Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Articles avec #therapie de choc pour lea (feuilleton) catégorie

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

Vous vous doutez que les explications au commissariat ont été un peu houleuses. Les titres, dans la presse n’ont pas été mal non plus : « Un psychothérapeute habillé en travesti, retrouvé violé dans un souterrain, par un dangereux récidiviste ! », « Un psy travesti, violé par cinq femmes et un dangereux repris de justice !... », "Le mystère s'épaissit : la femme violée dans le tunnel de l'angoisse n'était pas une femme !..." . Le titre le moins délirant fut celui de "l'Amicale des Amis de nos Amis les Bêtes" : « Violé et le nez cassé par une brute sanguinaire, il est sauvé de justesse par cinq drôles de dames et leur chien !... »

La presse s’est régalée et, malgré les rectificatifs, il a été difficile de faire savoir la vérité. Après tout si cela vous intéresse il vous suffit de vous reporter aux journaux locaux de l'époque et à quelques titres de la presse nationale comme Télérama et Le Monde qui ont fait des articles de fond, dossiers et documents, preuves à l'appui. D'ailleurs un théma est en préparation sur ARTE... 

 

Un mois est passé, mon nez est cicatrisé, et, ce qui est le plus important, Léa ne fait plus de cauchemar et ses amies vont beaucoup mieux. Mais excusez-moi, je ne vais pas traîner ce soir. Paulette nous a invités à dîner chez elle. Devinez ce qu’il y a en entrée ? Un potage aux ravioles avec du jambon de Parme rissolé !... J'y cours. Pour rien au monde je ne voudrais rater cela !

 

FIN

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

...Je sens mon agresseur un peu déstabilisé alors je tente un coup de boule, comme je l’ai vu faire à Depardieu dans le film « les compères ». Ouille, ouille, ouille…J’ai dû louper un détail important lors de la projection du film car je me fracasse le nez sur le menton de mon violeur. Ma perruque s’est déplacée…Je dois avoir une drôle de touche avec mon nez qui saigne et le rouge à lèvres barbouillé tout autour de la bouche !... Une sirène retentit soudain dans le tunnel. Je distingue la lueur intermittente d’un gyrophare. Enfin la cavalerie arrive… après la bataille, comme toujours ! L’homme hésite un instant, se relève et s’apprête à fuir. Pris d’un soudain désir de vengeance, je me redresse et je l’attrape par une jambe... Il est par terre et me traîne derrière lui. La sirène hurle, le gyrophare tourne en nous éblouissant.... J’entends des claquements de portières et les cinq femmes jaillissent du quatre-quatre. Natacha, en sportive accomplie, décoche au violeur un coup de tatane en pleine poire ce qui le calme déjà pas mal ! Eve lui tord un bras tandis que Sonia et Aline lui saisissent l’autre jambe. Pendant ce temps, Paulette se défoule en lui envoyant une volée de coups de parapluie tout en l’insultant et le traitant de tous les noms d’une voix suraiguë !... Pour couronner le tout Léa utilise son arme secrète : un petit jet ciblé avec la bombe lacrymogène qu’elle a toujours dans son sac. Imparable, tout le monde se met à tousser et à pleurer !... Elle parachève le travail en le saucissonnant avec du gros ruban adhésif !

 

Peu de temps après une voiture de police arrive…

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

Je m’engage dans le souterrain, je suis un peu ému tout de même. Je rentre un peu la tête dans les épaules pour donner l’impression d’être une proie facile. Ca tombe bien… je commence à avoir réellement peur ! Je mets en marche la mini-caméra ? Des voitures circulent sans discontinuer dans un vacarme étourdissant… Ce passage n’est vraiment pas rassurant. Je suis continuellement ébloui par les phares et, entre deux voitures, mes yeux n’ont pas le temps de s’habituer à l’obscurité...

 L’endroit le plus dangereux est situé presque au bout du passage : un renfoncement et un muret bas… Je cherche à discerner une présence mais je ne distingue pratiquement rien d’autant plus que j’ai dû retirer mes lunettes qui me donnaient un air trop virago. Tant pis, advienne que pourra, je fonce… Mon cœur bat très fort… De plus j’ai l’impression que je vais me casser la figure avec les chaussures à talons hauts de Paulette... Un camion, faisant gicler l'eau autour de lui, arrive plein phares et m’aveugle... Je ferme les yeux et me protège avec mon  bras. Aussitôt je me sens happé, soulevé et projeté par-dessus le muret. J’essaie de crier mais l’agresseur a déjà mis la main sur ma bouche et presse de toutes ses forces. Ca y’est, l’attaque a bien eu lieu !...J’ai juste le temps de me dire :pourvu que les filles ne tardent pas à venir avec leur quatre-quatre ! Je n’ai même pas le temps de me défendre, le violeur me plaque le visage contre le sol. Il a déjà soulevé mon imperméable et il s’attaque à ma jupe. Il essaie de la rabattre sur mon visage. Je me débats de toutes mes forces. Mais, Bon Dieu, que font les filles !…. Tout à coup je sens que mon agresseur hésite et  relâche un peu sa prise… Dans ses yeux, je lis la stupéfaction... Son regard est tombé sur le harnachement spécial anti-viol que j’ai installé, sans rien en dire, après la séance d’habillage chez Aline. Par-dessus mon slip, et au cas où les choses tourneraient mal, j’ai enfilé un panty, acheté dans un magasin de farces et attrapes, avec la caricature d’un certain personnage politique, l’air féroce, un bandeau sur l’œil et un couteau sanguinolent entre les dents !!!...

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

...Là-dessus, elle remplit mon ramequin d’une grosse louchée de salade de fruits délicatement parfumée à la cannelle et au rhum et verse dans mon verre un Alsace vendanges tardives, dix ans d’âge !.... Oui, sans aucun doute, c’est bien un coup monté !...  

 

Le jour venu, Aline me prépare chez elle : un corset pour amincir la taille, une peau synthétique appliquée sur le visage, le maquillage, une perruque…Sous ses mains expertes, je me transforme peu à peu en une femme de cinquante ans, un peu rondelette, la poitrine avantageuse, à peu près  présentable... Les faux cils et le rouge à lèvres éclatant me donnent un air tout à la fois rétro et sexy. Alex, le colocataire d’Aline commente :

 

            -Vous allez au bal à papa, habillée comme ça, c’est sûr vous emballez !...

 

Il m’installe la mini caméra infrarouge :

 

            - Faites gaffe à ce petit joujou. C’est minuscule, mais y’en a pour un paquet d’euros tout de même ! Les piles ne durent pas très longtemps, vous la mettrez en marche juste avant de rentrer dans le souterrain…

 

Mes pieds sont un peu grands et mes mains un peu épaisses, mais je me dis que la nuit, dans un tunnel mal éclairé, ce n’est pas ce qu’un violeur doit remarquer en premier !

 

Nous nous sommes donné rendez-vous sur le parking couvert du grand magasin. Il est six heures et quart. Il pleut, il fait sombre et froid. La nuit est déjà tombée depuis longtemps. Nous nous garons près du quatre-quatre. Je vois les yeux stupéfaits de mes complices s’arrondir quand je descends de voiture. Elles félicitent Aline. Léa s’exclame : 

 

-          C’est incroyable, vous êtes méconnaissable, même moi je ne vous reconnaîtrais pas !... Puis elle continue : nous n’avons pas de temps à perdre. Vous allez vous engager dans le souterrain. Nous allons attendre une trentaine de secondes et nous avancerons avec le quatre-quatre. Si ça devait tourner mal, nous ferons hurler la sirène et nous mettrons le gyrophare. Vous êtes prêts ?... Courage,il faut y aller…

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

A vrai dire une question me préoccupe tout de même : 

Qui va-t-on envoyer comme innocente victime pour jouer l’appât, la « chèvre » ? Ne l’oublions pas, l’agresseur de Paulette est un violeur qui n’en est manifestement pas à son coup d’essai ? Au risque de casser un peu l’ambiance, je me décide à poser la question : 

            - Votre plan est parfait, mais je ne vois pas, parmi vous la personne qui va se sacrifier pour jouer le rôle de victime auprès d’un personnage aussi dangereux ? J’ajoute : Bien sûr, Il me semblerait inhumain de demander cela à Paulette…. 

L’agitation s’interrompt. Un silence pesant s’installe. Elles se regardent les unes les autres, puis Léa prend la parole : 

- Bien sûr, ce serait inhumain, mais nous pensions que vous aviez compris…. 

Tous les regards se tournent vers moi. Léa continue :

         - ...L’appât, la chèvre…c’est vous !

La cuillère m’en tombe des mains !

 

- Léa, c’est impossible. Enfin réfléchissez un peu… D’abord je suis un homme et votre violeur ne s’intéresse qu’aux femmes un peu enveloppées et…

 

- Et bien justement, reprit Aline, je vous ai bien observé et je crois qu’avec un bon maquillage, vous pourriez un peu ressembler à Paulette !

- Moi, déguisé en femme comme Robin Williams dans Madame Doubtfire ou comme Dustin Hoffman dans Tootsie ?

 

- Oui, c’est un peu ça…oui, à vrai dire, plutôt comme Robin Williams dans Madame Doubtfire !... La comparaison serait plus probante et, d’ailleurs, j’ai déjà tous les accessoires. Ils ont servi pour un spectacle que nous avons donné il y a quelques mois…

 

Les autres, en chœur s’empressent d’ajouter :

 

-          Faites ça pour nous… dites oui, il n’y a que cela qui peut sauver Paulette…Aidez-nous à sortir de l’angoisse, du malheur, des déprimes à répétition…. Assez de rumination, il faut passer à l’action !

 

Et Paulette, toujours pratique, s’empresse de préciser : 

 

-          Et si vous avez besoin de chaussures à talons hauts, je vous passerai les miennes… Je chausse un peu grand vous savez !...

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

- Par ailleurs, précise Aline avec vivacité, n’oubliez pas qu’il faut le prendre en flagrant délit ! Voyez bien ce qui s’est passé la dernière fois, lors de l’agression contre Paulette, il a été relaxé faute de preuves et de témoins…. 

-Hmm… 

- Oui, précise Eve d’un ton décidé, mais cette fois nous aurons des preuves car nous allons le filmer…

 

- Le filmer ?... 

- Aline complète : …Oui,le filmer en caméra infrarouge. Une mini-caméra qui sera dissimulée dans une broche identique à celle que Paulette porte habituellement... Je travaille aux studios CinéTV-Dreams. J’ai un ami qui est chargé des accessoires et effets spéciaux et il va pouvoir me procurer cela… 

Comme elle avait proclamé sa haine des hommes tout à l’heure, je lève un sourcil interrogateur, Aline le remarque aussitôt et corrige : 

- Oh, ce n’est pas ce que vous croyez, ce n’est pas un macho, il est homosexuel. Nous partageons le même appartement… ça permet de diminuer les frais, point barre !… 

- Avez-vous prévu quelque chose si ça tourne mal ?….

- Natacha prend la parole : Nous sommes prêtes à intervenir. Nous arriverons avec mon quatre-quatre sur lequel Alex, l’ami d’Aline a fixé un gyrophare et une sirène de police... 

Rien à dire, le plan est plutôt bien ficelé et semble pouvoir tenir la route. On sent l’énergie organisatrice de Léa derrière ce scénario, mais, manifestement, tout le groupe a participé et est partie prenante. À voir l’effervescence qui règne autour de la table, le projet semble déjà avoir des effets thérapeutiques. Les regards tendus du début, les sourires crispés se sont transformés. Eve sourit, Sonia raconte une blague à Natacha qui rie de bon cœur et Paulette arrive, une bonne bouteille à la main en disant « on va arroser ça !... » 

A vrai dire une question me préoccupe tout de même...

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

En définitive j’ai peut-être bien fait de rester ! Paulette a préparé un potage aux ravioles. Les petites ravioles au fromage baignent dans un bouillon de poireau qui a été épaissi et parfumé avec des lanières de jambon de Parme rissolées. L’odeur, à elle seule, vous fait déjà dilater les papilles. Quand vous goûter, c’est un vrai délice, onctueux, parfumé, inoubliable. Une fois que vous avez dégluti, un autre parfum se développe encore dans l’arrière-bouche, un régal ! Il n’est pas possible que Paulette ait deviné toute seule, mon goût immodéré pour la soupe à la raviole, Léa est derrière tout ça. Oui, je ne peux plus en douter, je suis bien tombé dans un traquenard ! Advienne que pourra ! Pour l’instant, tout au bonheur présent, je déguste mon potage aux ravioles !...

 Une fois le potage terminé, j’interroge :

 

- Vous pensez tendre un piège à ce violeur, qui récidive comme 80% d’entre eux d’ailleurs, sans le concours de la police. Comment comptez-vous procéder ?

Léa prend la parole :

 

- Il semble choisir les jours où il pleut. Les gens prennent leurs voitures, peu de piétons empruntent le tunnel ces jours-là et ceux qui le traversent ne s’attardent pas.  Il a repéré ses victimes : des femmes mûres, un peu enveloppées et très maquillées.

              - Comme moi, précise Paulette. J’ai une collègue qui me ressemble… - elle est plus forte que moi tout de même ! - ...Elle l’a vu, elle aussi. Elle a réussi à lui échapper parce que je l’avais prévenue. Elle s’est enfuie en courant dès qu’elle l’a aperçu !....Elle a peur maintenant elle aussi.

         - Justement précise Léa, vendredi prochain, des pluies torrentielles sont annoncées…

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

Un peu interloqué je rétorquai :

 

-          Mais Léa c’est l’affaire de la police, de l’employeur pour changer les horaires, que sais-je ?…

 

Un silence pesant s’installa.

 

Je voyais bien que je n’avais pas beaucoup d’arguments convaincants à opposer et je me tu.

 

- Vous m’avez souvent dit, reprit Léa, qu’après un tel drame, après « une telle atteinte narcissique » -je vous cite- il fallait reprendre confiance en soi et que pour cela, la parole était nécessaire mais insuffisante et, qu’à un moment donné, il fallait savoir passer à l’action….

 

- Oui… et où voulez-vous en venir exactement ?

 

 -Eh bien puisque la police ne veut pas agir nous avons décidé de prendre notre sort en main !

 

- Et qu'avez-vous décidé de faire?

 

 -Nous allons le piéger !

 

Que voulait-elle dire par là ? Qu’avait-elle inventé ? J’étais complètement décontenancé. Mais je reconnaissais bien, dans cette idée, la marque de Léa. Dans le danger, elle avait toujours su se montrer une organisatrice brillante et pleine de ressources.

 

Le petit groupe commença à s’animer. Paulette, en femme pratique qu'elle était, déclara :

 

- Je crois que nous en avons encore pour un petit moment à discuter. Nous ferions mieux de manger un morceau. J’avais préparé un petit quelque chose au cas où la réunion se prolongerait, on va mettre le couvert et l'on va continuer à discuter en mangeant...

 

 

Avant que j’aie le temps de dire un mot, tout le monde est debout et s’agite pour mettre le couvert. En un clin d’œil une nappe à fleurs est dépliée, des assiettes sont disposées sur la table -une plate et une creuse pour le potage- des verres, du pain, du vin… Quelques minutes plus tard, Paulette arrive tenant une soupière fumante entre les mains. Léa sourit de toutes ses dents. J’ai de plus en plus l’impression d’être tombé dans un guet-apens !...

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

...Personne ne releva son offre. Je la sentais tellement mal à l’aise que je lui répondis que je prendrais bien un jus de fruits. Là-dessus tout le monde opta pour du jus de fruits. Paulette, un peu soulagée alla fouiller dans son frigo et rapporta du jus d’orange et des petits gâteaux. Elle commença d’une voix qui tremblait un peu :

 

      - Je me suis fait attaquer, en sortant du travail, dans le passage souterrain, en face du magasin. C’est un passage mal éclairé... Sur un côté, il y a un renfoncement qui donne accès à des installations de service qui sont encore moins éclairées. C’est là qu’il était caché. Je n’ai rien pu faire. Je voulais me débattre, crier et je n’ai même pas pu... Je me le reproche encore aujourd'hui, … je pense que c’est un peu de ma faute !...

Léa prit alors gentiment la parole :

-          Non, Paulette, tu sais bien… Toutes nous nous sommes dits des choses comme celle-là… Mais tu le sais, dans le fond, que ce n’est pas vrai !

 

Eve ajouta :

 

            - Et puis de toutes façons, il y a un tel bruit dans ce souterrain que tu aurais pu crier tant que tu pouvais personne n’aurait entendu !

 

Paulette poussa un gros soupir et reprit :

 

- Toujours est-il que je pensais que ce cauchemar était terminé. Je commençais à revivre et… il a été relaxé ! Il est revenu… je suis sûre de l’avoir vu rôder autour du passage. Je n’en dors plus… mes tranquillisants ne font plus effet et la police me dit qu’elle ne peut rien faire.

 

Paulette avait bien la cinquantaine, plutôt un peu corpulente, les cheveux impeccablement permanentés, avec un maquillage prononcé comme les affectionnent certaines femmes à cet âge et les lèvres ornées d’un rouge éclatant. On la sentait épuisée nerveusement, prête à craquer. Léa se tourna alors vers moi avec un grand sourire…

          - Et c'est là que vous intervenez !..

 

(à suivre...)

 

Voir les commentaires

Publié le par alain barré
Publié dans : #Thérapie de choc pour Léa (feuilleton)

Elle commence d’une voix mal assurée :

 

- Excusez-moi, mais quand je ne fume pas je suis toujours un peu énervée…. J’avais 8 ans quand mon beau-père a commencé à me faire des attouchements puis à me violer… J’ai commencé à en parler il y a deux ans seulement, après mon accident… J’avais pris ma moto et j’ai foncé dans le décor… C’est lorsque j’ai commencé une thérapie que tous ces souvenirs sont revenus à la surface. Mais j’ai toujours une haine pour tous les hommes et je ne peux toujours pas avoir une vie affective normale... 

 

Aline s’était interrompue, le regard dans le vague… Pour dissiper le malaise, Léa reprit à mon attention :

 

-Vous savez, sur les 50 000 viols commis chaque année en France, près d’un quart le sont par des membres de la famille. Sans compter tous ceux qui ne sont pas dénoncés ! Près de 57 % concernent des enfants ou des mineurs, surtout des filles mais également des garçons. Vous vous rendez compte ?!  

 

Oui, je connaissais ces chiffres accablants. Léa aurait pu ajouter que dans 96 % des cas les auteurs sont des hommes, dont 11 à 12 % de mineurs et, les victimes, à plus de 90 %, des femmes. Léa passa ensuite la parole à Eve puis à Sonia. Eve avait été violée par un ex petit ami qu’elle avait éconduit. Ils étaient tous les deux mineurs à l’époque et les poursuites n’avaient pas abouti. Sonia avait été violée lors d’une soirée entre « amis ». Tout le monde avait pris de la drogue, elle aussi. Elle en gardait un souvenir terriblement angoissant car elle subissait le poids d’une double culpabilité : celle du viol et celle de la drogue ! D’ailleurs quand elle avait commencé à en parler à ses parents, ceux-ci s’étaient mis dans une colère folle et son père l’avait giflé lui disant qu’elle l’avait bien cherché ! Elle avait complètement abandonné la drogue depuis et se reconstruisait lentement grâce à l’aide du groupe de parole. Elle s’était totalement investie dans une association humanitaire où elle passait l’essentiel de son temps.

 

Natacha prit la parole à son tour. Elle faisait du sport de haut niveau et lors d’un stage national elle avait été violée par deux autres stagiaires, des haltérophiles, qui avaient nié en bloc. La fédération n’avait même pas fait d’enquête et ce n’est que deux ans après que son affaire passait en justice. Elle était toujours en cours.

 

C’était le tour de Paulette. Paulette était plus âgée que les autres et elle était manifestement gênée de parler de ces choses-là. Avant de commencer, elle proposa :

 

-          Voulez-vous boire quelque chose : un thé léger, un café, du jus de fruits, des petits gâteaux ?

 

(à suivre...)

Voir les commentaires

1 2 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog