui demande :

-          Savez-vous pourquoi ils ont été arrêtés ?

-          Je pense qu'ils étaient juifs et qu'ils ont été dénoncés...Il a eu le temps de faire passer un courrier, c'est comme cela que l'on a su qu'il allait être déporté à Dachau.

Mémé prononce à la française « da-cho », en insistant bien sur la deuxième syllabe. Cela me fait tout drôle. Si je prononce ainsi, aucun de mes amis allemands ne comprend rien. Eux, disent « da-ra-o » avec un CH assez guttural.

-          Savez-vous ce qu'ils sont devenus ?

-          Dieu seul le sait !... et comme il est pas bavard !...

-          Mémé, vous savez, il y en a qui disent que les camps « c'est un détail de l'histoire.. »

Mémé lève les yeux au ciel : « il y a des fous partout ! »

......

Pour terminer : expresso et chocolats.

-      Ce midi nous avons aussi des petits macarons de toutes le couleurs !

-      Ils sont bons...

-      Oui, mémé, ils croquent sous la dent !


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Mémé

-          Mémé, si on préparait une salade de fruits pour ce soir ?....

Depuis que l'on nous serine qu'il faut manger au moins 5 fruits ou légumes par jour, j'ai pris l'habitude de faire des salades de fruits plusieurs fois par semaine. C'est vite fait et c'est toujours bon ! Pour mon ramequin, je n'oublie pas d'ajouter une bonne rasade de rhum, ce qui ne fait pas vraiment partie des recommandations du ministère de la santé, mais qui, à mon sens, améliore notablement la recette. Si le rhum manque, un vieux calva (un truc où il ya de la pomme !...) fera l'affaire !... Je confie l'épluchage à mémé qui pèle, décortique, épépine avec soins et débite tout en petits morceaux. Elle fait appel à moi seulement pour découper les oranges, son petit couteau « usé jusqu'à la corde », n'accrochant pas suffisamment !...

Pendant le déroulement de cette tâche, mémé, un petit sourire malicieux aux lèvres, ne manque pas de chantonner : « salade de fruits, jolie, jolie, jolie... ». Elle me fait un signe de tête complice et me dit :

-          Vous connaissez ?

Alors je reprends la suite :

-          Tu plais à mon père, tu plais à ma mère...

Et l'on continue en cœur :

-          Salade de fruits jolie, jolie, jolie, un jour il faudra bien qu'on nous marrie !...

Après ce petit duo, elle commente

-          Bourvil, en voilà un homme qui était gentil ! Je l'avais rencontré quand j'étais en cure à Contrex avec mon mari.  C'était un homme qui était simple !..."Simple", c'est un beau compliment pour mémé, ça veut dire, pas tapageur, qui reste accessible malgré la célébrité, enfin, tout le contraire du "bling-bling" (vous voyez Bourvil président, vous ?...)

Et mémé reprend la cuillère pour brasser la salade de fruits jolie, jolie, jolie, tout en chantonnant et remuant doucement la tête en cadence.

A la prochaine salade de fruits, dans deux ou trois jours, nous reprendrons notre duo !...


Pour ceux qui souhaitent voir ou revoir l'expo "Sourires des Femmes de l'Inde, Sourires des enfants, Vie quotidienne", rendez-vous à la médiathèque de Pornic, du 1er au 25 avril. Photos en 30X45 et 50X70. La médiathèque en profite pour faire une animation sur l'Inde, en particulier avec des livres d'enfants qui vous redonnent envie d'être enfant ! Les mardis,mercredis, jeudis, vendredis et samedis aux heures habituelles d'ouverture de la médiathèque

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Mémé
(Cliquez sur la flèche en forme de triangle pour écouter la chanson !)

-          J'arriverai pas au bout d'un gros beefsteak comme ça !

-          Mémé, c'est tout de même pas un steak qui pèse à peine 100 g qui va vous faire peur !

Ce n'est pas tout à fait vrai, il fait 120 g... Bon ! je sens qu'il va falloir ruser pour que mémé aille au bout de sa portion ! Je la branche sur le travail.

-          Comment faisiez-vous pour aller au travail, vous y alliez en bus ?

-          Mais non ! j'y allais en vélo...tous les jours, et je revenais à la maison pour le déjeuner...4 allers-retours par jour.

-          C'était pas trop loin ?

-          Non, un quart d'heure...et puis c'était plat !

-          Et quand il pleuvait ?

-          Je mettais une grande cape qui recouvrait le guidon et les mains. Mais j'arrivais trempé parfois...

Le steak disparaît lentement (très lentement), petits morceaux par petits morceaux. Je rebranche mémé sur son dernier jour de travail avant la retraite. la question est d'actualité à la maison...

-          J'étais émue ! ça fait tout de même quelque chose...

-          Vous êtes partie à quel âge ?

-          A 55 ans ! A la SNCF, autrefois c'était comme ça !...je me souviens quand j'ai rangé mon bureau...y'avait plein de choses qui étaient là depuis des années.... Et j'avais la larme à l'œil...

-          Comment ça se passait avec vos collègues ?

-          On était douze, trois femmes seulement ! Ils fumaient presque tous...c'était pénible, pas moyen de les faire arrêter ! quand on rentrait à la maison, les habits sentaient le tabac, c'était pénible !...Un jour j'en ai eu assez, alors j'ai demandé qu'on installe un petit vasistas sur une fenêtre...c'était un peu mieux ! Aujourd'hui, ils sont tous morts sauf un. Il ne fumait pas, lui ...

Un petit nuage nostalgique traverse la cuisine... puis mémé reprend :

-          J'aimais bien mon travail parce que c'était varié et il y avait des contacts !

-          Vous travailliez combien d'heures ?

-          Au début, c'était 49 heures. On travaillait le samedi matin aussi...mais après les évènements...

Mémé cherche ses mots. Je lui souffle...

-          Les évènements de mai 68 ?...

-          Oui !...on est passé à quarante heures.

-          Et après, vous avez continué à faire du vélo ?

-          Oui, mais seulement pour faire des petits déplacements, pour aller à la poste,... Mais mon mari, quand il était jeune, faisait beaucoup de vélo, pour aller dans les auberges de jeunesse,...

Pendant la discussion l'assiette s'est vidée. Mémé à l'air d'être en forme. Je lui propose :

-          Mémé, voulez-vous faire la vaisselle ? Je viderai le lave-vaisselle seulement dans l'après-midi...

-          Oui, bien sûr...

-          Dans l'après-midi, je pourrai vous demander de préparer la salade de fruits ?...

J'ai sorti des fruits et un vieux couteau à manche de bois, à la lame « usée jusqu'à la corde » que mémé utilise depuis des années et qu'elle affectionne.

Tout est prêt !

  Voici venu le meilleur moment du repas : expresso bien serré, à l'italienne et chocolats et, exceptionnellement aujourd'hui, une part de gâteau Baulois (spécialité de La Baule, au chocolat) qu'une amie m'a donnée pour mémé.

Verdict : "Il est bien bon ce gâteau, il est riche !..." Ce qui est sûr c'est qu'il est disparu nettement plus vite que le steak ! Merci Denise !...

-           

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