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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

 

L’économiste et banquier Bengalais (Bengladesh) Muhammad Yunus a reçu le prix Nobel de la paix 2006. Pour une fois un prix nobel ne récompense pas un militaire aux mains plus ou moins sales ou un politicien plus ou moins machiavélique mais un vrai héros de notre temps, qui oeuvre pour le bien-être des gens et d'abord celui des plus pauvres !... Il n'a pas le charisme des grands ou des petits criminels révolutionnaires comme Mao ou le Che dont on voit les effigies encore partout. Il n'a tué personne Muhammad Yunus, il a simplement aidé à mieux vivre 6 millions de familles ! Cela ne mérite sûrement pas d'être affiché en poster sur les murs d'une chambre ou sur un tee-shirt ! pas assez porteur, pas assez sanglant, pas assez romantique, pas assez sadique !...  Pourtant c'est une grande et belle nouvelle, la meilleure depuis des mois ! En 1976 il a créé la Grameen Bank qui propose des micro crédits aux plus démunis. C’est une chose bien connue en effet que les banques ne prêtent de l’argent qu’aux riches qui n’en ont pas un besoin vital pour vivre mais qui avec cet argent pourront s’enrichir encore davantage, et jamais aux pauvres qui en ont un besoin vital pour sortir de leur misère et à qui toute aide est refusée. Si vous avez eu à vous occuper d’une entreprise ou si vous avez souhaité en créer une, vous devez savoir que lorsqu’un problème de trésorerie se profile, la banque se défile, et lorsque tout va bien la banque n’arrête pas de vous proposer des prêts alléchants !

 

 

Il vaut mieux prêter aux pauvres de petites sommes d’argent avec un faible taux d’intérêt que leur faire des dons s’est dit Yunus ! Il a fait le pari qu’ils seraient capables d’entreprendre, d’innover et de rendre les sommes empruntées.

 

 

Pari tenu, la banque Grameen a 6 millions de clients, 97% de femmes (n'oublions pas que Muhammad Yunus oeuvre dans un pays musulman et que l'autonomie financière que ces prêts procurent aux femmes les aide à acquérir leur autonomie par rapport aux lois réactionnaires de l'islam !). Depuis 1983 date de sa création, la banque Grameen a presque toujours fait des bénéfices. Elle aide les gens à se sortir de la misère suivant un principe qui devrait être celui de tous les organismes financiers : « aide-toi et la banque t’aidera ! ». On est très loin de la charité ou de l’aide ambiguë distribuée par les pays riches aux pays du tiers monde !

C'est une vraie grande idée révolutionnaire et comme toutes les vraies grandes idées elle avance sur des ailes de colombe !

J’avais déjà évoqué l’extraordinaire action de Muhammad Yunus sur ce blog dans ma chronique du 4 avril : http://alain-barre.over-blog.com/archive-04-04-2006.html

 

 

L’association « bleu Cameroun » que je vous encourage à soutenir et qui intervient dans un quartier très pauvre de Douala, au Cameroun, s’inspire des principes de Yunus. Vous pouvez y adhérez et avoir une présentation de ses objectifs en suivant ce lien : http://alain-barre.over-blog.com/archive-05-25-2006.html

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur Muhammad Yunus :

 

 

http://www.liberation.fr/actualite/reuters/reuters_france/210461.FR.php?rss=true

 

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

Cesky Krumlov est située en Bohème du Sud, à 160 Km au sud-ouest de Prague. C’est une des plus belles petites cités médiévales d’Europe ! Elle est construite dans un méandre de la Vltava (la Moldau). Le château, construit entre 1300 et 1600, est dressé sur un impressionnant éperon rocheux. Son style hésite entre la forteresse destinée à la défense et le château d’agrément. La tour est polychrome, dans des teintes où domine le rouge. Elle a été décorée vers les années 1600. Les nombreuses galeries et bâtiments intérieurs sont décorés de sgraffites ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Sgraffite ) . Le château comporte 300 salles et se visite mais on peut se contenter du parcours extérieur qui offre des points de vue superbes sur la Vltava et les maisons qui bordent ses rives.

Le théâtre, daté de 1680, est particulièrement raffiné. Il étonne dans une région aussi éloignée des grandes villes. Il contient, entre autres une collection de costumes et de décors d’époque.




De beaux et grands jardins à la française ont été aménagés sur le plateau qui domine la rivière. Pour les rejoindre il a fallu construire un pont à galerie, avec plusieurs étages superposés, qui surplombe la rivière (bravo les architectes pour l’harmonie d’ensemble de ces constructions !). De cette galerie l’on a une vue extraordinaire sur le village !




Le village en lui-même est bien préservé et comporte de nombreux bâtiments remarquables et l’on peut y flâner plusieurs heures sans se lasser.




De nombreux restaurants, des cafés sont installés au bord de la Vltava...

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Allez, accordez-vous quelques instants et faites travailler votre imagination… vous êtes assis sur les bords de la Moldau, un verre à la main… devant vous la tour polychrome du château et la salle de théâtre décorée de sgraffites, sur votre gauche un petit pont pour piétons et en arrière plan les arches du pont à galerie… l’air est doux dans cette après-midi d’automne… le clapotis de l’eau sur les cailloux parvient jusqu’à vous… dans le lointain la Vltava vient buter sur un coteau que les couleurs d’automne font flamboyer… des amis  sont avec vous… tiens on entend de la musique, on joue du Smetana ?... la « Moldau » précisément…. Rêvez, rêvez quelques instants, c’est un vrai moment de bonheur….

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La preuve ? Regardez les deux béquillards sur la photo…après cette expérience, ils sont repartis en jetant leurs béquilles dans la rivière !




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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

 

 

 

 

Un peu avant l’entrée du château se dresse un superbe palais avec une façade grise ornée de sgraffites. Son pignon est de style renaissance et il s’agit (peut-être) du palais Schwarzenberg. Les architectes pragois n’ont pas hésité à utiliser le gris, souvent orné de sgraffites. Il tranche sur les autres couleurs pastel : rose clair, bleu pale, vert amande,… et par contraste, les met en valeur.

 

 

Fenêtres et portes sont des éléments essentiels de l’architecture pragoise. Elles sont souvent ornées de structures décoratives plus ou moins raffinées. Elles ont toujours une importance pour souligner la symétrie de l’immeuble et contribuent à donner, par leur aspect répétitif, une impression de grandeur et de noblesse à la façade.

 

 

Les balcons sont souvent soutenus par des personnages d’hercules ou de costauds plus ou moins grimaçants (on les comprend !) qui ont évolué, avec l’art nouveau vers des représentations plus légères ou plus fantaisistes.

 

 

La porte d’entrée est parfois surchargée de décors et de statues. On sent très bien l’intention, il faut impressionner le visiteur, lui en mettre plein la vue ! On retrouve un reflet de cela dans nos propres maisons aujourd’hui : le jardinet d’accueil est souvent débordant de fleurs, mais il s’agit seulement de charmer le visiteur pas de l’impressionner par l’étalage de notre puissance et de notre grandeur avec force hercules grimaçants, lions menaçants, aigles à l’œil perçant !

 

 

 

 

J’aime particulièrement l’élégance de cette façade en vieux rose avec ses fenêtres en bois verni…

 

 

 

 

Tout est beau à Prague et le jeu des reflets dans les fenêtres répétant en miroir d’autres fenêtres ajoute encore au charme et au mystère !...

 

 

 

 

Demain, dernière étape en Tchéquie (ou république tchèque) avec le site et le château que je préfère : celui de Cesky Krumlov.

 

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

 

 

 

 

 

 

LE village de Holasovice est situé en Bohème du Sud, à 15 Km de Ceske Budejovice. Il a été classé sur la liste des sites naturels et culturels de l’Unesco. Les plus anciennes maisons datent du 13 ème siècle. Il a su garder son authenticité tout en étant toujours habité. 130 habitants vivent ici, dans une trentaine d’habitations, fermes, école, une petite église, une forge, le tout entourant une place rectangulaire de 200 mètres de long. Les maisons sont construites dans le style « baroque paysan ». Les maçons qui avaient travaillé à la construction des demeures de maîtres et aux châteaux de la région ( à Cesky Krumlov, à Cesky Budejovice,…) ont eu la

bonne idée d’appliquer leurs connaissances à de simples maisons de paysans. Le résultat est superbe : le baroque s’assagit en s’installant à la campagne mais ne perd rien de son inventivité. On retrouve ainsi l’élégance architecturale de la ville en pleine campagne. Cela aurait ravi Alphonse Allais qui, avec son humour un peu décalé, regrettait « que les villes ne soient pas construites à la campagne » !

 

 

 

 Les photos rendent bien compte des couleurs, des détails architecturaux, des proportions d’un bâtiment, mais elles sont incapables de donner une impression d’ensemble. Peut-être une vue d’avion ou une reconstitution en 3D pourrait-elle le faire ? En effet, les maîtres maçons, habitués à travailler sur les immenses structures des châteaux de Bohème, ont organisé ces villages suivant un plan d’ensemble. Elles ne sont pas construites à la va-comme-je-te-pousse. Elles sont organisées autour d’un vaste rectangle (comme les places des grandes villes) planté d’arbres et creusé d’une mare. Une petite église se dresse à l’extrémité du rectangle, encadrée par deux arbres. L’élégance de l’ensemble s’impose immédiatement à notre esprit, mais il faut du temps avant d’en percer les subtilités et les secrets !

Pour voir un diaporama sur Holasovice :       http://www.dailymotion.com/video/xhlqp_2006-10-01-prague05holosovice">2006  (NB : ce lien envoie sur un site de video en temps réel. Il faut une ligne ADSL pour que cela fonctionne correctement et même dans ce cas, le temps d'affichage est un peu long. C'est un premier essai, si cela fonctionne convenablement, je mettrai d'autres videos)

Pour en savoir plus sur Holasovice : http://www.holasovice.cz/restaurace/fotogalerie.html

Demain nous verrons une autre merveille de cette région de Bohème du Sud : le site champêtre et l’incroyable château de Cesky-Krumlov !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

Apollinaire notre grand poète national dont le vrai nom à une résonance aussi hexagonale que celle des joueurs de notre valeureuse équipe de football (Wilhelm Apollinaris Kostrowitzky), à écrit une nouvelle qui se déroule à Prague : « le passant de Prague » : http://www.radio.cz/fr/article/26606  

Il est plus connu du grand public et des lycéens par un poème qui a été souvent mis en musique et chanté par Léo Ferré, Catherine Sauvage et bien d’autres : « Sous le pont Mirabeau… » http://www.ac-nice.fr/artsculture/poesie/rep/apollinaire.htm

Il évoque Prague dans le premier poème, intitulé «zone », d’un superbe recueil : « alcools ». Vous pouvez lire un extrait de « zone » en suivant ce lien :  http://teamalaide.free.fr/Appolinaire/alcools_zone.html . Le passage sur Prague est empli de nostalgie (les poètes sont souvent un peu tristounets : ils se plaignent de tout, de leurs amours qui tournent plus ou moins rond, du temps qui passe trop vite ou pas assez... Il faut tout de même leur reconnaître une chose, ils ne nous bassinent jamais avec la hausse des prix du beefsteak ou leurs cors au pied et ils sont capables de voir dans le ciel des signes que les autres ne remarquent pas !) . Voici ce poème qui commence par une évocation de la nouvelle "le passant de Prague" :

 

 

 

 

« … Une rose est sur la table

Et tu observes au lieu d’écrire

Ton conte en prose

La cétoine qui dort

Dans le cœur de la rose.

Epouvanté tu te vois dessiné

Dans les agathes de Saint-Vit *

Tu étais triste à mourir le jour où tu t’y vis

Tu ressembles au Lazare affolé par le jour

Les horloges du quartier juif

Vont à rebours *

Et tu recules aussi dans ta vie lentement… »

 

 

 

 

  • * Les agathes de Saint-Vit : Apollinaire fait référence à l’église de Saint-Vit à Monaco, où il a été baptisé.

     

  • * Les aiguilles de l’horloge de l’ancien hôtel de ville du quartier juif à Prague (Maislova 18) vont de la droite vers la gauche (cela correspond au sens de lecture en langue hébraïque).

Adieu Prague ou au revoir, demain nous allons à HOLOSOVICE, un site en pleine campagne, dans la Bohème du Sud : un village classé dans le patrimoine mondial par l’UNESCO et qui vaut le voyage à lui tout seul !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

Le « château » domine Prague. Remarque importante, le « château » n’est pas un château ! Cet ensemble comprend le palais royal, la cathédrale Saint-Guy, et de nombreuses rues, ruelles, jardins, chapelles, musées, regroupées dans le quartier de Hradcany (=quartier du château, à prononcer : "radtchany", sans oublier le H aspiré !). L’évènement qui attire le plus de monde bien qu’il ne soit pas le plus intéressant est la relève de la garde. De beaux militaires, habillés comme des soldats de plomb et aussi raides qu’eux, propres et astiqués jusqu’à la semelle des chaussures, font plein de manières pour marcher et jouent de la musique. La relève de la garde pour les militaires c’est comme la période des « transmissions » dans une équipe d’infirmières, d’aides soignants ou d’éducs, mais sans la parole, le café en moins, la musique martiale et un protocole compliqué en plus ! C’est fou la foule de oufs que ça draine, et personne ne moufte ! Les pickpockets sont aux anges et se promènent mains dans les poches (des autres…), les messieurs se rengorgent et rentrent leur bedaine, les dames se font prendre en photo avec de beaux gars encasquettés.

 

 

 

 

La relève de la garde terminée, vous êtes libérés et vous pouvez aller visiter la cathédrale Saint Guy. Rien à dire, c’est de la belle ouvrage ! Elle date du 14ème siècle et nous pouvons, nous les coqs gaulois, pousser un sacré cocorico car c’est un français, Mathieu d’Arras, qui en a été l’architecte ! Les vitraux n’ont pas l’ancienneté de ceux de Chartres mais ils sont de toute beauté, ceux d’Alfons Mucha en particulier (prononcez « Murrra »), créés dans le style art nouveau dont il est le plus brillant représentant en Europe.

 

 

 

 

L’extérieur présente de nombreux éléments remarquables, en particulier une mosaïque minutieusement restaurée et une grille en fer forgée avec des petits personnages représentant des scènes de métier. Les touristes, en général ne la voient pas. Ils restent au loin pour admirer la mosaïque. N’hésitez pas, approchez-vous, vous ne le regretterez pas !

 

 

 

 

Les abords du château sont intéressants. Dans la rue qui fait face au château (4 ou 5oo m avant), on voit la « maison de Mozart », plus exactement celle que Milos Forman a utilisée dans son film AMADEUS.

 

 

 

 

Sur la droite s’étend le quartier de Mala Strana (« petit côté ») qui regorge de superbes maisons baroques.

 

 

 

 

A gauche la vue s’étend, sur la vallée de Vltava et l’enfilade des ponts. On distingue le célèbre pont St Charles, attraction privilégiée des touristes avec la place de la vieille ville.

 

 

 

 

Quand on est sur le plateau situé à gauche de la cathédrale (côté mosaïque), on peut prendre un escalier qui mène aux jardins, au pied des remparts. A partir de là on peut descendre vers les rives de la Vltava en passant par d’autres superbes jardins (payant) en terrasse.

 

 

 

 

Une autre façon de descendre vers les rives de la Vltava et de rejoindre le pont St Charles est de prendre la rue située à droite de l’entrée du château. Elle passe par le quartier de la Mala Strana (« le petit côté »), elle longe de superbes maisons baroques et aboutit à la porte du pont. On peut s’arrêter un instant pour admirer l’église Saint Nicolas, les jardins Wallenstein et flâner sur l’île Kampa qui accueille actuellement une superbe expo de photos de Yann Arthus Bertrand. Une centaine de photos sur un parcours de quelques centaines de mètres en plein air. Splendide !

 

 

 

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

Les statues sont partout présentes dans les rues, , dans les jardins, les palais, sur les toits des maisons, dans les parcs de Prague. Tous les styles se télescopent, comme pour l’architecture, dans un désordre inattendu et harmonieux.

 

 

 

Les statues classiques sont bien représentées sur la plupart des monuments, sur le pont Charles et à Notre Dame-de-Lorette par exemple. Elles sont recouvertes d’une couche de pollution noire presque charbonneuse. On se demande pourquoi elles n’ont pas été nettoyées ? Puis on se dit qu’elles sont trop nombreuses, l’on s’habitue et, quand au hasard de la promenade l’on découvre une statue qui a gardé la couleur du calcaire, on a l’impression qu’il lui manque quelque chose ! Elle perd un peu de la compacité que lui confère cette agressive teinte sombre qui évoque un peu la couleur et la densité du bronze.

 

 

 

Les bâtiments style Art nouveau utilisent souvent des statues de colosses pour soutenir les balcons. Il en existe une grande variété, plus ou moins musclés et plus ou moins grimaçants. Les colosses roses bonbon sont assez surprenants !... L’art nouveau est souvent « coquin » et l’on découvre parfois, dans le coin d’un balcon une soubrette aguicheuse et court-vêtue qui semble vous inviter à rentrer dans le salon !...

 

 

 

 

 

 

Le surréalisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Surr%C3%A9alisme)  est bien représenté à Prague, d’abord par la statue en l’honneur de KAFKA. L’illustre écrivain, auteur de « la métamorphose » http://perso.orange.fr/maurice.villard/kafka.htm , lui-même précurseur du surréalisme. Il a vécu pendant un temps dans l’une des minuscules maisons de la « ruelle d’or » dont nous reparlerons. D’autres statues comme ce crâne inquiétant qui semble écraser un humain soumis et fataliste, hésitent entre le surréalisme et le symbolisme.

 

 

 

 

 

 

L’étonnement est encore plus grand quand on découvre dans un parc, une cour intérieure, un passage, des statues allongées à même le sol, dans l’herbe, adossées au mur, assises sur une corniche… Elles sont de facture plutôt néo-expressionnistes. Ce style, apparu dans les années 70-80 est en réaction contre l’art abstrait et la profusion de sculptures auxquelles personne ne comprenait plus rien et que l’on regardait sans même les voir. Il ne craint pas le mauvais goût et en fait preuve d’ailleurs avec délectation ! Mais au moins ces statues, on les remarque, pour le meilleur et pour le pire ! Quel plaisir de retrouver enfin des sculpteurs qui sculptent et ne se contentent pas de suivre les veines de la pierre ! L’an dernier une exposition de statues métalliques géantes ornait la plus belle avenue de Prague. Ces statues ressemblaient à des sortes de terminator ou Robocop un peu humanisés, musclés et fessus. Elles ne laissaient pas les nombreux passants indifférents. Je me souviens même de la main de M-P tapotant au passage une fesse métallique !

 

 

 

L’impertinence est fréquente chez les artistes Tchèques, elle semble même être une de leurs caractéristiques principales qui les a bien aidés à résister à la chappe de plomb de l’occupation soviétique. Des artistes modernes en sont porteur encore aujourd’hui comme l’auteur (dont j’ai oublié le nom) de cette célèbre statue que l’on trouve face au restaurant du museum Kafka. Deux messieurs, en toute indécence, font pipi dans un bassin, bien en vue des clients qui sont à la terrasse du restaurant. Leurs hanches sont animées d’un mouvement tournant….Donc, en quelque sorte, ils se déhanchent pour mieux diriger le jet ! C’est impertinent et drôle et cela amuse beaucoup les spectateurs jeunes et vieux !

 

 

 

 

 

 

On trouve également, comme à Lisbonne, quelques statues en positions familières, avec lesquelles on peut tenter d’établir le dialogue…

 

 

 

 

 

 

Enfin, n’oubliez pas de jeter un coup d’œil en passant sur les rives de la Vltava à la célèbre maison « Fred et Ginger » du canadien Franck Gehry (un compatriote pour Glorya…), la maison qui danse. Elle participe à la fois de la sculpture et de l’architecture. http://cultureetloisirs.france2.fr/cinema/dossiers/13760391-fr.php?page=6

 

 

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

 

 

 

J’aime lire les signes, symboles et pictogrammes que l’on trouve dans les villes. Autrefois l’écriture était réservée aux « lettrés » et le moyen de faire savoir qui on était ressortait d’un langage immédiatement compréhensible : le pictogramme, la représentation imagée symbolique ou non. On retrouve cela aujourd’hui dans la seule langue vraiment universelle qui n’est ni l’anglais ni l’espéranto (désolé Yves !...) mais le code de la route. Malgré cet universalisme obligé, le code de la route a ses nuances et ses fantaisies : la façon de représenter un piéton, un cycliste, un animal… à Prague, le cycliste est de style sportif et le chien est pressé !

 

 

 

 

 

Les maisons des notables et des commerçants étaient signalées non pas par une enseigne mais par une sculpture colorée représentative d’une fonction ou allégorique. Les sujets sont puisés dans la mythologie, l’astrologie, la nature, les personnages célèbres, les saints. Il en existe ainsi près de 900 à Prague ! Dans les villes de l’époque, dépourvues de noms de rues et de numéros, ces symboles étaient également de précieux repères.

 

 

 

 

 

 

On peut voir dans le vieil hôtel de ville (là où est situé le syndicat d’initiative) une collection d’emblèmes des guildes des métiers (cela pourrait être une source d’inspiration pour les joueurs en réseau qui redonnent vie aujourd’hui, à leur manière, à cette ancienne forme d’association).

 

 

 

 

 

 

Enseignes et affiches modernes ont un style qui leur est propre : vivacité des couleurs, une certaine naïveté, humour grinçant un peu gore ou surréaliste… Que nous retrouverons demain, dans la statuaire moderne qui amuse beaucoup les praguois de Prague et qui laisse pantois les françois de France !

 

 

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

La place de la vieille ville est entourée de maisons romanes dont les façades ont été remodelées par la suite et restaurées en style baroque (http://fr.wikipedia.org/wiki/Baroque ) . Elles offrent des harmonies de couleurs pastel, ton sur ton, souvent inattendues, étonnantes, détonantes pour nos regards hexagonaux habitués à la rigueur du classicisme à la française. Jaune clair et ocre, bleu pâle et bleu soutenu, rose vif et rose barbe-à-papa, vert peppermint et vert amande, gris moyen et ivoire, … J’en passe et des meilleures ! On retrouve un peu de ces couleurs et de ce style dans les salons du Trianon à Versailles tels que les avait décorés Marie-Antoinette, « l’Autrichienne »... Sophia Coppola rend bien compte de cette atmosphère dans son film sur cette même reine. Ces façades baroques ornent également les rues alentour de la place. Par moments on a l’impression de ne pas être dans la vraie vie mais dans un immense décor de théâtre et que la fête finie et les touristes partis, l’on va replier les panneaux et retrouver de sinistres façades grises. Mais non, on ne démonte pas le décor et même la nuit il garde tout son charme !...

 

 

Le centre de la place est occupé par le monument à Jan Hus, le réformateur tchèque brûlé le 6 juillet 1415 sur ordre du pape de l’époque (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Hus ) . Cet évènement marque le début d’interminables guerres de religions : hussites entre eux, catholiques contre hussites… rien de nouveau sous le soleil de dieu ou de satan, on se déchire allégrement, on se défenestre, on se noie dans la Vltava et le pays en sort encore plus misérable qu’avant ! Les guerres de religion n’ont plus cours dans le monde des chrétiens, les musulmans ont pris le relais et s’étripent avec autant d’ardeur aujourd’hui, entre sunnites et chiites, que nous l’avons fait autrefois ! C’est le triste privilège des religions à prétention universalistes de faire rentrer leur vérité, par le fer et par le sang, dans la gorge de l’autre qui devient vite un hérétique s’il déplace ne serait-ce qu’une virgule dans le texte sacré,!

 

 

Notre-Dame-de-Tyn, une superbe église gothique du 14 ème siècle domine la place de son élégante silhouette. Sa partie avant est cachée par un curieux monument : l’école de Tyn qui dissimule toute la partie basse.

 

 

La place a été le lieu de nombreuses manifestations au cours de l’histoire récente de la Tchéquie. Elle est bordée de terrasses de cafés, de restaurants qui ne désemplissent pas jour et nuit !

 

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #PRAGUE Tchéquie et pays proches

La place de la vieille ville est le coeur historique de Prague. Sur la place, elle-même et dans les rues qui l'entourent se trouve une accumulation de maisons et de monuments d'une grande beauté. Les édifices anciens ont pris avec le temps et la pollution une teinte noire qui contraste violemment avec les tons pastel des maisons baroques ou art nouveau. L'ensemble est saisissant. On retrouve ce mélange dans d'autres villes de Bohème mais jamais avec une telle intensité. Prague porte son passé en elle et l'affiche comme dans un livre où les pages de différentes époques se succèdent dans un harmonieux désordre...

 

L'un des points d'attraction de la vieille ville est la tour de l'horloge. L'horloge astronomique a été construite en 1410. Toutes les heures, des petits personnages défilent derrière deux fenêtres. Des centaines, peut-être un millier de touristes viennent admirer la scène... Le spectacle de ces gens venus eux-mêmes assister au spectacle est incroyable ! Qu'il pleuve ou qu'il vente la même foule est là en attente de la ronde fugitive des petites marionnettes de l'horloge. Cette prestigieuse place à vu défiler bien d'autres marionnettes : c'est là que le pouvoir des fantoches communistes venait s'auto-célébrer et s'auto-congratuler avec force bannières rouges et encadrement militaire à la soviétique !

 

S'il y a une chose à ne pas oublier quand on est sur cette place, c'est de monter à la tour de l'horloge. Pour les fainéants il y a l'ascenseur, pour les autres on peut prendre l'escalier qui se termine par une rampe. Tout Prague se déploie sous vos yeux. Une maison présente sa façade ornée de sgraffites, procédé qui consiste à gratter une couche d'enduit appliquer sur un fond. On obtient ainsi des formes en relief, des volutes, etc...  Des statues, qui doivent être à peine visibles de la rue, veillent au sommet d'un toit...  De l'autre côté de la Vltava, sur les hauteurs se dressent les clochers sombres de la cathédrale Saint-Guy...

 

Si vous avez la chance d'être là au coucher du soleil, vous pourrez assister à un étrange ballet. Le soleil prend en enfilade la rue qui mène au pont St Charles et les ombres des passants s'étirent sur les pavés dans un jeu contrasté de clartés et de lumière... Nous reparlerons de la place de la vieille ville demain. Aujourd'hui elle est occupée par des stands, des podiums et des hauts parleurs vociférants. C'est le « marathon » de Prague : les coureurs amateurs s'affrontent à travers les vieilles rues, pour le plaisir ou pour la gloire. J'ai décliné l'invitation que l'on me proposait. Elle portait le numéro 1223....

 

 

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